Réactions : La CFE-CGC France Télécom, vent debout contre les autorités de régulation 

Le 10 mars 2011 (15:31) - par La rédaction

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Rubriques : Opérateurs et intégrateurs réseaux Tags : orange - france-telecom - concurrence - syndicats

Suite à l’avis de l’Autorité de la concurrence qui préconise l’étude de la scission de France Télécom, les représentants CFE-CGC du groupe n’ont pas tardé à réagir. Tout en pointant du doigt un projet absurde, ils en profitent pour se payer les régulateurs – dont l’Arcep pourtant plutôt réservé sur la recommandation de son autorité sœur –, dénonçant leur dogmatisme néo-libéral.

En réponse à la recommandation de l’Autorité de la Concurrence, qui vient de publier un avis invitant l’Arcep (l’autorité en charge de la régulation du secteur des télécoms) à réfléchir à une scission des activités de réseau et de service de France Télécom, les syndicalistes CFE-CGC-Unsa de l’opérateur historique viennent de publier une lettre ouverte au Président de la République, au vitriol.

Non content de critiquer « l’absurde proposition de la création "Réseaux Télécoms de France" », Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC FT-Orange, revient sur les interventions passées de l’Autorité de la concurrence mais également de l’Arcep – ex-ART – qui s’est pourtant empréssée hier d’estimer que, dans son combat pour réguler les télécoms dans l’Hexagone, la scission de l’opérateur historique ne serait qu’un dernier recours. Manière polie de dire qu’elle ne suivrait pas son autorité sœur.

Selon la CFE-CGC, les décisions de l’Arcep et l’Autorité de la Concurrence se sont jusqu’à présent avérées désastreuses pour la France. Les syndicalistes estiment notamment que dans son avis, l’Autorité de la Concurrence ne s’interroge absolument pas sur la destruction des emplois dans le secteur des télécommunications. « Pas un mot sur la concurrence déloyale des travailleurs "délocalisés" dans des centres d’appels à l’autre bout de la planète. » Et d’expliquer qu’en 10 ans, le secteur français des télécommunications a perdu 40 000 emplois, soit près de 20% de ses effectifs. Tout en soulignant que « dans le même temps, les revenus globaux des opérateurs sur le marché final sont passés de 25 milliards d’euros à plus de 45 milliards d’euros, soit 80 % d’augmentation ».

Dès lors, selon la CFE-CGC, « il est piquant de constater les affirmations de l’Arcep sur son site web : "le régulateur, dans ses avis et décisions, s’attache à favoriser l’emploi et l’innovation des entreprises du secteur en préservant un environnement favorable à leur compétitivité" ».

Même critique acerbe concernant l’aménagement du territoire : « malgré les déclarations de l’Arcep sur son site Web, "la préoccupation de l’aménagement du territoire doit être présente dans les décisions du régulateur… ", l’Arcep est soumise à une autre Autorité plus dogmatique encore : l’Autorité de la Concurrence ».

Et de rappeler que France Télécom a proposé un grand chantier d’augmentation des débits, en partenariat avec les collectivités locales, pour permettre aux zones rurales d’accéder au triple play. S’attirant l’avis défavorable de l’Autorité de la Concurrence qui estime que ce déploiement de nouveaux noeuds de raccordement imposerait aux opérateurs alternatifs d’investir pour assurer le dégroupage dans ces zones, et qu’ils ne le feraient pas. Selon la CFE-CGC, « au nom du marché, on a préféré priver purement et simplement plusieurs millions de foyers français du haut débit, plutôt que de prendre le risque que France Télécom se retrouve en situation de monopole dans les zones rurales ».

Du coup, les syndicalistes en appellent au Président de la République pour… réguler les régulateurs ! Ils estiment qu’un certain « dogmatisme libéral, toujours à la mode dans quelques cénacles va à l’encontre des intérêts fondamentaux des entreprises, des salariés et des consommateurs. Le secteur des Télécoms, vital pour la croissance de notre République, a besoin de certitudes et de pérennité pour mettre en œuvre les multiples évolutions technologiques sources de richesse et d’emplois ».

