Recul lent du chômage dans l’IT sur fond de crainte du développement de l’offshore

La décrue se poursuit pour le chômage des informaticiens en France. Mais à un rythme peu soutenu qui fait craindre pour le niveau de plein emploi à la sortie de la crise. Les annonces de recrutements sont de taille mais sans effets, Syntec promet la reprise pour le second semestre sans trop de certitudes, et les salariés du secteur craignent de voir se développer le recours à l’offshore.

Après avoir grimpé tout au long de l’année 2009 – et plutôt brutalement au second semestre –, le chômage qui a frappé les informaticiens au plus fort de la crise économique a reculé pour le 4ème mois consécutif en mai. Une décrue continue donc mais dont le niveau - -1,52% en mai et – 7,5% depuis le début de l’année – demeure plutôt faible. En mai, 26 000 informaticiens sans emploi ont été recensés par la Dares contre 14 800 en juin 2008, date à laquelle le marché de l’emploi IT enregistrait quasiment son plus bas taux de chômage de la décennie. La reprise est donc réelle, mais plutôt molle, en dépit d’annonces régulières depuis quelques semaines d’importants plans d’embauches de la part des principales SSII.

Des informaticiens dans l’expectative qui craignent le recours à l’offshore


Ce que confirment les lecteurs du MagIT – interrogés dans le cadre de notre sondage flash – qui estiment pour moitié que « la reprise sera molle et sur des profils pointus ». Peu sont optimistes, estimant – pour 15% d’entre eux - que l’emploi pourrait repartir en 2011, comme il l’avait fait en 2004-2005. A cette époque, la bulle Internet avait laminé le secteur en quelques mois et provoqué des vagues massives de licenciements. En octobre 2003, le nombre d’informaticiens sans emploi dépassait, selon la Dares, les 41 000. S’en était suivi une période de forte reprise des investissements IT fondés sur une demande un peu plus mature et fortement localisée. Toute la différence pourrait bien reposer sur ce dernier point. Ainsi, plus du tiers (34,7%) des 294 informaticiens ayant participé à notre sondage estiment que le recours à l’offshore et au Cloud Computing risquent cette fois de briser toute dynamique de reprise massive des embauches. De fait, les contrats offshore – notamment dans les très grands comptes comme la SNCF – et les infrastructures en nuage bénéficient d’un contexte particulièrement porteur de réduction des coûts en sortie de crise.

infographie emploi

(source LeMagIT)


Une rentrée qui en dira long sur l’avenir du secteur en matière d’emploi

La rentrée de septembre sera donc à d’observer avec beaucoup d’attention. Syntec a annoncé que le vrai signal de la reprise devrait intervenir à ce moment là et augurer d’un vrai mieux pour 2011. Dans le même temps, la période verra – au travers des jeunes diplômés – l’arrivée sur le marché d’une nouvelle vague de main d’œuvre. Enfin, les embauches annoncées devraient être effectives pour le redémarrage des projets. En octobre et novembre donc, les salariés du secteur seront sans doute fixés sur la nature du marché de l’emploi IT : un secteur toujours porteur qui retrouve un niveau de plein emploi avec 2 à 3% de chômeurs ; ou un secteur en perte de vitesse structurelle et un niveau de chômage de 4 à 5%. Un niveau certes inférieur à   d’autres industries mais qui créerait une tension négative pour les salariés, tant au niveau des compétences que sur celui des salaires.

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