L'édition logicielle française progresse, mais demeure fragile

La photo du secteur désormais présentée chaque année par Syntec Numérique est pour le moins contrastée. Si les éditeurs dans leur ensemble affirment bien se porter bien deux faiblesses demeurent problématiques : l’écart entre quelques gros et de nombreux petits est très important ; le capital risque n’est pas assez présent, laissant le développement des sociétés tributaires d’un niveau de trésorerie souvent trop bas.

La publication de la seconde édition du Panorama des éditeurs français diligenté par Syntec Numérique et réalisé par Accenture a été tout d’abord été l’occasion pour Guy Mamou-Mani, président de la principale organisation patronale du secteur informatique en France, de revenir sur l’actualité politique récente. Dans une unité suffisamment rare pour être soulignée, l’Afdel, représentant les éditeurs de logiciels, le Syntec Numérique donc et le SNJV, Syndicat National du Jeu Vidéo, segment particulièrement vivace du secteur numérique français, se sont félicités la semaine passée ensemble de l’annonce, jeudi 20 septembre par le gouvernement, « du maintien des dispositifs en faveur des PME et en particulier du rétablissement du statut de la Jeune Entreprise Innovante (JEI) dans sa version antérieure à 2011 ». Guy Mamou-Mani a réitéré sa satisfaction de voir des idées portées par le Syntec reprisent par le nouvel exécutif et surtout de la confirmation de l’Etat de s’engager auprès des ETI, les entreprises de taille intermédiaire. 

Un secteur en expansion 

Les représentants du secteur ont le sentiment d’être entendus donc et se félicitent d’être soutenus d’autant qu’en dépit des incertitudes nées de la crise, le logiciel français affiche plutôt une bonne forme si l’on en croit la seconde édition du panorama. Le chiffre d’affaires global de l’activité édition des 408 éditeurs audités s’élève pour 2011 à 7,4 milliards d’euros contre 6,7 milliards en 2010 et 5,9 milliards en 2009. Une croissance sur un an de 12% qui tranche singulièrement avec les difficultés récurrentes rencontrées dans l’Hexagone sur ce point. Reste que la disparité au sein de l’édition logicielle demeure grande et la pyramide particulièrement fragile. Les grandes entreprises qui représentent moins d’un éditeur sur 20 ont généré plus des deux-tiers du chiffre d’affaires tandis que 70% du panel en représente moins. L'équilibre économique du secteur est donc plutôt fragile dans un contexte où les grands défis technologiques et économiques sont nombreux. 

Des disparités fortes 

Outre la taille des entreprises – très rarement critique à l’échelle de la concurrence internationale – il existe une grande disparité de situation fonction du segment de marché. De fait, si l’édition logicielle à la française brille surtout dans le secteur des jeux numériques, du commerce électronique et des fonctions autour de l’image. A l’inverse, le secteur de l’édition destinée aux professionnels semble avoir du mal à prendre de nouveaux virages comme en témoigne la faiblesse du Saas. Très en pointe aux Etats-Unis ou encore au Royaume-Uni la consommation par les entreprises de logiciels sous forme de services hébergés progresse doucement et ne représente aujourd’hui que 8% du chiffre d’affaires. Au-delà des quelques grands éditeurs français, l'absence de sociétés intermédiaires empêche de pouvoir sereinement envisager l'avenir. Les raisons à cette situation : seul 29 % du financement se fait en capital-risque et le niveau des cash flow n’est pas suffisant pour faciliter l'autofinancement, le modèle de développement majoritaire dans les entreprises françaises du numérique. 

Côté entreprises, des secteurs entiers sont pourtant prêts à investir encore dans le numérique comme en témoigne Maurice Lévy, Président du Directoire de Publicis, et qui estime que l'informatique et le logiciel  ne permettent plus seulement comme en 1966 à son arrivée chez Publicis (en tant que responsable de l'informatisation) de mettre un peu d'ordre dans la créativité et de gagner de l'argent par la gestion des coûts mais également de suivre le comportement des consommateurs, cœur du business pour un publicitaire. En témoigne l’OPA récemment lancée par Publicis sur le Neérlandais LBi – spécialiste de la communication numérique – ou encore l’investissement annoncé ce jour dans l’ad-exchange mobile Mo-Pub.   

Un solde d’effectif largement positif sur deux ans 

Autre paradoxe du secteur au regard de la situation nationale, le secteur de l’édition logicielle se veut créateur d’emploi. Alors même que les chiffres publiés régulièrement par Pôle Emploi montrent une stagnation à un niveau élevé du nombre de demandeurs d’emploi, les éditeurs du panel ont connu une croissance de 15% de leur effectif au cours des deux dernières années. Et près de 80% des éditeurs déclarent avoir l’intention de continuer à embaucher.

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