Data Management : la qualité des données se cherche une place dans les SI
L’ère du “Big Data” a sonné, s’accordent à dire tous les analystes, mais les entreprises n’ont pour la plupart pas encore véritablement attaqué le problème sur le fond, semble répondre aujourd’hui une étude du cabinet d’analyse britannique Coleman Parkes Research. Mettant en lumière un vide que les entreprises seront appelées à combler mais aussi un marché d’avenir pour les fournisseurs de technologies.
Le “Big Data”, c’est aujourd’hui le mot clé pour qualifier l’afflux massif de données auquel certaines entreprises sont confrontées au quotidien. Un volume tel, nous assure le cabinet qu’il impacterait négativement 2 entreprises sur 3 interrogées dans le cadre de cette étude (un échantillon de 641 entreprises mondiales (dont 266 localisées dans la zone EMEA). Pourtant, la gestion de ces données et des information qu'elles contiennent, n’a pas encore atteint la masse critique dans les SI des entreprises. Au total 63 % affirment qu’elles pourraient être bien plus performantes dans leurs processus.
La raison de cette inefficacité ? Le manque d’une administration de l’information centralisée, explique Coleman Parkes Research. L’étude révèle ainsi que seules 4 entreprises sur 10 ont une approche centralisée de la gestion des données critiques de l’entreprise. 37 % ont une approche géographique, répartie par sites : 21 % la gestion est étalée dans chaque département de l’entreprise et contrôlée, donc, par son responsable. L’approche par silo semble encore primer.
Autre donnée intéressante, la gestion de l’information n’est pas forcément associée à une approche technologique, entre les mains de la DSI. Pour 38 %, la direction générale en détient les clés et 43 % citent les responsables informatiques. Comme le laisse entendre Bertrand Diard, Pdg de Talend, si les divisions métier sont aujourd’hui demandeuses de solutions performantes en matière de qualité de données, les DSI sont encore trop souvent cantonnées à leur fonction de support de l’infrastructure. La tendance commence toutefois à évoluer, notait-il.
Face à des schémas d’adoption encore fluctuants, les marchés associés au data management restent largement embryonaires. Le très sérieux Gartner voit le marché du MDM atteindre les 3 milliards de dollars en 2013. En 2009, SAP, Oracle et IBM contrôlaient 40% de ce marché; et 30% étaient entre les mains de pure-players, toujours selon le cabinet d’analystes. Le segment de la qualité de données a quant à leui été estimé à 727 millions de dollars en 2009 par le même Gartner, avec un rythme annuel de croissance de l’ordre de 5% sur 5 ans. Il recelle don cun vrai potentiel de croissance.
Les éditeurs affutent donc leurs offres, pour pénétrer le segment du data management et plus particulièrement celui du MDM. On se rappelle les rachats d’Initiate Systems par IBM, celui de Syperian par Informatica et de Data Foundations par Software AG, qui se sont succéder à un rythme effréné. Pourtant, il semble qu'il reste encore un obstacle de taille : celui du coût des solutions. A l’exception de Talend qui utilise le levier de l’Open Source pour tirer les prix par le bas, le ticket d’entrée, jugé souvent bien trop élevé, pour une solution pérenne de MDM, oblige les DSI à mettre en place de longs projets, afin de pouvoir créer un plan de ROI pertinent. En matière de data management, le Big Data a encore les dents longues.
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Par Claude Super



