Oracle allège sa masse salariale pour faire décoller son cloud

Oracle voit son avenir dans le cloud. Mais ses stratégies peinent à se concrétiser. Résultat, l'éditeur a commencé à supprimer des emplois et prévoirait d'embaucher de nouveaux profils « plus cloud ». Mais il est n'est pas sûr qu'ils combleront les départs.

Oracle - qui se bat sur le marché du cloud avec Google, Microsoft et AWS - réduit sa masse salariale et prévoit d'embaucher des profils avec de nouvelles compétences.

Plusieurs messages sur les médias sociaux et les forums au cours de la semaine dernière font référence à des licenciements chez Oracle. Les auteurs de plusieurs d'entre eux affirment avoir été licenciés, ou qu'ils connaissaient d'autres personnes qui l'avaient été.

Le nombre des employés d'Oracle touchés par les réductions d'effectifs n'est pas clair - les estimations vont de quelques centaines à 10 % des employés d'Oracle, (soit près de 14.000 postes).

Un représentant d'Oracle a refusé de confirmer les détails des licenciements, mais il a répondu que l'éditeur cherche continuellement à équilibrer ses ressources et à « restructurer son équipe de développement » autour de ses produits cloud.

Le dernier rapport financier de l'entreprise, daté du 19 mars, donne quelques indices sur l'ampleur de la réduction des postes chez Oracle. La direction a approuvé un plan de restructuration pour l'exercice 2019 pouvant atteindre 432 millions de dollars. La compagnie a consacré 297 millions de dollars à la restructuration au cours des neuf premiers mois de son exercice financier, qui se termine le 31 mai. Ces chiffres suggèrent que le nombre de départs pourrait être important, mais a priori bien en deçà de 10 % de la masse salariale globale.

Oracle n'est pas le seul éditeur cloud à avoir réduit ses effectifs cette année. SAP a confirmé en janvier qu'il supprimerait 4 400 postes via des licenciements et des propositions de départ à la retraite anticipée. SAP a lui aussi expliqué qu'il s'agissait d'une stratégie plus large pour remodeler sa gamme de compétences internes.

Tout pour le cloud « Gen 2 »

Bon nombre des départs signalés sur les médias sociaux semblent reliés à OCI Classic - le IaaS de « première génération » d'Oracle, basé sur OpenStack. Oracle mise aujourd'hui tout sur la deuxième génération de son offre d'infrastructure à la demande.

Cette « Gen 2 » apporte des améliorations aussi bien dans le compute, que dans la couche réseau ou de stockage. Larry Ellison, co-fondateur et président exécutif du conseil d'administration d'Oracle, a largement vanté son nouvel OCI à l'OpenWorld 2018, où il a présenté la sécurité et le prix (inférieur, dit-il) comme des facteurs clés de différenciation par rapport à la concurrence.

Oui mais voila, Oracle reste malgré tout loin derrière ses concurrents en termes de parts de marché.

La direction de l'éditeur aurait donc décidé d'embaucher plus d'ingénieurs technico-commerciaux et d'architectes pour promouvoir OCI. Sur le site « carrières » d'Oracle - qui répertorie plus de 600 postes vacants - bon nombre des offre récentes sont des postes d'ingénierie, de support et de stratégie en rapport avec cette offre.

« Ce sont les fonctions qui peuvent le plus aider les clients à choisir la bonne dose de cloud et les aider à comprendre quand un mélange de IaaS d'Oracle, combinée avec son SaaS et sa base de données, est le plus pertinent », avance Dave Bartoletti, analyste chez Forrester Research.

Il s'agit d'une adaptation globale des compétences internes Oracle, car les anciennes gammes de produits ont aujourd'hui moins besoin de ressources en R&D, explique Holger Mueller, analyste chez Constellation Research.

Applications Unlimited - le programme de support et de maintenance long terme d'Oracle pour les applications sur site comme E-Business Suite ou JD Edwards - continue à être populaire. Oracle dispose en effet d'une base installée importante qui ne souhaite pas forcément aller vers le cloud, en tout cas pas au rythme où pourrait le vouloir l'éditeur. Bien qu'Applications Unlimited génère des revenus substantiels, l'offre n'exige pas un rythme d'innovation aussi rapide que pour les produits cloud.

Pour les convaincre, Oracle a lancé plusieurs initiatives comme un ensemble de services « click-to-launch » censés permettre aux clients de lacer rapidement des pilotes sur OCI.

Oracle a toujours considéré qu'OCI était moins cher que d'autres clouds, mais cette comparaison en sa faveur est surtout vraie pour les workloads les plus robustes et gourmands en ressources - ceux par exemples des environnements Oracle - et beaucoup moins pour des besoin en calcul plus basique.

Toujours pour convaincre sa base installée, Oracle propose également Cloud@Customer, une pile matérielle et logicielle regroupée dans une appliance managée par Oracle, mais hébergée dans les datacenters des clients. L'architecture de base de ce « cloud sur site » est la même que celle du Cloud Gen 2 (en tout cas quand l'appliance sera mise à jour). Ce qui fait dire à Oracle, toujours pour vanter son cloud, que les clients peuvent déplacer les workloads comme bon leur semble entre leur infrastructure sur site et une infrastructure hébergée dans ses datacenters.

Mais pour Holger Mueller, malgré toutes ces options et tous les efforts marketing et commerciaux d'Oracle, cette stratégie n'a pas encore donné de résultats. D'où sa stratégie RH : « [Oracle] a besoin de mieux articuler la proposition de valeur de toute sa pile technologique ».

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