Investissements en logiciels et services : une reprise très poussive en 2010

Avec des dépenses estimées à un peu plus de 625 milliards de dollars en logiciels et services pour 2010, les investissements des entreprises ne reprendront que poussivement. Pas de quoi revenir au niveau de 2008 et surtout avec une disparité selon les secteurs. Le secteur public tire cette faible croissance tandis que la banque et l’assurance se remettent doucement et que l’industrie et la distribution voient leurs dépenses de nouveau reculer.

La reprise des investissements des entreprises en logiciels et services IT n’est pas encore là. Son existence même serait largement sujette à caution si l'on se fie aux derniers chiffres publiés par Pierre Audouin Conseils pour le compte de l’année 2010 qui débute. Le cabinet d’étude explique en effet être très prudent dans ces prévisions « car des risques importants demeurent, notamment liés au chômage, au manque de disponibilité des crédits et aux faillites qui en résultent. » Dans tous les cas, pour Christophe Châlons, analyste en chef de PAC basé à Munich et qui a dirigé l’étude, « même si les volumes devraient se redresser au cours de l'année, les prix et les coûts moyens seront plus faibles qu'en 2009 et limiteront la reprise du marché ». Pour les analystes de PAC, le début de la reprise est attendu courant 2010, plus ou moins tôt selon les pays et également selon les secteurs, et ne devrait pas excéder 1% de croissance par rapport à 2009, à un peu plus de 625 milliards d’euros.

Encore en crise, le secteur industriel s’oriente toujours plus vers l’externalisation

Christophe Châlons estime que « le secteur le plus fortement impacté par l'actuelle crise économique à travers le monde est l'industrie, en particulier l'automobile, l'ingénierie mécanique, la chimie et la métallurgie, tandis que l'industrie pharmaceutique, l'agro-alimentaire, l'aéronautique et la défense ont mieux résisté ». Conséquence : pour les entreprises industrielles, la priorité en 2010 restera de faire des économies à court terme, en consolidant et en standardisant à la fois les actifs et les contrats, en particulier les contrats d'externalisation. Au final, les investissements de l’industrie en logiciels et services devrait encore reculer de 1% en valeur en 2010 – à 140,31 milliards de dollars - après une forte chute (-6,4%) en 2009.
Autre secteur qui ne devrait pas sortir la tête de l’eau de sitôt, celui de la distribution. Là aussi, l’année 2010 devrait voir un recul des investissements (-1,9%) après une chute de 5,6% en 2009. Le marché des logiciels et services devrait y représenter un petit 41 milliards d’euros. la faute au hard discount selon PAC qui estime que ses tenants « sont connus pour être très économes et les acheteurs les plus durs ». Seul rayon de soleil : des opportunités d’affaires pour les éditeurs d’outils décisionnels.

Le secteur bancaire se remet bien…

A l’origine de la crise mais ayant plutôt bien résisté en termes de chute des investissements IT, le secteur bancaire devrait voir ses achats de logiciels et services reprendre un peu (+1,2%) pour atteindre 101,5 milliards d’euros. Pas de quoi rattraper le niveau de 2008 (104,1 milliards d’euros) mais une tendance positive qui devrait cependant, selon Rajeena Brar, consultante chez PAC à Londres, « être très différente suivant les pays, dépendant du niveau d'aide gouvernementale et de la structure du secteur comme l'importance de la banque d'investissement, des banques privées et des banques à capitaux publics ». Nouvelle gouvernance et régulation oblige, le plus gros des investissements en logiciels ira à la mise en conformité réglementaire.

Dans l'assurance, la situation devrait également s’améliorer, les primes des assureurs étant restées assez stables. « Les investissements en 2010 devraient porter sur l'intégration du multicanal, le CRM, les interfaces Web et la modernisation de l'existant, » affirme Eike Bieber, consultante pour PAC à Munich.

Un secteur public toujours porteur et où l’externalisation gagne du terrain

Comme d’habitude en période de crise, le secteur public s’est finalement avéré le plus résistant, grâce aux programmes d'investissement gouvernementaux qui ont soutenu la demande. Du coup, en 2009, les achats en logiciels et services ont progressé de 2,9% et devraient remettre ça en 2010 (+3,3% attendu par PAC) à 148,18 milliards d’euros.

Un bémol pour le long terme cependant : « les municipalités et les collectivités locales doivent faire face à une baisse des recettes fiscales et la plupart des pays ont vu leurs niveaux d'endettement devenir un lourd fardeau pour les années à venir, » selon Arnold Aumasson, consultant senior chez PAC à Paris. Du coup, ce dernier anticipe un ralentissement progressif de la croissance des investissements. Pour 2011, « l'implémentation de nouveaux standards comptables, des réglementations comme la directive service européenne et des projets de services gouvernementaux en ligne » sont cependant attendus selon Martin Barnreiter, Consultant Senior à PAC Munich.

A noter l’existence d’une exception culturelle concernant l’externalisation IT dans le secteur public : certains pays sont très en avance comme le Royaume-Uni ou l'Australie; et des pays sont très en retard comme la France, l'Europe Centrale ou la Chine. Pour combien de temps encore concernant l’Hexagone ?

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