Dans l'IT aussi, Barack Obama est porteur d'espoirs

A peine élu Barack Obama devra réaliser le plus dur : transformer des promesses de campagne en réalité. Ce qui vaut notamment pour la société de l’information. Outre la nomination attendue d’un CTO à la Maison Blanche, le nouveau président devra se pencher sur le développement d’une industrie clé en matière de valeur ajoutée et surtout sur les problématiques d’immigration vues par Bill Gates estiment comme le principal atout du leadership IT américain.

Fraîchement élu président des Etats-Unis et en dépit de l’enthousiasme général qui le porte, Barack Obama doit désormais réaliser le plus dur : conforter les espoirs qu’ont engendrés ses promesses. Dans l’économie des technologies de l’information comme dans tous les autres domaines. Sur ce sujet, le nouveau président des Etats-Unis s’est engagé très tôt à en faire l’un des secteurs clé de sa politique économique, en créant notamment un poste de CTO en charge d’optimiser les systèmes d’information et de normaliser et de rendre interopérable l’ensemble des SI des agences de l’Etat.

Ces dernières semaines de nombreux noms de personnalités ont circulé. Dans la presse spécialisée, c’est Eric Schmidt, le patron de Google, qui a longtemps tenu la corde. Mais il a finalement démenti, réitérant son attachement à son activité actuelle. Il y a quelques semaines, BusinessWeek publiait une liste de quelques grands noms de l'industrie informatique qui pourraient prendre ce très convoité poste de directeur technique de la Maison Blanche. Vinton Cerf (l’un des concepteurs d’Internet), Steve Ballmer (patron de Microsoft) ou encore Jeffrey Bezos (créateur d’Amazon) seraient en lice. Mais Obama pourrait bien désigner le tout jeune Chris Hughes, l’un des fondateurs du réseau social Facebook, à qui l’on prête le succès online de la campagne d’Obama et notamment le dispositif mis en place pour lever des millions de dollars via le réseau.

Un programme qui protège l’industrie

Côté programme, Barack Obama s’est très clairement positionné pour la "Net neutrality". Assez peu débattue en France, la nature neutre – c’est-à-dire libre d’accès, sans contrôle d’un opérateur sur les contenus et sans formatage propriétaire - du réseau apparaît comme un enjeu central aux Etats-Unis. Au niveau fiscal, Barack Obama est contre la taxation des échanges sur Internet pour soutenir le cybercommerce, il a également voté contre la poursuite de la réduction des impôts sur le capital et les dividendes. A 10 000 lieux des pistes évoquées régulièrement par le gouvernement français : du prix des licences UMTS à la future taxe sur les produits électroniques ou sur Internet dans le cadre de la réforme de l’audiovisuel public, l’Etat français n’a de cesse de voir dans le développement de la société de l’information une potentielle vache à lait.

Sur le plan de l’éducation aux nouvelles technologies, Obama s’est engagé à poursuivre l’effort d’équipement des établissements scolaires entamé avec le programme E-rate. Le nouveau président a reçu durant la campagne le soutien officiel de Reed Hundt et Bill Kennard, les anciens présidents de la FCC (Federal communications commission), deux hommes ayant créé et mis en oeuvre le programme E-rate du temps de l’administration Clinton.

Les plans d'Obama intègrent également la promotion de l’équipement des ménages pour favoriser l’éclosion d’une cyber-démocratie à travers forums, organisation de lobbies citoyens, etc. Il s'en expliquait en novembre 2007 lors d'une conférence organisée par Google.

Quelle immigration en temps de crise ?

Enfin, en matière d’immigration, Obama est favorable à l’ouverture des frontières, notamment concernant les populations étrangères diplômées. Sans oser aller toutefois aussi loin que Bill Gates. Depuis de nombreuses années, l’ex patron de Microsoft – par ailleurs soutien constant des démocrates – explique inlassablement combien Microsoft a besoin des ressources des développeurs étrangers sur son campus de Redmond pour croître et innover. Au printemps dernier, il se montrait franchement alarmiste devant les députés du Committee on Science and Technology. Selon lui, le contingentement actuel du nombre de visas H-1B (concernant les immigrants diplômés, ce visa temporaire est délivré pour une période de trois ans) à 65 000 par an est nettement insuffisant et pourrait – à terme – faire perdre aux Etats-Unis son leadership en matière de technologie de l’information, au profit de l’Inde ou de la Chine.

Gates milite pour une augmentation importante du nombre de visas, ainsi que pour des procédures allégées et la délivrance d’un statut de migrant pour les actuels titulaires du H-1B. Des propositions qui auront cependant du mal à porter alors même que la récession actuelle risque plutôt d’engendrer de fortes tensions sur le marché du travail et des velléités d’externalisation offshore côté utilisateurs.

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