HP / EDS : Le jugement sur le PSE d’EDS renvoyé à novembre

Les représentants des salariés d’EDS France et ceux de la nouvelle direction, fruit de la fusion HP / EDS, se retrouvaient ce jour au tribunal concernant un plan social en cours. Pour pas grand chose, le jugement étant mis en délibéré au 7 novembre. D’ici là, les salariés de la SSII connaîtront l’ampleur de la restructuration prévue pour la France alors que la mobilisation semble difficile.

La Justice a renvoyé sa décision concernant la validité du plan social en cours chez EDS au 7 novembre prochain. En pleine période de fusion dans le cadre du rachat par HP, on aurait pu penser que la toute nouvelle direction – nommée en fin de semaine dernière – aurait tenté d’apaiser les esprits en remettant à plat ce plan, initié en mai dernier, et portant sur 80 postes et la fermeture de 3 sites.

C’était d’ailleurs l’un des arguments présentés par le CE qui estime incohérent la poursuite de ce plan, alors même qu’une restructuration de grande ampleur doit être annoncée lundi 6 octobre pour la France dans le cadre du plan de suppression de 9 330 postes HP/EDS en Europe sur les 24 600 dans le monde. Outre des problèmes de procédure, les syndicats et le CE reprochent également un manque de moyens donnés au service des ressources humaines pour mener à bien un plan social. Le Tribunal jugera.

Mais il s’avère qu’en fait, Eric Leveugle – HP-boy et nouveau DG français d’EDS - avait assez peu de latitude concernant les actions déjà en cours. Outre le PSE, la vente de la division consulting d’EDS France est actée tout comme la cession de l’activité AS/400 à Tour. Lors de la présentation au CE européen du plan prévu pour le Vieux Continent, la direction Europe du groupe avait été très claire : les coupes envisagées – 9 330 postes donc – se feraient sur la base d’un périmètre « nettoyé ». Pour la France, les 160 à 200 postes concernés par les mouvements actuels s’ajouteront donc à ceux qui seront annoncés le 6 octobre.

Une mobilisation très compliquée

Reste donc à attendre lundi pour savoir combien de salariés constitueront le futur EDS - an HP company, nom de baptême de la nouvelle activité service de HP - en France. On sait déjà que les effectifs d’EDS seront les plus touchés avec 90% des postes supprimés les concernant à l’échelle européenne.

On sait également que la mobilisation tarde à s’organiser à l’échelle continentale. Si les syndicats avaient bien anticipé l’annonce de la restructuration en organisant mi-septembre une réunion sous l’égide de la Fédération européenne des métallurgistes et d'Uni Europa (fédération des services), rien de très formel n’a vu le jour depuis. Les organisations se concertent, mais une proposition de débrayage simultané à l’échelle européenne n’a pas fait l’unanimité lors d’une récente discussion. Il semble donc que les résistances s’organisent plutôt au niveau local. Et à ce jeu, les plus prompts ont été les Italiens, que des sources syndicales donnent comme particulièrement exposés à la restructuration. Le 22 septembre dernier, les deux tiers des salariés EDS de la péninsule se sont mis en grève sur les 3 300 que compte la filiale. Le ministère de l’Economie transalpin a reçu une délégation et prévu d’organiser une rencontre avec la direction…. le 6 octobre, date à laquelle HP a prévu de communiquer sur l’étendue des suppressions de poste au niveau des pays européens.

En France, la mobilisation du printemps – qui avait vu de nombreuses SSII sujettes à des mouvements sans précédent – a disparu et, en dépit des risques, aucun signe de révolte ne se fait jour. Les syndicats semblent divisés sur la marche à suivre et aucune intersyndicale officielle n’a vu le jour. De plus, des élections se profilent au CE de HP France qui, souvent, exacerbent les dissensions entre les différentes centrales. Les salariés de HP ont dû également être rassurés par leur relative immunité dans le cadre de la restructuration et le départ de Francis Meston a pu être considéré comme un gage pour ceux qui doutaient de la stratégie du groupe en France, bouleversés depuis quelques années par des rachats, des réorganisations et des PSE successifs.

Reste que l’ampleur des annonces qui doivent intervenir lundi 6 octobre pourrait susciter un mouvement de révolte d’autant plus important que les problèmes de pouvoir d’achat soulevés dans le secteur au printemps dernier demeurent.  Surtout que ce même secteur ne cesse de donner des signes de relative bonne santé, y compris en période de crise économique majeure.

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