SSII : Devoteam s'attend à un ralentissement économique

Jusqu'alors occulté ou nié par les principaux dirigeants des services, le scénario d'un ralentissement économique, impactant les dépenses informatiques, a été clairement évoqué par Stanislas de Bentzmann, co-président du directoire de la Devoteam, lors de la présentation des résultats 2007 de la SSII, le 13 mars. Non que ces derniers soient décevants.

Jusqu'alors occulté ou nié par les principaux dirigeants des services, le scénario d'un ralentissement économique, impactant les dépenses informatiques, a été clairement évoqué par Stanislas de Bentzmann, co-président du directoire de la Devoteam, lors de la présentation des résultats 2007 de la SSII, le 13 mars. Non que ces derniers soient décevants. Comme quasiment l'ensemble du secteur, les résultats sont bons. Avec une croissance largement supérieure à la moyenne (+39 %, pour un chiffre d'affaires de 370 millions d'euros, réalisé à 55 % en France). Indicateur clef pour les analystes, la marge opérationnelle progresse de 0,1 point à 7,9 %, un niveau correct dans l'Hexagone.

Malgré ce constat positif et un nombre de nouvelles affaires en progression de 20 % entre janvier-février 2008 et la même période de 2007, Stanislas de Bentzmann n'a pas fait mystère de ses anticipations. « Il y aura un ralentissement de l'activité qui impactera notre marché. Mais tous les ingrédients sont là pour que cette crise ne ressemble pas à celle de 2001. On n'observe ni surinvestissement dans les technologies chez nos clients, ni mobilisation de leurs équipes sur des projets majeurs comme l'euro ou le passage à l'an 2000 ». Premier signe tangible de cette inflexion de tendance chez Devoteam : des projets gelés entièrement ou partiellement dans la banque d'investissement. Mais sans que cela se traduise par des intercontrats, selon Stanislas de Bentzmann, qui explique que les salariés concernés ont trouvé de nouvelles affectations, notamment dans la banque de détail ou l'assurance, qui restent très dynamiques. Pour Devoteam, la finance représente le second secteur d'activité – avec 22 % du chiffre d'affaires – derrière les télécoms (33 %).

6,5 % de croissance pour 2008 : irréaliste

Pour parer une extension de ce phénomène, Devoteam a ressorti les recettes qui lui avait permis de traverser la crise du début des années 2000. Revue de projets chaque semaine, décisions d'investissement en termes d'embauche et de dépenses marketing centralisées, focalisation commerciale sur les comptes dits « défensifs » (ceux traversant les crises sans subir de trop violents a-coups : secteur public, énergie, etc.).

Cette prise de parole, une des premières d'un patron de SSII sur le sujet (voir notre article sur le sujet), intervient deux semaines avant une conférence de Syntec Informatique, la chambre patronale des SSII et éditeurs, au cours de laquelle celle-ci annoncera une révision de ses chiffres de croissance. A l’automne dernier, Syntec prévoyait 6,5 % de croissance des logiciels et services en France pour 2008. Soit la continuation de la tendance observée en 2007, malgré l’éclatement des « subprimes » en août dernier. Aujourd'hui, les cabinets d'analyse tablent plutôt sur une progression d'environ 3,5 % de la dépense IT en Europe sur l'année en cours. Soit environ moitié moins qu'en 2007. Si les achats de matériels devraient souffrir davantage que les ventes de logiciels et les services selon Forrester, l'objectif de 6,5 % de croissance pour 2008 apparaît donc aujourd'hui largement irréaliste.

Acquisition en Turquie

Malgré ces signaux d'alerte, Devoteam maintient son objectif pour 2008, soit un chiffre d'affaires de 430 millions d'euros pour une marge opérationnelle proche de 9 %. Stanislas de Bentzmann a confirmé le maintien de la stratégie passant par un virage vers le conseil et par la spécialisation sur des domaines techniques ou fonctionnels (les télécoms, la gestion des services autour du référentiel Itil). La société entend ainsi échapper à la pression sur les prix qui guette des activités comme la supervision des infrastructures, domaine où les SSII indiennes se positionnent fortement. Par ailleurs, Devoteam poursuit sa stratégie d'implantation dans une Europe étendue au Maghreb et au Moyen-Orient, en procédant notamment par rachats (ceux-ci comptent pour plus de la moitié de sa croissance en 2007). La société vient par exemple d'annoncer l'acquisition de certaines activités de la société turque Tepum (70 personnes, 5 millions d'euros).

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