Méthodes agiles : les entreprises avancent encore avec prudence

Dans son dernier rapport, VersionOne révèle que les méthodes agiles, si elles gagnent en popularité, ont du mal à percer en entreprise, freinées par la traditionnelle résistance au changement, et par la persistance du cycle en V. Pour la plupart, elles restent aujourd’hui encore cantonnées à de petits projets.

Agiles oui, mais avec utilisées avec parcimonie. Les résultats du dernier baromètre VersionOne sur les méthodes agiles (State of Agile Survey 2009) - Version One est un éditeur américain d’outils de gestion de projet reposant sur les principe d’agilité, NDLR - révèlent que l’agilité, si elle gagne en popularité, n’entre dans les entreprises que par la petite porte.

Si en effet, l’agilité prend peu à peu du galon comme le laissait entendre Forrester dans une de ces études, il apparaît toutefois que c’est avec prudence que les entreprises s’y risquent. L’étude VersionOne (2 570 répondants de 88 pays interrogés entre juillet et novembre 2009) rapporte que la plupart des entreprises ayant adopté l'agilité l'ont intégré dans un nombre réduit de projets en interne. 26% d’entre elles déclarent utiliser les méthodes agiles dans au maximum 2 projets, 33% dans entre 2 et 5. Ce taux chute à 22% lorsque l’agilité est exploitée au sein de 5 à 10 projets. Et seulement 19% entre 10 et 170 projets. En bref, on s’y risque mais doucement.

Pour mémoire, l'agilité, dont les principes sont édictés par le "Manifeste Agile", correspond à un mode de gestion de projet qui découpe les cycles de développement en de courtes itérations qui débouchent sur un livrable. Parmi les avantages de l'agilité, l'accélération des temps de développements est souvent citée.

Scrum reste la méthode agile la plus utilisée

Côté méthodes, Scrum reste la méthode la plus utilisées par les entreprises, avec près de 50% des répondants déclarant se conformer à ses principes. Pour 24% des utilisateurs interrogés, une variante qui mêle Scrum à XP a été préférée. Seulement 6 % affirment utiliser XP (Extreme Programming), tandis que 5% déclarent mettre en oeuvre une solution hybride, sans préciser laquelle. 3% disent appliquer les principes du Lean Management et enfin 13% affirment tout simplement ne pas savoir.

Autre donnée intéressante, la résistance au changement demeure le frein n°1 à l’adoption des méthodes agiles en entreprise ainsi que l'absence d'un planning vissé à l’avance - l'un des points clés du modèle de gestion de projet en cascade. Troisième argument avancé contre les méthodes agiles, la perte de contrôle dans la gestion du projet, puis en 4ème position, le manque de prévisiblité. Cinquième argument enfin, le manque de documentation. Parmi les autres freins mentionnés dans l’étude, on note également l’absence de formation des équipes. Ce point est également considéré comme le critère n°1 des échecs de projets à base de méthodes agiles, devant le manque de planning prédéfini.

Une conclusion d’autant plus étonnante que, selon une autre étude VersionOne (Agile Salary Survey 2009), les entreprises, surtout aux Etats-Unis et au Canada, seraient en demande de profils ayant une expérience lié à l’agilité dans le développement. Elles seraient même prêtes à rémunérer davantage pour acquérir cette compétence en interne. "Bien que la communauté agile demeure une jeune communauté de professionnels (la majorité ont 39 ans ou moins), il s’agit d’un groupe très expérimenté dont la vaste majorité (70%) a 5 ans ou plus d’expérience", explique VersionOne qui s’est associé à un organisme de formation pour réaliser cette première étude sur la valeur des méthodes agiles.  Avoir un CV agile est donc plutôt valorisant pour un ingénieur.


Lire également notre dossier “Méthodes agiles : le renouveau des relations client / fournisseur dans l'ingénierie”.

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