Altran se sépare d'A.D. Little, cédé à ses associés

Les consultants d'A.D. Little rachètent leur bateau ivre en utilisant des fonds prêtés par leur ancien propriétaire. Une belle stratégie, qui met un terme à dix ans de pertes pour Altran...

En avril dernier, LeMagIT se gaussait d'une étude d'Arthur D.Little sur la fibre optique et évoquait la possible cession du cabinet de conseil en stratégie par sa maison mère, le français Altran. C'est désormais chose faite, Altran ayant annoncé la cession d'A.D.Little à ses dirigeants (réunis au sein de 1886 partnership) pour environ 16 M€.

Le premier des cabinets de conseil en stratégie

Fondé en 1886, A.D. Little a été le premier cabinet de conseil mondial et a longtemps eu une image de premier de la classe. Problème, la société  a très mal vécu le passage du millénaire. Victime de la crise qui a suivi l'explosion de la première bulle Internet, le cabinet dépose son bilan et est vendu par appartement en 2002. A l'époque, A.D.Little affiche un chiffre d'affaires de près de 500 M$ et emploie près de 2000 personnes. Altran met alors la main sur les principales activités (conseil en management, gestion des risques et Cambridge Consultants) pour la modique somme de 56 M$.

Pour la petite histoire, Altran est alors en pleine euphorie avec un CA de près de 1,3 Md€ et près de 18000 salariés, une santé qui dissimule en fait un système de fausses factures à grande échelle, qui ne sera découvert qu'en 2004 et qui vaudra aux principaux dirigeants de la firme d'être mis en examen.

Un foyer de pertes

En mettant la main sur A.D. Little, Altran pense faire une bonne affaire et étendre ses activités au conseil en stratégie. Les 10 années qui vont suivre vont prouver le contraire.

Incapable de se redresser vraiment, A.D.Little connait une vraie descente aux enfers perdant près de 100 M€ sur la période. Pire, sa situation s'aggrave avec la crise financière. Le chiffre d’affaires du cabinet, qui atteignait 171,3 M€ en 2008, plonge à 106,6 M€ en 2009, avant de se reprendre légèrement en 2010 (113,3 M€). Aucune donnée n'est disponible pour 2011, mais il est vraisemblable qu'aucun miracle n'a eu lieu. Les conditions de la cession sont ainsi révélatrices de l'état d'A.D. Little, qui emploie près de 1000 salariés dans le monde. Si 1886 Partnership paie officielleent 16 M€ pour mettre la main sur la société, c'est en fait Altran qui avance les fonds, via un prêt de 15 M€ à la nouvelle structure.

L'opération devrait se traduire pour Altran par une charge nette d'impôts comprise entre 60 et 90 M€ dont 38,6 millions ont déjà été provisionnés au premier semestre.

Pour mémoire, toutes ces sociétés ont pour spécialité le conseil aux entreprises et leurs conseils sont pris au sérieux par des clients qui les paient souvent très cher. Terminons en rappelant qu'Altran est largement contrôlé par Apax Partners, qui a débarqué l'ex-PDG, Yves de Chaisemartin en juin, pour le remplacer par Philippe Salle. Cet ex-Accenture, ex-Mc Kinsey et ancien patron de Vedior France, puis de Geoservices, a pour feuille de route l'accélération de la croissance et l'amélioration de la performance financière du groupe. Une chose est au moins sûre, la cession d'A.D. Little devrait améliorer les marges, à défaut de participer à la croissance du groupe...

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