Open Source : avec 2 millions en poche, BonitaSoft veut démocratiser le BPM

L'Open Source attire désormais les investisseurs, comme en témoigne BonitaSoft et sa plate-forme de BPM Open Source qui viennent de lever quelque 2 millions d'euros. Objectif de ce jeune éditeur : étendre la gestion des processus métier à des nouveaux marchés.

Pain béni pour l'Open World Forum, le rendez-vous parisien de l'Open Source qui s'ouvre demain à Paris : le modèle commercial du logiciel libre est de nouveau validé par une levée de fonds réussie. Celle de la société BonitaSoft, éditeur de la solution de BPM (Business Process Management) Bonita. Une application développée initalement à l'Inria (Institut national de recherche en informatique et automatique) en 2001, passée entre les mains de Bull et versée dans ObjectWeb (un consortium spécialisé dans le middleware Open Source, désormais OW2), avant de prendre en 2009 son autonomie. Nous sommes alors en juin. Le premier tour de table a lieu dès juillet : BonitaSoft séduit Ventech et Auriga Partners. A la clé, 2 millions d'euros, et l'arrivée de Bertrand Diard à son conseil d'administration, le Pdg de Talend, autre success story de l'Open Source, mais dans l'intégration de données cette fois.

Si la présence de Talend aux côtés de BonitaSoft a certainement contribué à convaincre les investisseurs, c'est surtout son modèle Open Source qui a enfoncé le clou, explique en substance Miguel Valdés Faura, Pdg et co-fondateur de BonitaSoft. Open Source, certes, mais sur un segment du BPM qui reste encore l'apanage des grands comptes et du monde propriétaire. « Le BPM reste focalisé sur les grandes entreprises, souligne-t-il, et l'Open Source n'était pas déployé sur ce secteur. » Avec son approche Open Source, BonitaSoft entend élargir le marché et amener le BPM auprès d'une nouvelle typologie d'entreprises. « Avec un ticket d'entrée beaucoup moins élevé, on souhaite cibler une base de clients beaucoup plus large », raconte-t-il, en mettant en avant son modèle reposant sur les services. Et de lorgner du côté des chargés de projets ayant la capacité de faire entrer dans les entreprises et par la petite porte des solutions comme Bonita.

Surtout que Bonita arrive sur un marché déjà défriché, l'Open Source ayant fait son chemin dans les entreprises... et dans l'esprit des investisseurs, grâce notamment à des « lièvres ». « Le succès de Jaspersoft (BI Open Source, ndlr) a notamment ouvert la voie. Il y a 6 ans, je pense que ça n'aurait pas marché », constate-t-il, tout en parlant de la crise comme d'un catalyseur de l'Open Source.

Du BPM prêt à l'emploi

Les 2 millions levés serviront avant tout à assoir la nouvelle architecture, revue il y a quelques mois. Car, en ligne avec la stratégie initiale du groupe, la version 4 de la solution « peut s'utiliser pour de plus petits déploiements ». Et donc viser le coeur de cible de Bonita. Miguel Valdés Faura entend également placer les investissements dans les environnements graphiques, tant pour la création que pour l'exécution, précise-t-il. A la clé un outil de génération d'applications prêtes à l'emploi qui compile automatiquement processus métier et connecteurs (pour attaquer des systèmes tiers). Une brique en laquelle il croit pour, non seulement accélérer les processus de développement de BPM dans les entreprises, mais également résoudre le problème des interfaces trop techniques.

Faire grossir la communauté

Pour y parvenir, BonitaSoft doit également – Open Source oblige – alimenter sa communauté. Si aujourd'hui Bonita fédère quelque 300 contributeurs, une vingtaine de clients (en Europe et en Amérique Latine) et affiche 140 000 téléchargements, son Pdg compte bien étendre ces ramifications en se dotant d'un portail fédérateur « d'ici à quelques semaines ». Une communauté d'autant plus importante qu'elle sera la pierre angulaire de l'intégration de la solution en développant des connecteurs avec les solutions de la concurrence (comme Tibco, Oracle ou Lombardi).

Sur ce point, BonitaSoft espère profiter des contributions des intégrateurs, comme Bull, qui réaliseront ces développements spécifiques. Ainsi que sur des formules packagées, comme il est désormais de tradition dans l'Open Source, avec d'autres éditeurs du monde libre. « Un autre moyen de faire gonfler la communauté », selon Miguel Valdés Faura.

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