Mono 2.0 : le monde Windows vient à Linux, sans le support de .Net 3.0

La version 2.0 de Mono libère les développeurs Microsoft du poids de la portabilité de leurs applications vers Linux et Mac. En libre téléchargement, l'implémentation Open Source de .Net constitue une porte d'entrée pour la sphère Windows dans le reste du monde. Même si cette version ne supporte pas encore .Net 3.0 et les couches de Vista.

Le projet Mono a annoncé mardi 7 octobre la disponibilité en téléchargement de la version 2.0 de son implémentation Open Source du framework .Net de Microsoft.
Projet historique initié par Miguel de Icaza, vice-président des outils de développement chez Novell, Mono vise notamment les développeurs du monde Microsoft. Objectif : faciliter, et surtout accélérer, le portage de leurs applications sur Linux, ou toute autre plate-forme comme Solaris, MacOS X et Unix. Le projet, encadré par une communauté Open Source (150 personnes sont listées, dont 6 développeurs en France), est supporté par Novell.

« Cette 2.0 s'inscrit dans la continuité par rapport à la version précédente », rappelle Jean-Baptiste Evain, membre de l'équipe de contributeurs au projet chez Novell. Une continuité certes, mais marquée par deux évolutions majeures pour le monde du développement : primo, le support intégral du framework .Net 2.0, du compilateur C#3 et de LINQ (Language Integrated Query, qui facilite la création de requête sur les données dans .Net), et, secundo, la compatibilité de ces composants sur Linux et MacOS X.

Une analyse de compatibilité .Net vers Linux

« Cette mouture propose aux développeurs Linux un ensemble de librairies et de connecteurs, ainsi qu'une série d'outils d'aide au développement », commente Jean-Baptiste Evain. Cette deuxième mouture est aussi marquée par « l'amélioration du débogueur et une version revisitée de l'environnement de développement MonoDevelop ». Sans oublier bien sûr la nouveauté phare de cette 2.0 : le module MoMA (Mono Migration Analyzer) qui aide les développeurs dans leur portage d'applications d'un environnement Windows vers Linux, en quantifiant précisement le nombre de modifications de codes requis pour la migration.

Un outil précieux, gage de fiabilité de Mono 2.0 semble raconter la communauté Mono dans un communiqué. « Sur 4 600 applications .Net utilisant MoMA, 45 % ne necessitaient pas de modification de code pour fonctionner avec Mono ». Un turbo pour les migrations, en somme.

Reste toutefois une lacune. Cette version 2.0, un peu à la traine, ne supporte en effet pas .Net 3.0 et 3.5, et demeure ainsi incompatible avec les dernières évolutions du monde Windows – et donc  Vista -, comme les couches WPC (Windows Communication Foundation – qui gère la communication entre services Web), WWF (Windows Workflow Foundation – qui gère les workflows), et enfin WPF (Windows Presentation Foundation – qui gère les spécifications graphiques de l'interface notamment par le langage XAML). Miguel de Icaza explique que cette absence n'était pas une priorité chez les utilisateurs de Mono, mais indique que les équipes de développement travaillent à leur intégration pour l'année prochaine.

Aucune connexion avec les équipes Microsoft

Interrogé par la rédaction du MagIT.fr, Joseph Hill, le chef de produit de Mono, affirme que la version 2.0 de Mono n'a pas bénéficié des travaux effectués dans les sacro-saints laboratoires d'interopérabilité, issus de l'accord polémique entre Microsoft et Novell. Et confirme que « la seule collaboration avec les équipes Microsoft porte sur Moonlight, l'éditeur de Redmond ayant partagé les spécifications et les résultats de tests de Silverlight ». Moonlight est une implémentation de Silverlight (le moteur d'interfaces riches chez Microsoft) pour le monde Linux, une implémentation qui repose sur Mono.

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