Manifestation : les salariés IT mobilisés craignent des licenciements dans les SSII

Les informaticiens sont venus plus nombreux que d’habitude à la manifestation du 29 janvier. Les salaires demeurent une revendication pour les salariés notamment en SSII, mais la principale préoccupation en ce début d’année est devenue l’emploi. Informaticiens et ingénieurs ne se sentent pas à l’abri des licenciements tant la pression sur les sous-traitants semble se renforcer chaque jour.

p10http://beta.lemagit.fr/wp-content/uploads/2009/03/dt4szmmaeqolsbzpuphsf324qtjvnmgh.jpgForte mobilisation dans les rues de Paris hier après-midi à l’appel des principales centrales syndicales. Au total, selon les syndicats, plus de 250 000 salariés du public et du privé ont manifesté sur Paris, plus de deux millions dans toute la France. Du côté du ministère de l’Intérieur, on affirme qu’ils étaient deux fois moins. Et les SSII et sociétés de conseils n’étaient pas en reste en terme de mobilisation, alors que le secteur, traditionnellement atomisé, a souvent du mal à rassembler.

Au printemps déjà, les questions salariales avaient conduit sur le pavé des salariés de Capgemini, IBM ou EDS.

Mais le soufflet était rapidement retombé et les revendications, toujours fortes, ne s’étaient néanmoins pas exprimées à l’automne. Une crise plus tard et le spectre du chômage touchant le secteur se faisant chaque jour plus pressant, de nombreux salariés ont donc répondu à l’appel. Et ont manifesté pour le pouvoir d’achat. Entre Paris et la Province, ce sont plusieurs milliers d’informaticiens qui ont battu le pavé. Avec la crainte des mois à venir comme leitmotiv. Mais aussi la dénonciation des rémunérations des dirigeants, des rémunérations perçues comme injustes alors que recrutements et salaires sont gelés. Ecoutez, c'était hier, à Paris, dans le cortège entre Bastille et République :

Un délégué syndical CFE-CGC du site des Ulis de HP s'élève de son côté contre les conditions du rapprochement entre HP et EDS, en France : 

"Simple variable d'ajustement ?"

Pour Noël Lechat, secrétaire général de la fédération CGT des sociétés d’étude, « on sent que les réponses à la crise se mettre en place. Dans de nombreux secteurs, les entreprises réfléchissent à des plans de licenciements. Dans ce contexte, le prestataire est toujours le premier sacrifié. Du coup la question est posée : sommes nous des développeurs de valeur ou une simple variable d’ajustement ? ». Derrière les banderoles, de 300 à 400 salariés du secteur.

Plus loin, très forte mobilisation des salariés du Technocentre de Renault, avec également aux alentours de 400 personnes derrière les banderoles. En dépit de leur renvoi de la structure - 1 200 postes supprimés - il y a tout juste un mois, des prestataires sont également venus manifester, souvent pour dire leur écœurement devant la procédure mise en œuvre. Pierre Nicolas, l’un des secrétaires CGT du site R&D de Renault, raconte : « du jour au lendemain, tous les gens sont partis avec leurs documents et leur PC. Leur badge d’accès ont été désactivés ». Depuis, selon les salariés, le Technocentre montre de forts signes de dysfonctionnement même si tous les projets continuent officiellement. Selon Pierre Nicolas la stratégie de la direction est claire, « elle essaie de remplacer les prestataires en interne, notamment via des mutations forcées ou des plans de formation accélérés ».

4 000 à 5 000 emplois fragilisés

Un processus de réduction de coûts qui pourrait faire tâche d’huile. « C’est un peu la crainte du côté des salariés et c’est pour cela qu’ils se mobilisent », confirme Noël Lechat pour qui « certains prestataires sont en danger s’il y a contagion. On parle également d’arrêt de projets chez Arcelor, du type de celui subi chez Renault ». Du côté des prestataires, ce sont souvent les petits qui subissent le plus de pression. Pour Noël Lechat, « dans certaines sociétés les taux d’intercontrats sont déjà démentiels et si le niveau est le même dans trois mois, il y aura des licenciements en volume. Nous estimons qu’aujourd’hui, entre 4 000 et 5 000 emplois sont fragilisés, notamment dans des petites structures mono-clients dans le secteur automobile ».

Une crainte que la CGT n’est pas la seule à évoquer au grand jour. Récemment le Geicet, un syndicat patronal regroupant des sociétés de conseils en technologie, a publié une alerte estimant que, dans le secteur, si rien n’est fait, au moins 3 000 emplois sont très directement menacés de disparition.

Noël Lechat explique qu’un processus de discussion autour de la conjoncture est déjà à l’œuvre dans la branche. Syndicats et patrons se sont rencontrés une première fois et devraient se revoir pour envisager des solutions. Selon le responsable syndical, « le risque, c’est vraiment que la situation perdure dans le secteur dans la mesure où le processus de désengagement des donneurs d’ordres est larvé. On commence à parler de deux à trois ans de creux ».

A voir : les photos de la manifestation.

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