HP / EDS France : J-1 avant la réorganisation effective et le plan de baisse des salaires

Les divers CE de demain devraient être critiques pour la réorganisation de HP et d’EDS en France. La direction doit présenter aux CE des deux entités son plan de réorganisation avec, à la clé, le transfert des 600 salariés de HP France vers EDS. Mais c’est surtout le plan de baisse des salaires qui devrait être annoncé alors que ce dernier – décidé en février – vient d’être encore accentué aux Etats-Unis.

Mercredi devrait être le jour J pour les salariés DE HP-EDS en France. Ces derniers devraient disposer de plus d’information en fin de journée sur la réorganisation à l’étude depuis le mois de septembre et liée à la fusion des deux groupes. Un comité d’entreprise est prévu durant lequel la direction expliquera la manière dont elle envisage de transférer les salariés de HP Services (600 personnes) vers EDS. Difficile cependant d’y voir réellement clair sur ce que sera la future SSII dans la mesure où, parallèlement, une partie non négligeable des actifs d’EDS est également mise en vente. Il s’agit du plus gros de la branche services applicatifs (TMA) qui compte aujourd’hui 800 salariés dont 600 seraient concernés par la revente. Un autre comité d’entreprise sur ce point précis devait intervenir cette semaine mais a finalement été reporté. Ensuite, une fois les effectifs de HP intégrés et les cessions d’actifs réalisées… il restera encore à appliquer le plan social annoncé en octobre et portant sur 580 postes.

La question des baisses de salaire abordée demain

En attendant, le CE de demain devrait être d’autant plus houleux que, selon Les Echos, qui s’est procuré l’ordre du jour, la question des baisses de salaire sera également abordée. Selon les termes du document, HP France "envisage de proposer une baisse de la rémunération de base, à compter du 1er mai au plus tôt, aux catégories de salariés se situant au niveau le plus élevé de la hiérarchie." Les autres auront le privilèges de se voir proposer une telle baisse à compter d’octobre. Les baisses unilatérales de la rémunération fixe étant interdites en France, la direction aura le choix entre négocier un accord d’entreprise avec les syndicats ou faire des propositions d’avenant de gré à gré à chaque salarié. Une solution que craignent de voir s’appliquer les syndicats pour qui ce type de négociation est la porte ouverte à des pressions multiples, notamment sur l’emploi.

Des baisses de salaires toujours plus importantes et qui durent aux Etats-Unis

La direction est d’autant plus incitée à appliquer les consignes de baisse des salaires imposées par Mark Hurd – le patron de HP – qu’aux Etats-Unis elles sont déjà à l’œuvre. En février, les salariés américains du groupe ont vu leur rémunération amputée de manière plus ou moins importante suivant leur fonction. Selon ZDNet.com, Mark Hurd a vu sa rémunération chuter de 20% (sur une base salariale annuelle de 1,45 millions de dollars). Les membres du comité de pilotage de la société ont vu leur salaire réduit de 15% tandis que les autres dirigeants ont subit une décote de 10%. Pour le reste de l’effectif, les baisses sont comprises entre 2,5 et 5%. 

Visiblement l’effort s’est avéré insuffisant et les salariés américains d’EDS ont eu la désagréable surprise de recevoir, vendredi 13 mars, un mail signé de leur direction qui faisait état, pour le mois d’avril, d’une baisse générale de 10% supplémentaires pour l’ensemble des effectifs touchant un salaire supérieur à 40 000 dollars annuels. En mai, la direction promet un retour à la normale… du 12 mars ! Une manière de dire que la baisse enregistrée en février est faite pour durer.

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