Oubliées à Kyoto, les TIC veulent profiter des mesures de Copenhague

Les géants du secteur des TIC espère bien profiter du sommet de l’ONU à Copenhague pour s'immiscer dans le mécanisme de financement de crédit-carbone mis en place par le protocole de Kyoto. En "corrigeant" le protocole de Kyoto, ils espèrent non seulement financer leurs projets de réduction des dépenses énergétiques, mais également spéculer sur les crédits-carbones.

Copenhague : la face B. Si le Sommet de l’ONU à Copenhague qui s’ouvre aujourd’hui s’est fixé pour mission de doter les pays de politiques écologiques, l’industrie de l’IT veut elle aussi pousser ses pièces sur l’échiquier vert qui se dessinera lors des 12 jours de la réunion. Les géants de l'IT et des Technologies ne se voient pas pas seulement en tant que “signataires”, qui s’engageraient, comme les différents pays, à réduire leur émission de Co2. Mais bien en tant que moyen privilégié de réduction des émanations de CO2. Objectif : faire ce qui n’a pas été réalisé avec le protocole de Kyoto, entré en vigueur en 2005 (et ouvert à la ratification dès 1998) : placer les TIC dans le mécanisme de développement propre, aux côtés des énergies renouvelables et autres leviers dont l’objectif est de rcontribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le Mécanisme de développement propre (Clean Development Mechanism - CDM) est un dispositif de marché qui permet aux pays dits développés d'obtenir des crédits carbone en provenance de pays moins développés. “Les pays industrialisés payent pour des projets qui réduisent ou évitent des émissions dans des nations moins riches -- et sont récompensés de crédits pouvant être utilisés pour atteindre leurs propres objectifs d’émissions. Les pays récipiendaires bénéficient d’injections “gratuites” de technologies avancées qui permettent à leurs usines ou leurs installations générant de l’électricité d’opérer de manière plus efficiente -- et de ce fait à bas coût et avec des profits élevés”, explique le portail de la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique). Et d’ajouter plus loin : “Les pays qui acquièrent les crédits peuvent les utiliser pour respecter leurs objectifs d’émissions, les ”épargner" pour un futur usage ou, les vendre à d’autres pays industrialisés dans le système du commerce d’émissions du Protocole. Les compagnies privées s’intéressent au mécanisme car il leur permet de réaliser des profits substantiels.

S'inclure dans les textes de négociation

Dès lors, il n'est pas étonnant que le lobby IT s’organise depuis plusieurs mois pour tenter de faire inclure le domaine des nouvelles technologies dans les textes , qui serviront de base aux négociations du Sommet. D’autant que depuis 2005 - date de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto -, ce même lobby a martelé les avantages du concept de GreenIT - et ces perspectives en matière de croissance.

L'un des fers de lance du lobby de la High-tech est l’UIT (Union Internationales des Télécommunications), l'agence des Nations Unions,  qui a la charge de la réglementation des télécommunications dans le monde. “Une référence précise au secteur des TIC [dans les textes de négociations, NDLR], ainsi que l'adoption de méthodes convenues d'un commun accord pour mesurer l'empreinte carbone des équipements TIC et leur intégration dans les projets nationaux d'adaptation/de réduction, inciteraient le secteur des TIC à investir dans les pays en développement, ce qui, dans un scénario favorable à tous, contribuerait à la réduction de la fracture numérique et, en même temps, à la lutte contre les changements climatiques”, explique l’institut dans un communiqué de presse daté du 4 décembre.

Et les initiatives chez les acteurs IT se multiplient. CA, tenant la promesse fait lors du dernier CA World, vient par exemple  d'annoncer la sortie prochaine d'une suite “d’éco-logiciels” dont le but est d’aider à mesurer la consommation électrique (parmi d’autres ressources) et de pouvoir ensuite y appliquer des politiques de gouvernance. Comment également ne pas citer la bataille qui se joue autour de la grille électrique intelligente (SmartGrid), un concept poussé par les géants du secteur IT comme Cisco et IBM, comme par les grands de l'électricité tels que Schneider ou Siemens. En France, l’industrie du Machine To Machine, poussée par le segment des objets communicants, compte également jouer un rôle dans ces politiques massives de réduction énergétique. Autodesk, de son côté, propose  sa propre méthodologie de réduction de dépenses énergétiques.

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