Supercalculateurs : Windows vient chasser sur les terres de Linux

Avec Windows HPC Server 2008, encore en bêta, mais attendu pour la rentrée, Microsoft entend se faire une place au panthéon du calcul informatique. Côté prestige, la firme met en avant les cinq clusters Windows du dernier classement Top 500. Mais elle concentre l'essentiel de ses efforts sur les petits et moyens clusters d'entreprises.

La publication du classement Top 500 des supercalculateurs est l'occasion de confirmer la domination de Linux sur le marché du calcul intensif, avec 460 systèmes sur les 500 premiers mondiaux motorisés par des distributions de l'OS libre. Novell est, avec Suse Linux, l'éditeur le mieux représenté au classement puisque sa distribution motorise près de la moitié des supercalculateurs mondiaux et 40 % des cinquante premiers systèmes. L'une des forces de Suse sur ce secteur réside dans son support à la fois des architectures Intel/AMD et des architectures Power, ce qui lui permet de tourner sur certains clusters à base de PowerPC, notamment les systèmes BlueGene.

C'est ainsi un duo de systèmes d'exploitation, le couple CNK – Compute Node Kernel - et Suse - pour la gestion des communications -, qui motorise les clusters BlueGene installés par Big Blue aux laboratoires Lawrence Livermore ou au centre de recherche sur le calcul de Juelich, mais aussi au centre de calcul du CNRS (l'Idriss) et chez EDF.

Le second OS le plus populaire sur les grands supercalculateurs est AIX, l'Unix d'IBM, une illustration de l'importance des investissements que Big Blue a su effectuer sur ce marché. 

Microsoft mise sur l'ergonomie

Au troisième rang, avec cinq systèmes installés, pointe la version HPC de Windows (dont deux pour l'actuel Windows Compute Cluster et trois pour le toujours en bêta Windows HPC Server 2008). Microsoft ne cache pas son intention de renforcer la présence de son OS sur le secteur du supercalcul, qui représenterait près du tiers des ventes de serveurs mondiaux (toutes tailles de clusters confondues).

En novembre 2007, lors du salon Supercomputing de Reno, où l'éditeur présentait la première bêta de HPC Server, Kyril Faenov, le directeur général de l'activité supercalcul de Microsoft, nous avait expliqué la stratégie de l'éditeur : travailler sur l'ergonomie – notamment du planificateur de tâches ou scheduler -, la facilité de déploiement et les performances pour s'implanter sur le marché des petits et moyens clusters.

En misant sur l'ergonomie et la productivité, Microsoft entend bien sûr minorer l'aspect performance (même si la dernière bêta de HPC Server semble ne pas avoir à rougir face à Linux). Mais il veut surtout fournir un argument de poids pour contrer le principal inconvénient de Windows par rapport à Linux dans le monde des clusters : une tarification au nœud de calcul. 

Quatre heures pour s'installer sur le 23ème cluster mondial

Les nouvelles aptitudes de Windows HPC Server ont été mises en lumière par la collaboration entre Microsoft et le NCSA (National Center for Supercomputing Applications, à l'université de l'Illinois). Ce dernier a ainsi réussi à placer un cluster Windows au 23e rang mondial avec 68,5 Tflops. Ce cluster illustre les progrès effectués par Microsoft en termes de performances, puisqu'il aurait un rendement de l'ordre de 77,7 %. Un score plus qu'honorable pour un cluster comportant près de 9 500 cœurs CPU.

Plus impressionnant : en ce qui concerne la simplicité de déploiement, l'une des promesses clés de Microsoft, le NCSA indique n'avoir mis que quatre heures pour installer l'OS sur l'ensemble des nœuds afin de lancer son test de performance LinPack. Et le directeur adjoint du NCSA de conclure : "Le déploiement (de Windows HPC Server 2008, ndlr) a été bien plus simple que ce que nous pensions et les performances ont excédé toutes nos attentes".

Booter indifféremment sur Windows ou Linux

Notons que Microsoft a également profité de la publication des résultats du Top 500 pour mettre en avant un scénario d'usage mixte, où un cluster peut passer d'une "personnalité" Linux à une "personnalité" Windows. Ce scénario est notamment utilisé par l'université d'Umea en Suède, dont le cluster peut indifféremment booter sur Linux et Windows, selon le type de calcul à exécuter. Une stratégie visant clairement à piétiner les plates-bandes de l'OS libre.

Dans l'avenir on peut s'attendre à ce que Microsoft poursuive ses efforts dans le domaine des grands calculateurs, ne serait-ce que pour des questions d'image. Mais le cœur de cible immédiat de la firme reste celui des petits et moyens clusters de 1 à 10 Tflops ainsi que le marché des "cluster in a box", un secteur où pour 50 000 $, des constructeurs comme Dell et HP proposent des systèmes combinant puissance de calcul et stockage dans des configurations prêtes à l'emploi. Sur ce segment, Microsoft revendique déjà près de 30 000 clients pour Windows Compute Cluster.

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