Sondage : Thierry Breton vu comme le vendeur d'Atos

Pour nos lecteurs, l'arrivée de l'ex ministre de l'Economie à la tête d'Atos-Origin va se solder par une vente de la SSII. Reste que les conditions actuelles sur les marchés financiers ne plaident pas pour une opération de ce type dans les mois qui viennent.

bretonPour nos lecteurs, le mandat de Thierry Breton, qui a pris la tête d'Atos-Origin mi-novembre, en remplacement de Philippe Germond, ne fait guère de doutes. Pour près de 75 % d'entre eux, le nouveau président du directoire est là essentiellement pour trouver un acheteur. Ils ne sont qu'un peu moins de 18 % à rester circonspects en estimant qu'il est trop tôt pour juger de l'avenir de la seconde SSII hexagonale. Il est vrai que, pour l'instant, Thierry Breton n'a fait aucune déclaration quant à la direction qu'il entend donner à l'entreprise qu'il a prise en charge depuis la mi-novembre. Pire : seuls 7,6 % des 237 votants à notre sondage en ligne pensent que l'arrivée du nouveau patron ne se soldera pas par une vente, qu'il s'agisse d'une cession en bloc ou par appartements. Et ce, même si le communiqué émis par la société le jour de la nomination de Thierry Breton semblait donner à ce dernier une feuille de route dans la continuité de celle de son prédécesseur ("accélérer la mise en œuvre du plan de transformation, le repositionnement sur les métiers clés du groupe et le renforcement de ses positions commerciales").

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Si le nouveau président du directoire est soupçonné d'avoir pour mandat de vendre au mieux les activités d'Atos-Origin, c'est que l'instabilité du capital de la SSII incite à la circonspection. Rappelons que la direction de la société, emmenée à l'époque par Philippe Germond, s'est accrochée violemment avec les fonds d'investissement Centaurus et Pardus, qui contrôlaient 23 % du capital. Deux fonds qui réclamaient une restructuration drastique de la SSII ou sa vente par appartements. Dès l'automne 2007, les relations entre les fonds et la direction du groupe devenaient franchement tendues. Une hostilité qui culminera lors de l'assemblée générale du 22 mai, ajournée dans des conditions rocambolesques par le directoire. A la tribune, Centaurus et Pardus hurlent leur colère et dénoncent une mascarade.

Une bataille qui a laissé des traces

En juin dernier, l'affaire a semblé se tasser avec un accord trouvé entre les fonds et la direction, puis avec l'entrée au capital du fonds français PAI Partners. Ce dernier est désormais le premier actionnaire du groupe. Le récent - et brutal - départ de Philippe Germond montre que la bataille farouche que se sont livrée les deux camps a laissé des séquelles. Aujourd'hui, le conseil de surveillance a d'ailleurs gelé l'indemnité de départ de l'ex-patron (3,9 millions d'euros).

Reste que, malgré ce contexte trouble, les conditions de marché actuelles ne plaident guère pour une vente rapide. La société n'étant valorisée, comme les autres SSII, qu'au niveau de son chiffre d'affaires sur... un trimestre. Si le cours se redressait, par contre, le profil d'Atos-Origin pourrait sans doute intéresser des sociétés comme T-Systems.

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