Le BYOD, encadrer et structurer plutôt que restreindre ?

Les perceptions divergent sensiblement sur la manière dont les entreprises abordent la question du BYOD - ou Bring Your Own Device, phénomène consistant en une multiplication des terminaux informatiques personnels sur les réseaux d’entreprise. Toutefois, il semble à peu près acquis que la tendance est profonde et que les entreprise doivent à tout le moins encadrer le phénomène.

Cisco a récemment restructuré son offre de gestion des terminaux et des règles de sécurité autour du thème du BYOD, ce phénomène marqué par l’usage croissant des terminaux personnels dans l’entreprise. L’occasion pour Christophe Perrin, responsable en France de l’activité sécurité de l’équipementier, de nous expliquer que «certains clients veulent aujourd’hui interdire le BYOD», même si ce n’est «sans doute pas la plus pérenne des approches.» Une perception de l’état du marché qui tranche quelque peu avec celle que peut avancer Avanade, notamment, fort d’une étude sur le sujet présentée fin janvier dernier. Selon celle-ci, «la plupart des entreprises ont accepté que les jeunes employés de la génération Y puissent utiliser leurs appareils personnels et ce, afin d’attirer les meilleurs candidats.» Chiffres à l’appui, Avanade explique que «88 % des personnes interrogées ont déclaré que les employés utilisaient des technologies informatiques personnelles à des fins professionnelle» ou encore que «65 % des cadres supérieurs ont déclaré que la consumérisation de l’IT est une priorité absolue dans leur entreprise.» Las, l’étude ne porte que sur 605 personnes à des postes à responsabilités, dans 17 pays du continent américain, d’Europe et d’Asie. Pas étonnant dans ce contexte qu’Avanade ne communique pas de chiffre plus précis par région ou par pays. On imagine pourtant que les différences pourraient être grandes. Xavier Trebbia, directeur avant-vente, solutions d’infrastructures, d’Avanade, le reconnaît sans peine. Pour lui, clairement, les «Etats-Unis sont en avance», du fait notamment d’un cadre juridique favorable au phénomène, alors qu’en France, «c’est difficile à expliquer aux salariés. On ne peut pas leur dire qu’ils doivent fournir eux-même leurs équipements de travail.» 

Mais là où les deux visions se rejoignent peut-être, c’est sur l’importance qu’accordent les entreprises à la maîtrise du BYOD. Selon l’étude produite par Avanade, «en moyenne, les entreprises allouent 25 % de leur budget informatique à la maîtrise de la consumérisation de l’IT.» Certes, ce chiffre «paraît énorme» reconnaît Xavier Trebbia. Mais, pour lui, une grosse partie des dépenses touche à l’adaptation des infrastructures, de la sécurité, à l’acquisition de logiciel ou au développement d’extensions pour des applications existantes - «en ciblant un ROI rapide sur certains métiers clés de l’entreprise.» Et ces développements peuvent mobiliser des budgets conséquents. Pour limiter cela, Avanade mise notamment sur des centres de développement en Espagne ou en Inde. 

Surtout, Xavier Trebbia estime qu’il y a véritablement «convergence entre BYOD et évolution des menaces : les entreprises cherchent à centrer la protection sur les données et sur l’accès aux applications; de plus en plus, on entre dans une démarche de sécurité rapprochée.» Reste que la sécurisation des tablettes et des smartphones constitue «un gros chantier actuel pour les entreprises. Nous avons deux appels d’offres en cours et la sécurisation de ces terminaux fait partie intégrante des projets.» 

Las, selon lui, les solutions de gestion des parcs de terminaux mobiles - MDM - «ne sont pas encore parfaitement homogènes en termes de fonctionnalités, selon les terminaux.» Surtout, pour l’heure, pas question de gérer terminaux mobiles et postes conventionnels de la même manière, avec les surcoûts et la complexité supplémentaire que cela peut induire : «par exemple, nous avons des clients dans le monde de l’assurance qui déploient AirWatch pour gérer leurs iPad alors qu’ils utilisent LANDesk pour leurs postes de travail.» 

Autre difficulté : l’extension pure et simple d’applications existantes au monde de la mobilité ne peut pas se faire n’importe comment pour donner les meilleurs résultats. Pour Xavier Trebbia, «oui, l’ergonomie des interfaces est de plus en plus importante avec la mobilité. Et chez beaucoup, comme Avanade, on renforce cette compétence. Mais chez les clients, il n’y a souvent pas de maîtrise d’ouvrage pour le poste de travail et le fonction ergonomie n’est pas encore très développée.» 

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