GFI perd près de 60 M€ en 2009 et quitte l'Italie

GFI termine 2009 sur une lourde perte, largement due aux conséquences financières de son retrait d'Italie, où la SSII vient de céder sa filiale lourdement déficitaire. Mais, même ainsi reconfiguré, GFI a encore du chemin à parcourir avant de revenir dans le bon wagon des SSII hexagonales.

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Mise à jour le 19/03 à 10h

Après avoir vendu les activités en Allemagne à la SSII belge Vision IT, le conseil d'administration de GFI a officialisé ce matin la cession de sa filiale transalpine (520 personnes), qui plombait lourdement les comptes, à "un industriel italien". "Enfin, GFI se désengage de ce foyer de perte, même si la SSII a du recapitaliser la structure avant de la céder", commente Brice Thébaud, analyste chez Aurel BGC spécialiste du marché des logiciels et services.

Retraité des activités cédées, le chiffre d'affaires de la SSII française tombe en 2009 à 663,6 M€. Rappelons que, en intégrant les activités vendues, le chiffre d'affaires initialement publié par GFI atteignait 726,4 M€, soit une décroissance de 9 % sur un an. Débarrassé de ses deux filiales en fort recul (-53,7 % au dernier trimestre pour l'Italie, -18,6 % pour l'Allemagne sur la même période), la décroissance se limite à 6,7 %. Même ainsi reconfiguré, la groupe a vu sa marge reculer sur un an : à 4,5 %, celle-ci plonge de 2 points en un an. "A l’international, le groupe a décidé de se concentrer sur les marchés sur lesquels il pouvait renforcer rapidement les synergies avec la base française et gagner des parts de marchés", commente la SSII dans un communiqué.

Italie et Allemagne : 50 M€ de pertes

Ainsi redimensionné, GFI reste avant tout un acteur fortement centré sur la France, où il réalise plus de 70 % de son chiffre d'affaires. Dans l'Hexagone, sur l'année entière, la SSII a connu une décroissance de 5,5 %. Derrière ce poids lourd, GFI dispose d'implantations significatives en Espagne, au Portugal (en croissance organique en 2009) et au Canada, où la société alors dirigée par Jacques Tordjmann a procédé à plusieurs rachats d'éditeurs de logiciels (Accovia, Bell Solutions et Forstum).

Plombé par des restructurations (dont plus de 7 M€ en France) et par les pertes générées par la cession des filiales allemande et italienne (pour un total de plus 50 M€ de pertes sur l'activité, moins-values de cession et écarts d'acquisition, majoritairement en provenance d'Italie), la SSII termine 2009 largement dans le rouge. Sa perte atteint 57,8 M€. Sur les six premiers mois de 2009, GFI avait limité le trou à 11 M€. L'endettement net s'est légèrement accru, à 95,1 M€, tandis que les capitaux propres se sont allégés de plus de quelque 65 M€.

Un rôle dans la consolidation, mais lequel ?

Dans un communiqué, Vincent Rouaix, le Pdg, explique s'inscrire dans le plan de réorientation stratégique qu'il a présenté en juillet dernier : "l’organisation sectorielle et le renforcement managérial sont aujourd’hui effectués avec des premiers résultats commerciaux concrets. Dans un contexte économique qui reste difficile, le groupe poursuivra l’application de son plan en vue d’améliorer ses marges et de jouer un rôle actif dans la consolidation de son marché". Un rôle actif qui pourrait toutefois bien être celui de la proie. "Même si le niveau de dette de GFI - 60 % des capitaux propres - n'en fait pas une proie très alléchante", note Brice Thébaud.

Pour 2010, GFI se limite à promettre une amélioration de sa profitabilité - sans préciser toutefois si la société repassera dans le vert - et la poursuite de son désendettement. Avec la volonté de continuer à pousser ses billes dans le logiciel où les marges sont plus confortables (12 % au Canada où GFI a regroupé plusieurs éditeurs locaux).

Signalons que, comme Atos-Origin avant elle, la société prévoit regrouper ses 7 implantations franciliennes sur un site unique, à Saint-Ouen. Le déménagement est programmé pour l'été 2010.

En complément :

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