Revendications salariales : forte mobilisation chez Capgemini

C’est souvent plus compliqué la deuxième fois. Et pourtant l’intersyndicale semble avoir réussi à remobiliser les salariés après les grèves de début avril et l’échec des négociations. La balle est de nouveau dans le camp de la direction.

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Grève part II aujourd’hui chez Capgemini. L’intersyndicale a appelé une nouvelle fois les salariés à arrêter le travail ce 15 mai pour défendre leur pouvoir d’achat et inciter la direction du groupe à consentir « une augmentation générale dans un accord pérenne qui garantisse à chacun un minimum de progression de ses revenus ». Avec succès. Un représentant de la CGT estime que la mobilisation aura été au moins aussi forte que début avril dernier, tout en soulignant qu’il était difficile de faire un décompte précis, la journée s’achevant juste et les sites étant par trop éclatés. Mais à Clermont par exemple, il semble même que les grévistes étaient plus nombreux cette fois.


Les 28 mars et 1er avril la grève avait été lissée sur deux demi journées et plus de 1 700 salariés avaient cessé le travail sur les 21 000 que compte la société. Un nombre important quand on sait la difficulté à mobiliser dans un secteur où les cadres sont nombreux et les équipes souvent atomisées en clientèle. Mais visiblement insuffisant à faire céder la direction de Capgemini sur l’essentiel. De ce côté là, c’est le silence radio mais l’ampleur de ce second mouvement devrait tout de même faire réagir.

Des avancées par trop insuffisantes

Certes une série de réunion a bien été organisée les 7, 8 et 9 avril, mais elle n’a débouché sur rien de concret pour les syndicats qui ont fini par quitter la table de ce qu’ils taxaient alors d’un « simulacre de négociation ». De fait, la revendication centrale portant sur une augmentation générale est systématiquement rejetée par la direction qui ne veut pas en entendre parler. Comme dans nombre de SSII, le principe de l’individualisation de la rémunération est réifié et tient lieu d’alpha et d’omega de la politique salariale.

Sitôt l’échec connu, la direction s’est cependant empressée de pousser quelques propositions unilatérales. Le montant des tickets restaurants et des indemnités kilométriques a été augmenté et les plus bas salaires recevront une prime forfaitaire de 500 € jusqu’alors réservée à quelques salariés. De même, l’augmentation de 1,5 % pour les salaires de moins de 42 834 € sera lissée sur 2 ans au lieu de 3 ans jusqu’à présent.
Pas de quoi satisfaire les syndicats qui campent donc sur leur position initiale.

Une mobilisation solide dans une société en bonne forme

D’autant que rien n’est venu jusqu’alors ternir les prévisions plutôt encourageantes du Syntec pour l’année en cours. Si les banques – grosses consommatrices de services informatiques – subissent de plein fouet la crise des subprimes, les SSII n’enregistrent aucune difficulté et les résultats publiés ces derniers jours s’avèrent plutôt corrects et en ligne. Certes, Capgemini a vu son chiffre d’affaires réel reculer (-1,4%) au 1er trimestre mais essentiellement du fait de sa nature internationale (40% de son activité sur les Etats-Unis et le Royaume-Uni) et de la dégradation du cours du dollar. A taux de change constant, le revenu a en fait augmenté de 3,7% à 2,18 milliards d’euros. Et le groupe maintien sa prévision de croissance annuelle de 2 à 5%, à taux de change constant, avec une marge opérationnelle espérée de 8,5%.

Les syndicats demeurent flou sur la prochaine étape, mais ne semblent rien devoir lâcher. En attendant une hypothétique avancée de la direction, l’intersyndicale a prévu de faire un point en début de semaine prochaine. De nouvelles actions devraient être envisagées, sachant que les congés d’été – peu propices à la mobilisation – approchent.

 

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