Syntec : la der de Jean Mounet, ses deux successeurs au coude à coude

Après 7 ans, Jean Mounet quitte la présidence de Syntec Informatique, sur un bilan largement positif. L'organisation professionnelle vit aujourd'hui au rythme de la campagne électorale des deux prétendants à la succession. Verdict : mercredi prochain.

mounetDernière AG, dernier discours en tant que président de Syntec Informatique pour Jean Mounet (ci-contre), par ailleurs vice-président de Sopra Group (poste qu'il conserve). Hier, lors de la traditionnelle assemblée générale du syndicat professionnel des SSII et éditeurs, celui qui porte la voix du secteur depuis 2003 a tiré un bilan du redressement en cours de l'activité : "on est entré dans une période de stabilisation. Nous confirmons nos prévisions d'évolution du secteur pour 2010". Soit une année de transition, quasiment étale, avant un rebond attendu en 2011. Une période finalement idéale pour passer la main à son successeur. Un poste pour lequel deux candidats sont en lice : Guy Mamou Mani (co-président de Groupe Open) et Thierry Siouffi (DG de Logica France).

Bien présent dans le débat public

C'est donc un septennat de présidence de Jean Mounet qui se referme pour Syntec Informatique. Un bail qui restera marqué par le poids croissant de l'organisation professionnelle auprès des pouvoirs publics. Syntec Informatique a ainsi pesé sur les débats autour du Crédit Impôt Recherche, autour du plan France Numérique 2012, autour de la création d'un secrétariat d'Etat à l'Economie numérique ou encore autour du poids du numérique dans le Grand Emprunt. Jean Mounet n'hésitant pas, à l'occasion, à aiguillonner le gouvernement actuel à coups de piques visant directement l'exécutif. Notamment quand ses positions n'étaient pas entendues (par exemple sur la conversion de la taxe professionnelle en taxe sur la valeur ajoutée).

Moins apparent mais sûrement au moins aussi important, le septennat Mounet restera également marqué par l'approfondissement des liens de Syntec Informatique avec le monde éducatif. Une façon de restaurer l'image déplorable que s'étaient forgé les SSII lors de l'éclatement de la bulle Internet à grands coups de licenciements abusifs. De facto, notons que la crise de 2009 ne s'est pas soldée par des débordements comparables.

Au passif de Syntec Informatique, époque Jean Mounet, restera surtout la scission du monde du logiciel français - pourtant déjà de peu de poids - avec la création de l'Afdel (Association française des éditeurs de logiciels), qui tente de faire entendre une autre voix pour l'économie numérique en France. Reste que le lobbying souvent redondant de ces deux organisations représentatives sème plutôt la confusion, alors que le secteur aurait besoin de s'unir.

Mamou Mani ou Siouffi ? Un scrutin incertain

Un point qui figure d'ailleurs au programme d'un des deux prétendants, Guy Mamou Mani, qui a choisi de rendre ses propositions publiques via un blog dédié à sa campagne. Dans son programme, il explique : "alors que les éditeurs représentent 30 % du marché, ils n’adhèrent pas suffisamment au Syntec Informatique. Ce secteur, comme celui du conseil en technologies, en a tiré les conséquences en termes de non représentativité, tant en nombre d'adhérents qu'au sein du Conseil d'Administration. Du coup, sont apparus de nouveaux acteurs (référence à l'Afdel donc, NDLR). Si chaque secteur d’activité de notre profession crée sa propre structure syndicale, c’est la profession dans son ensemble qui en sortira affaiblie". Et de promettre l'union. Son rival, Thierry Siouffi, n'a pas souhaité rendre public son programme.

Reste que la campagne pour l'élection du futur président est bel et bien animée, chaque candidat comptant hier soir - lors de l'assemblée générale - ses soutiens parmi les administrateurs de Syntec, qui voteront mercredi prochain. Selon les personnes croisées hier, l'élection reste incertaine, et dépend encore des positions des nouveaux administrateurs élus lors de cette assemblée générale (11 postes sur 29 ont été renouvelés). Interrogés par LeMagIT, aucun des deux candidats n'a voulu se plier au petit jeu des pronostics. 

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