SSII : coup de froid et inquiétudes pour les poids moyens au 4ème trimestre 2008

Après s’être vues oubliées par la crise au cours des neuf premiers mois de l’année 2008, les SSII sont contraintes de redescendre sur terre au moment de présenter leurs résultats pour le quatrième et dernier trimestre. Un atterrissage plus ou moins doux en fonction de la force du ralentissement mais, surtout, inquiétant pour 2009, alors même que les coupes budgétaires sur les projet IT pourraient s’annoncer drastiques.

Avis de période difficile pour les sociétés de service de taille moyenne en 2009. Les premiers résultats concernant le dernier trimestre 2008 viennent de tomber et consacrent le tassement du niveau d’activité que tout le monde craignait. Si les situations sont à relativiser au regard des spécificités de marché de chacune des SSII, la tendance générale est tout de même au gros coup de frein. D’autant qu’alors que la crise semblait monter tout au long de l’exercice 2008, les sociétés de services ont longtemps paru totalement épargnées, enregistrant même un solide premier semestre. Ce temps heureux semble désormais révolu et toutes doivent désormais se préparer à une année difficile qui verra très certainement les entreprises revoir  à la baisse leurs investissements informatiques.

Une croissance atone pour les SSII de rang moyen

Parmi les sociétés qui semblent enregistrer le plus de difficultés, on trouve Sodifrance, Osiatis et la société spécialisée dans les bases de données Infotel.
Sodifrance voit même son chiffre d’affaires reculer de 2,2% au 4ème trimestre à 17,48 millions d’euros. Explication de la direction : « Cette baisse d’activité du 4ème trimestre est liée à la dégradation brutale du contexte économique sur la fin de l’année et s’est traduite, d’une part, par un recours moindre aux prestations de services et d’autre part, par le report de projets significatifs ». La plupart des coupes budgétaires étant attendues pour le premier semestre 2009 du côté des entreprises utilisatrices, le risque est grand pour Sodifrance de voir la situation se détériorer franchement dans les mois qui viennent.

Sur le second semestre, la SSII, qui opère essentiellement en régie, a généré un CA de 33,382 millions d’euros, en très légère progression de 0,8%. Du coup, sur l’ensemble de l’exercice, la croissance se monte à 2,8% à périmètre constant pour un CA de 67,67 millions d’euros, essentiellement réalisé en France. Au 31 décembre, les effectifs de Sodifrance s’établissent à 839 collaborateurs, un chiffre stable par rapport au 31 décembre 2007.

Résultats annuels un peu meilleurs pour Infotel, spécialiste de la base de données, mais avec, là encore, un fort ralentissement enregistré sur le 4ème trimestre. Le déroulement de l’exercice est d’ailleurs symptomatique de l’entrée progressive du secteur dans la crise générale. Après avoir crû de 11,4% au premier trimestre, le CA a progressé de 8,5% au T2 puis de 5,8% au T3 avant de croître péniblement de 0,7% au T4 pour un CA de 23,2 millions d’euros sur ce dernier trimestre. Infotel finit donc son exercice avec un CA de 88,5 millions d’euros en hausse de 4,9%. Mais si les services – 90% de l’ensemble – progressent de 5,6%, la petite activité logiciels est en repli de 3,8%, à 5,8 millions d’euros sur l’année.

Du coup, la SSII se montre très prudente pour 2009, tout en réaffirmant sa confiance. Au niveau des services, l’analyse sectorielle du portefeuille de clientèle témoigne, selon la SSII « d’une exposition limitée au contexte économique actuel, en raison des besoins d’investissements récurrents des marchés sur lesquels le groupe est présent (Banque de détail, Assurance-Retraite, Services, Industrie et Transports) : à ce jour, Infotel possède une bonne visibilité sur les prochains mois avec un socle de revenus récurrents représentant plus de 80 % du chiffre d’affaires du pôle Services ». Reste qu’Infotel annonce la suspension de l’implantation au Luxembourg initiée en 2008 ainsi que la cession de sa participation dans Numéri+. Des « mesures de prudence visant à préserver l’efficacité opérationnelle du Groupe ».

Toute petite croissance également pour Osiatis qui a fini l’année avec un CA en hausse  de 0,3% au T4, pour un CA de 61,2 millions d’euros. Selon le groupe, « le ralentissement de la croissance est à relativiser dans un contexte qui s’est nettement tendu et après un bon 4ème trimestre 2007 ». Sur l’ensemble de l’exercice, le CA ne fait cependant que faiblement progresser – bien en dessous du marché – de 1,4% avec un CA de 239,5 millions d’euros. Et encore, l’activité est portée par l’international qui progresse de 6,2% à 30,8 millions d’euros. En termes de métiers, les services aux infrastructures (France et international) ont enregistré un chiffre d’affaires de 201,9 millions d’euros, en progression de 2,4%. L’ingénierie applicative (France) a enregistré un chiffre d’affaires de 37,7 millions d’euros, en repli de 3,4%, « compte tenu de la spécialisation effectuée dans les développements Nouvelles Technologies ».

Pour 2009, Osiatis se dit confiant, fort d’un « taux d’activité élevé en France au 4ème trimestre, des activités fortement récurrentes, un positionnement centré sur l’infogérance et un portefeuille d’opportunités toujours étoffé ».

Plus solide, Groupe Open voit cependant son taux d’occupation diminuer significativement

Pour Groupe Open – dont c’était le dernier exercice en tant que SSII moyenne - l’activité est revenue à un niveau normal au 4ème trimestre, en croissance organique de 4,2% pour un CA de 86,2 millions d’euros. Une progression en ligne avec les 1er et 2nd trimestres alors même que le troisième semblait inquiétant avec une très faible progression de 0,6%. Il faudra que la SSII poursuive sur cette voie car, en plus de la crise en fin d’exercice, 2008 restera surtout marqué par les opérations de croissance externe avec l’acquisition de Sylis et le rachat de la totalité du capital de Teamlog; opérations qui ont permis à Groupe Open d’intégrer le top 10 des SSII françaises, avec un chiffre d’affaires annuel total de 330 M€ et plus de 4 000 salariés. Demeure un point noir pour le proche avenir : « le 4ème trimestre 2008 a vu se confirmer la dégradation du contexte économique qui a entraîné une rationalisation des dépenses informatiques et un ralentissement du marché ». En conséquence, Groupe Open affiche une diminution significative de ses taux d’occupation. Le taux d’occupation à périmètre constant du 4ème trimestre s’élève à 87,7% (contre 90,6% au 4ème trimestre 2007) et à 88,3 % sur l’année (contre 90,3 % lors de l’exercice 2007).

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