Encore des informaticiens sur le carreau en février aux Etats-Unis

Encore un mois terrible pour l’emploi IT outre Atlantique. Sur le secteur au sens large, près de 50 000 emplois ont été supprimés en février. Restent quelques raisons d’espérer, au regard de l'effondrement d'autres secteurs ou encore des intentions des DSI concernant les mois à venir.

Les suppressions de postes aux Etats-Unis se sont encore accentuées au mois de février, avec cette fois pas loin de 50 000 emplois liés aux technologies de l’information supprimés. Une part non négligeable des 651 000 emplois salariés des secteurs primaires et secondaires qui ont été éliminés sur ce seul mois. Dans la première économie mondiale, le taux de chômage atteint désormais 8,1% contre 7,6% en janvier.

Un chiffre d’autant plus significatif que personne ne croit que les mois à venir seront meilleurs. Sur un an, ce sont 5 millions d’emplois qui ont disparu selon le ministère du Travail américain. Dans le secteur IT, les constructeurs de PC ou d’électronique et autres équipementiers réseaux et télécoms sont les plus durement touchés, avec 25 000 postes supprimés sur le seul mois de février. Mais les services ne sont pas épargnés avec 7 300 emplois en moins dans les télécoms et 2 000 dans l’hébergement. Tandis que l’activité liée aux applications ne supprime plus d’emploi… sans toutefois en créer. Côté développement et conception de système ou prestation de conseils technologiques en revanche, les suppressions de postes se montent à 5 000 tandis que les services de support aux entreprises comptent 12 300 emplois en moins en un mois. Sur l’ensemble du secteur, on approche les 100 000 suppressions de postes depuis le début de l’année 2009 aux Etats-Unis.

Californie sinistrée

Une tendance peu étonnante quand on voit que la Californie – l’un des centres de la planète informatique et invitée d’honneur de l’édition 2009 du Cebit - est depuis le début de la crise l’un des états américains les plus frappés par les suppressions de postes. Au 31 décembre 2008, le chômage y a atteint le taux localement record de 7,2%, soit 1,8 point de plus qu’en 2007. Seuls la Floride, l’Idaho, le Nevada et le petit état de Rhodes Island ont fait pire, mais leur poids dans l’économie américaine - voire mondiale - n’est pas aussi important.

Restent quelques notes d’espoir pour les informaticiens américains. Tout d’abord, leur secteur est finalement relativement épargné. En un an, le taux de chômage est passé de 5,8% à 7,2% si l’on prend l’activité dites « Information », qui intègre les médias et les services informatiques tout en excluant les constructeurs IT. Une progression de deux points certes, mais qui reste limitée au regard des secteurs financiers et surtout de la construction, qui voient leur taux de chômage doubler. Ce dernier affichant un taux supérieur à 21% en février 2009 ! En France, le taux de chômage des informaticiens était limité à 4,4 % en janvier, mais progressait rapidement.

Une étude qui entretient l'espoir

Si les suppressions nettes de postes continuent de progresser donc dans les TIC, les perspectives sur l’exercice ne sont peut être pas si noires. Côté utilisateurs, d’après une étude publiée par la société de conseil Robert Half Technology, 80% des 1 400 DSI interrogés prévoient de maintenir leurs effectifs et certains (8%) prévoient même des recrutements à partir du deuxième trimestre.

Chez les fournisseurs, même ceux qui licencient envisagent également des recrutements. Microsoft en tête qui a annoncé poursuivre son plan de réduction d’effectif, portant sur 5 000 postes, tout en commençant à étudier des recrutements… qui concerneront également des profils d’étrangers titulaires d’un visa H-1B. L’éditeur poursuit ainsi sur la voie de la doctrine Gates – ardent défenseur d’une ouverture plus grande du quota de visas – tout en s’opposant aux velléités de sénateurs américains réclamant l’application de la préférence nationale et mettant particulièrement en cause la firme de Redmond.

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