T-Systems France licencie pour mieux recruter

La société de services est confrontée à un redoutable paradoxe. Alors qu’elle aurait besoin de recruter massivement pour accompagner sa transformation stratégique, elle est encore en train de licencier.

Comme beaucoup de ses consœurs, la filiale française de la société de services allemande se prépare à embaucher massivement au cours des prochains mois. Des centaines de postes sont à pourvoir (on parle de 300 à 500 postes). Oui mais voilà. Avant de recruter, la société doit d’abord… licencier.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les dirigeants de T-Systems France tiennent absolument à mener à son terme le plan de 324 suppressions d’emplois (soit un cinquième de l’effectif) annoncé en septembre dernier. Depuis cette date, plus de deux cents collaborateurs ont déjà quitté la société. La plupart dans le cadre du plan de départs volontaires ouvert fin 2010. En deux ans, l’effectif se serait même réduit de 400 personnes, compte tenu du flux des démissions.

Mais, malgré ces mesures de volontariat et les nombreuses démissions de ceux dont les départs ont été refusés (ou qui n'ont pas suivi le déménagement à Saint-Denis), une petite cinquantaine de salariés sont toujours menacés de licenciement sec. Evidemment la direction marche sur des œufs. Avant de notifier qui que ce soit, elle a pris soin de proposer des solutions de reclassement au plus grand nombre. Des offres qui sont parties en fin de semaine dernière et que les salariés concernés ont quinze jours pour accepter ou décliner.

Des licenciements inévitables

Il est donc trop tôt pour connaître le résultat des courses. Mais selon des sources syndicales, certaines propositions sont d’un intérêt très discutable car supposant de la part des personnes concernées d’accepter qui une baisse de son coefficient Syntec, qui une diminution de salaire de 40% et qui une mutation à l’autre bout de la France, voire à l’international. Malgré donc les plus de 200 départs déjà enregistrés (400 en deux ans estiment les syndicats), il apparaît donc qu’il y aura de surcroît des licenciements.

Alors pourquoi réembaucher juste derrière ? Parce que les métiers de l’entreprise changent répond en substance la direction. De fait, comme nous l’expliquait déjà en septembre dernier François Argouges, vice président ventes pour la France : l’entreprise est engagée dans un processus de transformation stratégique en profondeur. En simplifiant, elle est en train de basculer une partie de sa production de services en nearshore et en offshore. Dans le même temps elle renforce ses services au forfait au détriment des services de régie et développe ses activités autour du cloud, des datacenters et des réseaux intelligents…

Bienvenue en Absurdie

Reste que si la vision stratégique se tient, la mise en application pratique tourne à l’absurde. Ne pouvant licencier et embaucher simultanément, T-Systems se retrouve avec « des trous [pressants] dans la raquette ». Confrontée à des pertes sérieuses et récurrentes, la société justifiait à l’époque son plan de sauvegarde de l’emploi par la nécessité de restaurer l’équilibre financier. « Aujourd’hui elle explique que si elle perd de l’argent c’est parce qu’elle manque de monde », déplore un membre des instances représentatives.

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