Document Foundation : Oracle décline l’invitation, OpenOffice.org a son fork officiel

OpenOffice vivra au sein d’une fondation sous le nom de LibreOffice. La communauté OpenOffice a décidé de placer le projet de suite bureautique entre les mains d’une fondation Open Source, la Document Foundation, pour la faire évoluer sous un autre nom. Initiée par les cadres du projet et soutenue par les ténors du secteur - sauf IBM -, la fondation, qui sait qu’aujourd’hui Oracle ne soutiendra pas son projet - selon nos sources -, devient le havre Open Source du fork d’OpenOffice.org.

Dans un climat très oraclien peu propice à l’expansion Open Source, la communauté d’OpenOffice.org a décidé de prendre la tangente. C’est en résumé le message que délivre la création de la Document Foundation, une fondation qui entend “prolonger” - selon ses propres termes -  les travaux autour de la suite bureautique Open Source initiés par Sun, de façon indépendante. Avec pour socle juridique, une fondation ouverte, calquée sur le modèle de GNOME. A la clé, la mise à disposition de LibreOffice, un OpenOffice nouvelle marque.

Une forme de reprise en main par ceux qui contrôlaient le projet (les project Lead) avec pour objectif de lui donner “un nouveau modèle organisationnel, comme l’indique la FAQ du site du projet, pour le faire évoluer”, mais sans représenter, toutefois, une véritable rupture, commente en substance Charles Schulz, membre du comité exécutif de la fondation. “Cette idée de fondation n’est pas nouvelle et date de 10 ans. L’arrivée d’Oracle ainsi que certains facteurs ont ainsi déclenché cette création. Un nouveau maître des lieux avec des nouvelles manières, en somme”, déclare-t-il poliment. Il fallait régler la question d’OpenOffice”.

IBM, le grand absent
Si Red Hat, Google, la Free Software Foundation, Canonical, Novell, parmi les principaux, sont listés dans les supporters de la fondation, on remarquera l’absence d’IBM. Et alors même que Big Blue est un membre influent de la communauté qu’il a rejoint en 2007 et qu’il a développé sa propre offre bureautique, Lotus Symphony, sur un socle OpenOffice. Big Blue serait aujourd’hui “dans l’attente”, indique Charles Schulz. Mais IBM s’interroge à coup sûr sur le code qui servira de base à Symphony.
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Surtout que le climat est plutôt “anxiogène”, précise-t-il, tout en faisant référence aux relations qu’entretient Oracle avec les communautés Open Source, plutôt ternes depuis le rachat de Sun. Rappelons nous d’abord le raz-de-marée autour de MySQL, et de la bataille de tranchées emmenée par Monty Widenius. Mais surtout, et plus récemment, le refus de la firme de Larry Ellison de collaborer - voire d’instaurer un dialogue - avec la communauté d’OpenSolaris. Une communauté aujourd’hui éteinte depuis qu’Oracle a finalement décidé de suspendre la déclinaison Open Source de l’Unix de Sun. Rappelons également que le groupe est resté muet quant au sort du JCP (Java Community Process) qui reste aujourd’hui sans nouvelle de son rôle sur les développements et la validation du langage - en dépit d’une feuille de route précise annoncée la semaine dernière par Oracle lors d’OpenWorld.

Oracle ne négocie pas

La Document Foundation prend alors seule les rênes, mais tout en tendant la main à Oracle. Le projet a en effet invité le groupe à se joindre à lui. “Nous ne sommes pas dans une logique de rupture, ni d’émancipation, mais de départ”, confirme Charles Schulz. L’idée est notamment qu’Oracle devienne membre du projet et surtout livre à la fondation la marque OpenOffice.org, encore entre les mains du groupe.

Selon nos sources, Oracle aurait, dès lendemain de l’annonce de la fondation, rejeté l’invitation ainsi que toute proposition de dialogue. Alors que la fondation indiquait clairement que le projet LibreOffice ne constituait pas un fork (dérivé) d’OpenOffice, ouvrant ainsi la porte aux négociations, ce refus net du groupe change la donne. Et mue officiellement LibreOffice en fork de la très populaire suite bureautique Open source. La communauté et les utilisateurs savent donc aujourd’hui sur quel pied danser.

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