Virtualisation du poste de travail : Citrix innove, mais doit encore convaincre

A l'occasion du prochain Synergy, sa conférence utilisateur qui se tiendra à Houston du 20 au 23 mai, Citrix annoncera la disponibilité de XenDesktop, son outil de virtualisation de poste de travail. Avec quelques atouts par rapport à ses concurrents. Mais, pour les DSI, bien des questions restent encore sans réponse.

L'idée initiale est à mettre au crédit de VMware lorsqu'il a lancé son initiative VDI, aujourd'hui concrétisée par son produit Virtual Desktop Manager. Pourtant le produit le plus abouti en matière de virtualisation de poste client n'est pas l'œuvre de VMware mais bien de Citrix, avec son XenDesktop. Présenté à l'automne dernier en version bêta lors d'iForum, la conférence utilisateur annuelle de l'éditeur, XenDesktop a officiellement été annoncé la semaine passée et devrait être disponible le 20 mai prochain dès l'ouverture de Synergy, la conférence utilisateur 2008 de Citrix.

xendesktopXenDesktop est en fait une suite rassemblant des technologies existantes de l'éditeur à savoir Provisionning Server, un outil de gestion et de distribution d'images systèmes fruit de l'acquisition d'Ardence en 2006, XenServer, l'hyperviseur maison, et Desktop Server, un broker qui assure le lien entre le client ICA installé sur un PC ou sur un client léger et la machine virtuelle que l'utilisateur se verra affecter. Le marketing étant passé par là, les noms des différents composants ont été modifiés entre la première bêta montrée à iForum 2007 et la mouture finale.

Une image système pour tous les utilisateurs

Ainsi le broker de session qui permet d'authentifier les utilisateurs et de leur délivrer leur "bureau virtuel" porte désormais le doux nom de Desktop Delivery Controler. Ce composant assure l'identification de l'utilisateur et a la tâche d'enchaîner les différentes opérations qui permettront le livraison sur son bureau d'un espace de travail personnalisé.

La gestion des images de PC virtuels et leur "provisionning" dynamique est de la responsabilité du Provisionning Server, qui délivre l'image système adéquate à l'hyperviseur sur lequel va fonctionner la machine virtuelle. Un des avantages de la solution de Citrix par rapport à celles de Sun ou VMware ? L'image système peut être séparée des données et paramètres utilisateurs, ce qui permet d'économiser considérablement sur le stockage (une même image système peut être partagée par tous les utilisateurs alors qu'avec la solution VMware, il faut une image système par utilisateur). Citrix livre son propre hyperviseur, à savoir XenServer 4.1, mais le logiciel sait aussi fonctionner avec les hyperviseurs de Microsoft et VMware (Hyper-V et ESX Server) et il supporte aussi les architectures de PC en lame comme les BladePC d'HP.

La livraison des applications sur l'écran des clients s'opère au travers du client ICA de Citrix et du protocole sécurisé éponyme. ICA est reconnu comme plus efficace que le RDP de Microsoft, utilisé notamment par VMWare. Mais on ne peut lui demander l'impossible. Dans son état actuel, envisager l'utilisation d'applications 3D exigeantes sur le protocole serait une illusion.

Pas adapté à tous les scénarios

Citrix ne fait d'ailleurs pas mystère du fait que les PC virtualisés (pas plus d'ailleurs que son architecture de client léger XenApp – ex-Presentation Server) ne peuvent répondre à tous les besoins, notamment à ceux des utilisateurs les plus exigeants. Et qu'il restera sans doute toujours une frange plus ou moins importante d'utilisateurs qui auront besoin de "clients lourds".

Reste que, comme dans le cas des solutions de VMWare ou Sun, c'est bien là que le bât blesse (sans compter le fait que toutes ces solutions ne fonctionnent bien que si l'OS client est Windows). A en croire le discours des fournisseurs, les DSI vont devoir jongler entre les différentes solutions à leur disposition pour répondre aux besoins des différentes catégories d'utilisateurs (client léger et déport d'écran pour les utilisateurs basiques, virtualisation de poste client pour les utilisateurs de bureautique avancés, streaming applicatif et client lourd pour les nomades et les utilisateurs techniques). Une mosaïque de solution dont le coût d'administration pourrait rapidement excéder celui de la gestion de PC de bureau correctement administrés. Autrement dit, le remède pire que la mal !

De lourdes conséquences budgétaires

Par exemple, le coût de l'infrastructure serveur associée à l'exploitation d'une architecture de PC virtualisés semble démesuré : il faut en effet dimensionner une ferme de serveurs proportionnelle au nombre de PC à desservir, payer les licences hyperviseurs adaptées et les licences des suites d'administration comme XenDesktop ou VDM. Il faut aussi prévoir l'architecture de stockage en réseau pour stocker les images et données des utilisateurs et prévoir l'infrastructure réseau LAN et WAN adaptée à la distribution des PC virtuels vers les utilisateurs.

Une débauche d'investissements, qui peut aussi paraître bien peu responsable, à l'heure où les préoccupations de GreenIT se font pressantes. Car pour chaque équivalent de PC de bureau délivré dans une architecture virtuelle, il faut compter avec la consommation énergétique d'un poste client (léger ou lourd) et son écran, d'une tranche de serveur et de la tranche d'infrastructure de stockage et réseau associée… Notons toutefois qu'en contrepartie de ces coûts, on aboutit, en théorie, à une gestion plus harmonieuse de ses postes de travail (mises à jour simplifiées, audits logiciels facilités…), à une meilleure protection des données (celles-ci résident sur les serveurs et non plus sur les postes clients) et à une réduction du coûts d'administration des PC de bureau.

Les coûts de licence annuelle de Citrix XenDesktop devraient débuter aux environs de 75 $ par utilisateur simultané. En version Platinum (incluant les outils de supervision et de gestion de performance des postes clients, de HelpDesk et de ToIP), ce prix devrait quasiment doubler (environ 140 $). L'éditeur devrait aussi proposer une option de licence perpétuelle, coûtant environ deux fois le prix de la licence annuelle.

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