Grève des informaticiens au Crédit Agricole

Selon les syndicats, plus de 40 % des informaticiens du Crédit Agricole manifestaient ce matin pour exprimer leurs inquiétudes, demander l’amélioration de leurs conditions de travail, et surtout « obtenir une reconnaissance » de leurs efforts dans le cadre du projet Nice.

Plus de 500 personnes prenaient part, selon un communiqué de l’intersyndicale de l’informatique du Crédit Agricole, « à des rassemblements sur les 17 sites informatiques », en ce matin du mardi 1er avril ("en progression depuis le débrayage du vendredi 21 mars"). Et de préciser que ce chiffre représente plus de 40 % de l’effectif total.

Dans ce même texte, les syndicats expliquent avoir appelé à la grève pour exprimer leurs inquiétudes quant à l’avenir : « les salariés craignent que le groupe CA ait pour seul objectif la réduction des coûts informatiques passant par une réduction des effectifs au détriment de la qualité. » Et de demander une amélioration de conditions de travail décrites comme « décidées en haut lieu loin des réalités du terrain » et, in fine, « inadaptées » aux besoins de salariés en nombre « insuffisants pour gérer 40 productions informatiques », notamment. En outre, l’intersyndicale appelle la direction du groupe à « reconnaître 3 ans d’efforts au service du plus grand projet informatique européen ». Un projet dénoncé ici comme « géré de façon catastrophique » et qui, selon les syndicats, « n’a pu être mené à terme que grâce à l’investissement exceptionnel de l’ensemble du personnel de CA Technologies [MOE] et CA Services [MOA]. »

Un projet régulièrement dénoncé

Avant même sa présentation officielle, le 6 novembre 2009, le projet Nice faisait l’objet de critiques de l’intersyndicale de la fédération nationale du Crédit Agricole. Celle-ci s’inquiétait d’une organisation cible qu’elle jugeait ouvertement « sous-dimensionnée », mais également d’un délai initial de 5 ans pour la convergence des SI de ses cinq groupements d’intérêt économique. « Un chantier que nous imaginions sur 10 ans. » Et l’accompagnement social consistait déjà en un autre sujet d’inquiétude. De quoi motiver un premier mouvement de grève début décembre 2009. Prenant la défense du projet, Patrick Kleer, directeur général adjoint de la fédération nationale du Crédit Agricole, réfutait alors l’idée de « restructuration de l’informatique » et présentait un projet visant surtout à moderniser l’informatique du groupe. Avec certes, à la clé toutefois, des économies attendues dans « les infrastructures, le pilotage d’exploitation et les sites de production ». Pour mémoire, l’organisation cible du projet Nice prévoyait dès le début la disparition d’un millier de postes, sur un total de 2 500 personnes au lancement du projet.

Un calendrier décalé

Mais très vite, les craintes des syndicats se sont concrétisées et un nouveau scénario a été présenté en février 2011 pour tenter de limiter à six mois de le retard de convergence. Ce scénario se voulait moins ambitieux, définissant la V1 du nouveau système d’information comme correspondant peu ou prou au système souche, celui du GIE AMT. Les vraies nouveautés ne devaient alors arriver qu’en 2013, avec le nouveau poste de travail tant vanté par la fédération nationale du Crédit Agricole, et encore, avec des reliquats de la V1. Il s’agissait de la V2.1 dont le déploiement doit s’étaler sur 2014. Alors même que la version 2.2 doit commencer à être adoptée. Mais selon des documents internes qu’a pu consulter la rédaction, cette version 2.2 apparaît aujourd’hui moins ambitieuse qu’en 2011, de nombreux éléments de son périmètre restant « à préciser ». Une version 3 est programmée, sans échéance précise, et avec, encore, un périmètre « à préciser ». Alors qu’il était complètement défini en janvier 2011.

Une communication lisse

Déjà à l’époque, la direction de la fédération du Crédit Agricole cherchait à rassurer. Et le ton n’a guère changé. Dans un communiqué de fin mars, elle explique que « les systèmes d’information des Caisses régionales ont convergé sur une plateforme unique, NICE. » Et d’annoncer fièrement de « nouvelles initiatives 2014-2016 », dont le développement de fonctionnalités « multicanales et marchés spécialisés » basées sur Nice, mais également une « convergence applicative élargie entre LCL et la plateforme Nice ». Déjà, en novembre 2009, l’intersyndicale de la fédération nationale du Crédit Agricole s’inquiétait de cette perspective. L’un de ses portes-paroles expliquait alors que si la direction affirmait que le projet Nice serait « la dernière fusion sur les SI », il anticipait « celle de la production SI de LCL ». LCL sur lequel Crédit Agricole a mis la main en 2003. Fin 2009, Patrick Kleer affirmait de son côté que, officiellement, la consolidation entre les SI de la FNCA et de LCL n’était « pas à l’ordre du jour », ajoutant que s’il pouvait être envisageable de partager certaines fonctions ou applications, pour des éléments de « coeur de métier, comme la gestion de la relation client, il n’est pas évident que l’on ait envie de partager ».

Dans son communiqué de fin mars, la FNCA indique que les « caisses régionales projettent de l’ordre de 430 M€ d’économies sur la période [2014-2016], dont 240 M€ au titre du programme Nice ».

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