Le chômage continue de grimper chez les informaticiens, +5% en un mois

Encore un mois noir pour les informaticiens français. Certes le taux de chômage de la profession se limite à 4,4%, mais il progresse encore plus vite que la moyenne nationale alors même que janvier a vu près de 90 000 nouveaux demandeurs d’emploi inscrits. Un niveau d’autant plus inquiétant que le taux d’intercontrats progresserait également très vite dans les SSII.

Le chômage des informaticiens en France atteint désormais 4,4% avec 21 821 demandeurs d’emploi recensés sur janvier 2009 par la Dares - Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère de l’emploi - et le Pôle emploi, qui rassemble désormais ANPE et Unedic. Cette fois c’est sûr le secteur ne sera pas épargné par la crise, il est même particulièrement touché en ce début d’année. le niveau des informaticiens inscrits a ainsi progressé de 4,7% par rapport à décembre 2008, alors qu' au niveau général, la Dares explique avoir recensé près de 90 000 nouveaux chômeurs au total en France, soit une croissance de 4,2 % par rapport à décembre. Il s’agit du pire mois depuis le début de la crise, qui s’est accélérée tout au long de l’automne dans le secteur de l'IT.
Sur un an, le nombre d’inscrits supplémentaires se déclarant informaticiens a ainsi augmenté de 8,1%, alors que pour l’instant aucune SSII majeure – les plus grands employeurs d’informaticiens en France – n’a annoncé de plan social. Justement, dans les rangs des salariés de ces sociétés, de plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur le niveau inquiétant des intercontrats. En début d’année, le Syntec reconnaissait seulement une remontée légère de leur taux. Depuis, les effectifs détachés sur des projets s’achevant fin 2008 ou dont le budget sur 2009 a été gelé ont dû regagner leur base d’origine… Faisant récemment le bilan de l’activité des SSII, LeMagIT évoquait le sujet en confirmant la tendance : le coup de frein des donneurs d'ordres a été, au quatrième trimestre 2008, plus brutal qu'attendu, et la situation s'est encore sensiblement dégradée en début d'année. Le résultat ? Une vraie pression sur les effectifs des SSII.

Aujourd’hui en intercontrats mais demain ?


Alors que la crise semble devoir s’installer durablement le pire est à craindre. Les premières victimes devraient être les salariés des sous-traitants. Déjà, la décision de Renault de se passer de 1 200 ingénieurs R&D externes avait donné le ton fin 2008. Désormais les SSII elles-mêmes coupent leurs budgets de sous-traitance. Pour protéger leurs marges, les plus grandes d'entre elles font porter le ralentissement du marché en priorité sur leurs sous-traitants. Atos-Origin a ainsi expliqué vouloir réduire de 1 000 personnes son recours à la sous-traitance, sur un total de 3 700. Une logique dans laquelle s'est inscrit également Steria.
Dans le même temps le recours aux licenciements rampants – qui avaient eu leur heure de gloire dans le secteur au moment de l’explosion de la bulle Internet – pourrait bien de nouveau connaître un certain succès auprès des DRH. Ces « ruptures conventionnelles » sont d’autant plus pratiques que les lois récentes tendent à en assouplir l’usage au grand dam des syndicats qui craignent la multiplication des guichets départs.

Salaires : le risque d’effet collatéral


Pour les salariés qui resteront en poste, C'est la pression sur les salaires et donc surle  pouvoir d’achat qui devrait se renforcer. Déjà les salaires sont souvent gelés. Mais en plus, le risque de voir se multiplier les pressions venant de l’étranger est grand. Non seulement celle du offshore mais également les pratiques à l’œuvre outre-atlantique où IBM n’hésite pas à proposer des départs vers l’Inde pour des postes en contrat local – moins bien valorisés – voire même à utiliser l’argent public pour monter des sites avec embauches massives à des salaires low costs. La semaine passée c’est Mark Hurd, le patron de HP, qui imposait à ses salariés américains des baisses de salaires et mettait entre les mais de ses salariés européen un échange intenable : acceptez des baisses de salaires (entre 2,5 et 15 % selon le niveau dans la hiérarchie) ou préparez-vous à un nouveau plan de licenciements. Bref, choisissez entre la peste et le choléra...

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