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Par Pierre Ygrié
 Le 11/03/2011 à 13:23
Le vrai "dogmatisme libéral"est de ne pas faire jouer la vraie concurrence, celle sur les services que seule peut permettre dans les zones rurales la création d'un "Réseaux Télécoms de France".
Comment sans cela apporter à ceux qui en ont le plus besoin, les ruraux, les vrais services électroniques de demain ?
Et quand le syndicat parle de la perte de milliers d'emplois dans le secteur a-t-il pensé une seconde au "manque à gagner"de campagnes numériquement sous équipées tant sur le plan quantitatif (création d'emplois) que sur le plan qualitatif dans les secteurs clés de la santé et de l'éducation par exemple ?
Si je comprends bien ce syndicat est contre les régulateurs et pour laisser la "main invisible du marché" faire les dégâts numériques que chacun pressent dans les territoires ruraux !
Pierre Ygrié
Webs du Gévaudan
http://websdugevaudan.wordpress.com/
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Pertinence du commentaire : 1
Par ffff
 Le 11/03/2011 à 13:52
fff
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Par Michel Thomas
 Le 11/03/2011 à 19:26
Il est exact que l'ART, devenue ARCEP, a toujours défavorisé France Telecom. Dans un régime libéral, il est normal que ceux qui ont les moyens d'investir pour que leur couverture soit plus importante et que les services rendus soient meilleurs le fassent sans que l'on se préoccupe de savoir si la concurrence peut suivre. Tous les cours d'économie indiquent que se retrouver d'une manière ou d'une autre en situtation de monopole est le but à rechercher pour une bonne gestion. En réalité, la seule manière sérieuse de défendre les consommateurs n'est pas l'ouverture à la concurrence, qui a prouvé qu'elle ne défend pas les intérêts des consommateurs, mais plutôt les profits de ses actionnaires, mais plutôt la reconnaissance et la mise en place d'associations de consommateurs pouvant agir auprès des entreprises. Or la reconnaissance des associations et des syndicats n'est pas vraiment réelle de la part de nos dirigeants, tant publics que privés.
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Par obcd
 Le 21/03/2011 à 11:41
Mouis OK... Donc en fait les syndicats disent, en gros, que les monopoles c'est "mieux" parce que ça conserve les emplois. C'est un point de vue, mais je le trouve curieux. Parce qu'avec un tel monopole, la société en question n'a aucun intérêt à investir, et encore moins de baisser les prix au consommateur. L'exemple type c'est la situation de la belgique aujourd'hui, qui en est au balbutiement du triple-play pour 90€/mois... Via le monopole de belgacom.

l'ARCEP a effectivement bien limité France Télécom/Orange: Si on l'avais laissé faire, celle-ci aurait rapidement boulotté tous les autres opérateurs, et utilisé l'argent des abonnés français pour aller casser les prix à l'étranger (déjà qu'ils ne se gênent pas: http://www.orange.sk/web/fibernet/fibernet_rozcestnik.html )

@Michel Thomas "Dans un régime libéral, il est normal que ceux qui ont les moyens d'investir pour que leur couverture soit plus importante et que les services rendus soient meilleurs le fassent sans que l'on se préoccupe de savoir si la concurrence peut suivre."
Un tel précepte implique que fatalement, dans tout domaine UNE société va se retrouver en monopole au bout d'un moment: Soit par la mort des concurrents, mais surtout par leur rachat.

Est-ce ce qu'on veux ? Pour moi, c'est pas du libéralisme, ça, bien au contraire.
La question est de savoir quel est le modèle le plus bénéfique pour le consommateur-payeur, tant en terme de prix que en terme d'innovations.
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Par ilebeouf
 Le 22/03/2011 à 09:26
Je partage entièrement le point de vue exprimé dans cette lettre j'ajouterai qu'au nom de la concurrence libre et loyale l'intérêt du consommateur est souvent sacrifié
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