Nathalie Kosciusko-Morizet veut du temps pour étudier les dossiers

NKM, la surprise du mini-remaniement opéré par le gouvernement, fait feu de tous bois sur les médias depuis l’annonce de sa nomination. En point d’orgue, les interrogations sur le risque de collusion avec les activités de son frère – patron de PriceMinister – et son point de vue sur le développement du numérique. NKM demande du temps pour étudier sérieusement les principaux dossiers… et parle surtout de prospective économique.

nathaliemorizet inter 160109Invitée du Soir 3 hier, alors que sa nomination au poste de secrétaire d’Etat à la Prospective et au Développement de l'économie numérique avait été annoncée plus tôt dans la journée, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) a estimé qu’il s’agissait pour elle « d’une promotion et d’une chance après avoir boucler un cycle ». Las pour ceux qui l’attendent sur les dossiers du numérique, elle a surtout insisté sur l’aspect « prospective » de son nouveau poste, estimant que cela lui permettrait de rester en contact avec sa thématique favorite, l’écologie.

Autre motif de satisfaction : sa prise d’indépendance puisqu’elle n’aura plus de ministre de tutelle, mais un rattachement direct au Premier ministre. Un choix gouvernemental qui semble donc plus dicté par la volonté de séparer un couple (NKM/Borloo) qui s’avérait infernal à gérer. Surtout, François Fillon a admis que le choix avait été fait très tard et sous la pression de Philippe de Villiers, très mécontent d’avoir vu l’un de ses poulains – Bruno Retailleau – approché pour le poste…

« Aucun risque de conflit d’intérêts »

A propos de la polémique naissante sur les risques de conflit d’intérêts du fait de la position de son frère Pierre – patron très médiatique du cybermarchand PriceMinister et président de l'Association française pour le commerce et les services en ligne (Acsel) -, NKM écarte tout risque : « ma famille travaille et puis voilà. Je ne suis pas actionnaire de mon frère et je ne le serai jamais ».

Plus tôt dans la journée, Pierre Kosciusko-Morizet s’était lui même exprimé sur le sujet dans un entretien accordé au site lepost.fr. Selon lui « il n'y a pas de conflit d'intérêts car ce n'est pas ma soeur qui gère des sites de vente en ligne (…) Toutefois, il est vrai que cela peut engendrer des situations cocasses et curieuses à gérer. Le problème, c'est que même s'il n'y a pas de conflit d'intérêts, des gens vont le penser... »

Dans un article publié hier sur Lemonde.fr, Françoise Fressoz, chef du service France du quotidien de référence, estimait que NKM devrait s’interdire « de passer des commandes publiques, sinon, cela risque de poser des problèmes », eu égard au poste de président de l'Acsel qu’occupe son frère.

« L’économie numérique, c’est trois choses »

Sur France Inter ce matin, NKM est revenue plus en détails sur son nouveau portefeuille. Interrogée par Nicolas Demorand, elle a eu le mérite de ne pas se prendre les pieds dans le tapis (contrairement au pressenti Frédéric Lefebvre il y a quelques semaines) et de présenter un discours simple, mais structuré. Selon NKM « l’économie numérique, c’est trois choses. D’abord la technique : le développement des réseaux, le haut débit, la TV numérique, la fibre optique. Ensuite de l’économie : comment fait-on pour tirer le meilleur parti de ces activités. Car le numérique, ce sont aussi des gains de compétitivité et, à l’heure du plan de relance, c’est bien utile. Enfin, il y a une dimension sociétale : qu’est-ce que ça change dans nos sociétés et comment devons-nous accompagner le mouvement pour le rendre plus convivial ».

Appelée à rebondir sur les actualités chaudes du secteur, elle a répondu ne pas « vouloir rentrer dans les questions de fond ce matin. J’aime faire les choses de manière très sérieuse ». Les prochaines semaines de la secrétaire d’Etat semblent donc devoir être consacrées à l’étude des dossiers.

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