Les femmes boudent le métier d'ingénieure informatique

Le métier d'ingénieur en informatique demeure un bastion masculin. Une situation qui devrait perdurer, de moins en moins de jeunes femmes s'orientant vers ce métier. Et cela malgré la Barbie informaticienne.

Voilà une étude dont les conclusions n'étonneront pas grand monde. Selon Global Contact, qui a enquêté pour Orange, on recrute moins de femmes ingénieurs que d'hommes. Pour la première fois depuis près de 20 ans, le nombre d’ingénieures a d'ailleurs diminué en France, passant de 118.740 en 2008 à 117.400 en 2009. Toutefois les raisons de ce déséquilibre ne sont pas directement à mettre sur le compte de la misogynie de certains employeurs, mais sur la plus faible proportion de femmes à s'orienter vers le métier d'ingénieur. « De nombreuses enquêtes mettent en évidence une certaine désaffection des plus jeunes pour les métiers scientifiques et techniques. D’autres révèlent le poids des préjugés, qui expliqueraient que bien que les filles représentent 39% des élèves en terminales scientifiques, seules 20% d’entre elles poursuivent dans l’enseignement supérieur. A cela s’ajoute le manque de compréhension des métiers et des opportunités existantes », révèle l'étude réalisée par une chercheuse, Claudine Schmuck. Selon elle, par manque d'informations, 40% des jeunes ingénieures choisissent des spécialisations qui ne créent que 20% des emplois

Les femmes seraient ainsi moins nombreuses à choisir la filière des TIC (moins 11% en 2 ans), pourtant pourvoyeuse d'emplois. Selon l'enquête, un quart des 48.400 recrutements d’ingénieurs réalisés en 2009 l'a été dans le secteur des services, notamment dans les SSII.
« Situation d’autant plus paradoxale que les jeunes femmes utilisent quotidiennement l’informatique, et que ce secteur est l’un de ceux où l’employabilité des femmes est la meilleure, la stabilité des postes la plus élevée (91% des femmes du secteur des TIC ont un CDI versus 83,7% pour l’ensemble des ingénieures) et un salaire moyen supérieur ». Un salaire moyen tiré il est vrai par la forte proportion de femmes en activité ayant plus de 45 ans.

Précisons que toutes les informations de l'étude sont issues de la 21ème enquête du CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France) pour laquelle 45.000 réponses d’ingénieurs de moins de 65 ans ont été recueillies, et de la 18ème enquête de la Conférence des Grandes Ecoles, à laquelle ont répondu 35.784 jeunes diplômés, dont 25 451 issus des écoles d’ingénieurs.
Et dire que ces nouvelles tombent alors que l'on apprend qu'une enquête en ligne réalisée auprès des admiratrices (et des admirateurs) de Barbie et destinée à choisir le nouveau métier de la poupée a mis le métier d'ingénieure informaticienne à la première place. Une poupée désormais affublée d'un ordinateur portable rose. Les préjugés ont la vie dure.

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