Red Hat Cloud Access met Red Hat dans le nuage Amazon de façon contrôlée

Le numéro un mondial des distributions commerciales Linux vient d'annoncer le lancement du programme Red Hat Cloud Access et dans la foulée l'arrivée de sa distribution sur le nuage d'Amazon. Une bonne nouvelle assortie de multiples restrictions. Ainsi, nombre des avantages liés aux souscriptions "physiques" ne seront pas transférés dans le cloud et la mobilité des licences entre le cloud et le datacenter sera sévèrement limitée.

Fini de jouer. Après avoir longtemps proposé des bêtas de sa distribution Linux sur le cloud d'Amazon, EC2, Red Hat a annoncé cette semaine la disponibilité de sa distribution commerciale RHEL sous forme d'instance Amazon ainsi que Red Hat Cloud Access, un nouveau programme qui permet aux entreprises d'utiliser leurs souscriptions Red Hat Enterprise Linux dans le nuage d'Amazon.

Red Hat indique ainsi que les dernières versions de Red Hat Enterprise Linux seront désormais disponibles sur Amazon EC2 dès leur disponibilité commerciale, ce qui devrait éviter tout décalage entre version cloud et version "Entreprise". Amazon utilisant l'hyperviseur Xen comme fondement pour son architecture de nuage et Red Hat s'étant engagé à ce que son OS fonctionne comme un invité parfait sur les hyperviseurs Xen, cela parait cohérent. On peut même se demander pourquoi l'arrivée commerciale de Red Hat dans le cloud d'Amazon a pris tant de temps.

Le corollaire de l'annonce commune à Red Hat et Amazon est l'arrivée d'images RHEL spécifiquement conçues par Red Hat pour le Cloud d'amazon,notamment en matière de sécurité (d'ailleurs Red Hat ne supportera officiellement que ces images ainsi que les packages qu'il aura validé pour le cloud). Enfin, Red Hat indique que les dernières mises à jour de Red Hat Enterprise Linux, avec bulletins de sécurité et fonctions améliorées, seront disponibles sur Amazon Web Services.

Des exigences très particulières

Comme le diable gît dans les détails, n'importe qui ne pourra pas déployer Red Hat sur EC2. Pudiquement, Scott Crenshaw, le patron de la division cloud de Red Hat explique que « cette offre de Red Hat avec logiciels, souscription et services de support d’entreprise repose sur un business model spécialement conçu pour le cloud computing ». Et ironiquement, ce modèle exclut les TPE et bon nombre de PME de taille modeste. 

Ainsi il faut disposer d'un minimum de 25 souscriptions Red Hat et il n'est pas question de se satisfaire d'un abonnement "basic". Quand Red Hat parle de 25 souscriptions, il faut que ces dernières soient de classe standard ou Premium sur RHEL ou RHEL Advanced Platform et que ces "licences" aient été souscrites en direct auprès de Red Hat. Ce qui semble impliquer que les licences obtenues au travers d'un constructeur ou d'un partenaire opérant une partie du support ne pourront être portées sur le nuage - en fait Red Hat exige de contrôler en direct le support du niveau 1 au niveau 3). Si cela est le cas, les restrictions rappeleraient étrangement celles mise en place par Microsoft entre les versions "complètes" de Windows et les versions "OEM".

Une mobilité réduite

Et cela ne s'arrête pas là. Pour ceux qui rêvaient de mobilité de leurs instances Red Hat entre un cloud privé interne et le cloud public d'Amazon, il vaut mieux laisser tomber tout de suite. Red Hat devra ainsi être informé du nombre d'instances basculées dans le nuage et une fois dans le nuage, ces instances devront y rester pour au moins six mois. Et il y a pire : alors qu'une souscription RHEL Premium donne par exemple le droit d'opérer 4 machines virtuelles Red Hat dans son propre datacenter, la même souscription ne peut être utilisée que pour une instance EC2 (autant dire qu'il fait s'assoir sur les droits illimités de RHEL Advanced Platform).

"Les droits à la virtualisation inclus avec Red Hat Enterprise Linux Server et Red Hat Enterprise Linux Advanced Platform ne sont pas transférables dans le nuage" explique ainsi le site de Red Hat. L'éditeur n'a ainsi prévu aucune équivalence avec le monde réel alors qu'on aurait pu imaginer une correspondance entre les droits à la virtualisation  habituels et un certain nombre d'instances virtuelles dans le nuage Amazon, selon leur configuration CPU ou mémoire. Bref, Red Hat vient de créer une nouvelle classe d'abonnements pour le cloud et la mauvaise nouvelle est sans doute que ces nouveaux abonnements seront en pratique plus coûteux que leurs équivalents pour les datacenters virtualisés internes.

En savoir plus :

Le site présentant Red Hat Cloud Access

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