Oracle : les clients français adhèrent à la stratégie du tout-intégré

A l’occasion de l’édition parisienne de l’ Extreme Performance Tour, dédiée à la cause de son offre hardware, Oracle est venu évangéliser ses offres pré-intégrées face à un parterre de partenaires et de clients. Une formule qui, aussi récente soit-elle, semble avoir séduit les clients présents. Et tant pis pour HP...

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Exalogic, Exadata, Exalytics, SuperCluster, Oracle Database...depuis le rachat de Sun par Oracle, la firme de Redwood Shore, reine de l’applicatif d’entreprise, a multiplié les offres intégrées. Et a quelque peu ajusté son modèle. C’est justement cette approche qu’Oracle est venue défendre hier mercredi 25 janvier, lors de son Extreme Performance Tour. Une manifestation itinérante, dédiée à la division Hardware du groupe, qui s’est posée ce jour à Paris (après Milan et avant Munich) pour porter la bonne parole à ses clients et partenaires.

D'emblée le ton est donné par Loïc Le Guisquet, Executive Vice President Oracle EMEA (en photo), pour qui le groupe mène une stratégie qui vise à rendre «l'IT plus simple de façon à permettre aux entreprises de dégager du temps pour l’innovation». Un processus de rationalisation en somme, illustré par «un modèle d’intégration de plusieurs briques pré-intégrées, prêtes à l’emploi». Et c’est à cette notion d’intégration que le groupe consacre une partie de ses quelque 4 milliards de dollars de R&D, souligne-t-il.

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On l'aura compris, le hardware et le tout-intégré sont devenus le nouveau cheval de bataille du groupe. «La question ne se pose plus sur la volonté et l’engagement d’Oracle en matière de hardware», nous rappelle Harry Zarrouk, le patron du hardware chez Oracle France (et ex-Pillar Data Systems). Il est vrai que certaines questions se posaient. Si Oracle a fortement investi sur ce segment, les ventes n’ont pour l’heure que faiblement décollé. Elles ont même reculé de 14% au dernier trimestre, marqué il est vrai par l'attentisme des clients alors que les Sparc T4 venaient d'être annoncés (voir à ce propos notre article sur les résultats financiers du groupe pour son 2e trimestre).

Sans parler de l’affaire HP / Itanium. «Un coup de poignard» - selon un client présent lors de la conférence -, mais qui pourrait profiter à terme à la progression des ventes de systèmes Oracle. En stoppant les développements pour Itanium, Oracle laisse ses clients qui font tourner le SGBD ou les applications maison sur du matériel HP, sur le bord de la route. Leur laissant soit le choix de ses propres technologies, soit celui des plates-formes x86, soit celui de migrer leur base vers l’Open Source. Ce que nous indiquait Nicolas Leroy-Fleuriot, patron de la SSII bordelaise Cheops Technology, lors d’un récent entretien. 

Les coûts, un argument clé chez les clients

Pour Oracle toutefois, rien ne doit venir noircir le tableau du tout-intégré à la sauce Oracle. Pas même la crise, qui, comme l’indique Harry Zarrouk, doit être un catalyseur pour des investissements différents. Comprendre dans les «Engineered Systems» (les solutions intégrées dans le vocabulaire du groupe), bien sûr.

Mais les clients et partenaires de la firme étendent-ils ce discours ? Dans leur grande majorité, oui. A l’image du représentant d’un grand compte français qui a tenu à rester anonyme, pour qui l'approche très intégrée offerte par Oracle, a certes une valeur technique, mais surtout une valeur commerciale. Pour cet utilisateur, 100% Oracle (son entreprise a déployé la base de donnée du groupe, la couche middleware WebLogic, le tout sur des serveurs Sparc), les systèmes intégrés sont «toujours un bienfait pour le client [d’un point de vue technologique, NDLR].

Ensuite, il y a également l’aspect commercial. Si choisir des matériels Oracle permet de faire des économies d’échelle en termes de licences, le client ne se posera pas de questions», souligne-t-il. Mais que penser alors de la décision d’Oracle de stopper les développements pour Itanium et de priver HP d’une partie du marché ? Pour lui, le constat est le même. Si on trouve moins cher ailleurs (dans son cas, il s’agit d’Oracle), pourquoi se plaindre, explique-t-il.

Pour un partenaire Oracle (qui a également souhaité rester anonyme), cette notion de tout-intégré a surtout des mérites techniques : celle d’accélérer les interconnexions entre le logiciel le hardware. «Tout est une question de liaison. Les interconnexions entre systèmes sont plus rapides que les connexions réseaux, souligne-t-il, bien plus rapides que des briques reliées par de la fibre par exemple. Cette approche les rend plus performants que chez les concurrents. On ne note pas de perte de performances, surtout avec l’optimisation du code.»

Un son de cloche identique pour un autre client (également anonyme) - qui travaille dans une grande société de service IT et d’hébergement -  pour qui cette approche intégrée permet d’avoir un guichet unique. «Si on n’a pas envie de faire de l'IT, l’offre d’Oracle est attrayante, d’autant que le support répond bien.» Mais selon lui, cela peut être à double-tranchant. «Cette notion de fournisseur unique implique de rester avec un acteur qu’on ne maîtrise pas». La fameuse «boite noire», en somme. Mais, il reconnait toutefois que ces «appliances ont de quoi rassurer les clients». La preuve «qu'Oracle et Sun ont grandi ensemble», soulignait à ce propos John Fowler, l'emblématique vice-président des systèmes chez Oracle, qui avait fait le déplacement à Paris.

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