La neutralité du Net échauffe encore les esprits aux Etats-Unis

Un article du Wall Street Journal met le feu aux poudres. Selon le quotidien, Google tournerait le dos à la neutralité du Net en rapprochant ses serveurs des principaux cablo-opérateurs américains. Le n°1 de la recherche parle de son côté de confusion et d'incompréhension. Il s'agirait seulement de serveurs de proximité qui ne sont quant à eux pas contraires aux principes d'équité.

Un frisson passe dans l'Internet américain. Un article du Wall Street Journal, citant des sources anonymes, révèle que Google aurait approché les principaux opérateurs du câble et de téléphonie mobile aux Etats-Unis dans le but de faciliter l'accès à son contenu. Une opération vécue dès sa révélation comme une trahison par certains des  défenseurs du sacro-saint principe de la Neutralité du Net. Car en se rapprochant physiquement des infrastructures des opérateurs, et en « cachant son contenu », Google romprait l'équité d'accès au réseau chez les fournisseurs de contenu outre atlantique.

Le problème est que Google est connu pour être l'un des défenseurs le plus puissant de ce principe d'équipé. On se rappelle qu'en 2005, Vinton Cerf (l'un des pères de TCP/IP), évangéliste et vice président chez Google, avait adressé une lettre à deux membres du Congrès pour soutenir haut et fort -et la main sur le coeur - ce principe.

Google réplique au Wall Street Journal

Piqué au vif par l'article du Wall Street Journal, Google a donc rétorqué par voie de blog pour expliquer sa démarche et son engagement à préserver la neutralité du Net. Selon lui, ses négociations avec les grands FAI n'ont rient à voir avec la neutralité du net.  Google ne ferait que répliquer le modèle d'un Akamai ou d'un Amazon en positionnant des serveurs de cache colocalisés dans l'infrastructure des  FAI. Il s'agirait en fait de constituer un réseau de caches propriétaires. Et Google de rappeler que ce système n'est pa nouveau et qu'il n'a rien à voir avec le débat sur la Neutralité du Net.

En ce sens, le moteur de recherche n'a pas fondamentalement tord. Ce que l'on a appelé la neutralité du net, consiste à s'assurer qu'un FAI, en position de force vis à vis de ses abonnés, ne profite de cette position pour privilégier le transport du contenu de certains fournisseurs plutôt que d'autres. Il s'agit par exemple d'éviter qu'un Free ou un Orange, ne décide de ralentir le trafic d'un Yahoo, d'un Google ou d'un DailyMotion pour privilégier celui d'un MSN ou d'un Canal+ parce qu'il a noué un accord privilégié avec lui.

Un enjeu politique aux Etats-Unis

Ce débat sur l'accès à plusieurs vitesses à Internet est un véritable serpent de mer aux Etats-Unis. A tel point que pendant les élections, les candidats à la Maison Blanche ont dû s'engager sur la question. Barak Obama, l'actuel président, avait placé Internet au coeur de son discours politique, prenant parti en faveur d'un accès Internet égal pour tous.

Il faut préciser qu'à la clé, c'est le partage des couts qui est en jeu. Les opérateurs estimant que les couts élevés d'infrastructure et de sa maintenance doivent être partagés avec les utilisateurs (au sens fournisseurs de contenus) de ce même réseau. Selon les opérateurs, les coûts de transport vont grandissants, poussés par la consommation de bande passante en croissance vertigineuse du fait notamment de l'usage de la vidéo en streaming. Reste que lorsqu'on s'y intéresse de plus près, Les marges des opérateurs sur le transport restent confortables

Notons pour terminer que le débat fait également son chemin en Europe. La question a par exemple été abordée lors du DigiWorld Summit, organisé à Montpellier par l'Idate (Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe) en novembre dernier. En ligne de mire, la question délicate de la définition d'un nouveau modèle économique pour la facturation des interconnexions IP.  La problématique reste bien la même.

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