Départ de Bob Muglia : Steve Ballmer sacrifie son dernier fusible

Et de 4. Steve Ballmer continuer de se séparer de sa vieille garde et annonce pour l'été le départ de Bob Muglia, vétéran du groupe et actuel patron de la division serveurs et outils de développement. Muglia dont la division a progressé à un rythme spectaculaire au cours des trois dernières années avait aussi hérité du pilotage de la stratégie Cloud et d’Azure. Son départ suit de près ceux de Robbie Bach, Ray Ozzie et Stephen Elop. De la direction nommée il y deux ans, seul Qi Lu, le patron de Bing et du Online a pour l'instant survécu à la purge.

Robbie Bach, Stephen Elop, Ray Ozzie et aujourd’hui Bob Muglia (photo ci-dessus). Steve Ballmer n’en finit pas de se séparer des cadres dirigeants de Microsoft. Dans un communiqué, l'éditeur vient ainsi d'annoncer le départ prochain, programmé à l’été 2011, du patron de sa très juteuse division Server & Tools, après 23 années en poste chez l’éditeur.  Un départ surprenant qui confirme un peu plus que le passage au nuage n’est pas sans douleur à Redmond.

“Toutes les entreprises connaissent des cycles et nous avons besoin de nouvelles compétences, différentes, pour appréhender ses cycles”, explique l'innamovible Steve Ballmer dans un email envoyé aux employés du groupe, rappelant ainsi que ce départ s’inscrit dans une stratégie bien établie du Pdg. Il s'agit de refaçonner de façon profonde la stratégie du groupe et de lui donner un nouveau visage qui tranche avec le passé. En ligne de mire : le nuage bien sûr. “Nous sommes désormais prêt à capitaliser sur notre réussite et avancer dans l’ère du Cloud Computing”, poursuit Steve Ballmer dans ce même message.

Muglia : le patron d'une division en pleine croissance

Si le bouillonnant Pdg de Redmond salue dans son email les qualités de dirigeant de Bob Muglia, il affirme qu’il est temps de mettre un place un nouveau leadership pour une division qui contribue à hauteur de quelque 15 milliards de dollars au chiffre d'affaires du groupe. Bob Muglia avait pris les rênes de l'activité "serveurs et outils" le 6 janvier 2009, héritant notamment de produits clés comme Windows Server, SQL Server, Exchange Server ou Visual Studio. Et le moins que l'on puisse dire est que son passage a été couronné de réussite. Selon les chiffres d'IDC, Windows server détenait 38,7% du marché des OS serveurs sur les neuf premiers mois de 2008. Sur les neuf premiers mois de 2010, cette part de marché est passée à 47,7% (et il est vraisemblable que les chiffres sur l'année complète seront remarquables).

Mais Muglia est aussi l'artisan du décollage de Windows Azure, la plate-forme de Cloud PaaS de Microsoft, et des services SaaS de l'éditeur tels que BPOS. Et depuis l'annonce du départ de Ray Ozzie, pourtant à l’origine les fondements du Cloud et du monde des services en ligne chez Microsoft, c'est lui qui avait en charge le développement de ces activités. Pourtant son profil reste encore étroitement lié au monde des systèmes d’entreprise dit on-premise, alors que le groupe pousse sans relâche dans la direction opposée, vers le Cloud Computing, note en substance Rob Horwitz, un ancien collègue de Muglia chez nos confrères d’Infoworld.

Se mettre à la page du cloud : l'obsession de Ballmer

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Steve Ballmer de passage à Paris en 2009

Et les 23 ans qu'a passé Muglia au service du "on-premise" ont semble-t-il pesé lourd dans la balance lorsque Steve Ballmer s'est mis en tête de réinjecter du sang neuf dans une division, qui même si elle est en pointe sur le thème du cloud, réalise encore l'essentiel de ses activités avec des logiciels traditionnels. Dans son message, Steve Ballmer confirme par ailleurs rechercher “en interne et à l’extérieur” un remplaçant à Bob Muglia. 

Dans un email envoyé aux employés de Redmond et publié par nos confrères américains de Zdnet Bob Muglia reste relativement flou quant à son avenir - il se contente d’expliquer qu’il considère d’autres opportunités hors de Microsoft - . Nous pouvons également comprendre, en filigrame, à la lecture de ce message que ses principes sur lesquels il s’est appuyé pour diriger ses équipes et sa division ne semblent plus en adéquation avec la stratégie du groupe. Démission suite à des dissensions internes, départ forcé, les raisons du départ de Bob Muglia sont l’objet de toutes les interrogations. D'autant qu'en se séparant de Muglia, Steve Ballmer a aussi fait sauter le dernier fusible à même de le protéger après les départs de Bach (XBox, Jeux et téléphonie), Ozzie (Architecte en chef) et Elop (Microsoft Office). Que la machine se grippe et c'est le grand timonier de Microsoft qui pourrait finalement avoir des comptes à rendre sur le lent virage du porte-avion Microsoft vers le Cloud...

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