Ubuntu 11.4 débarque et veut faciliter les déploiements Cloud

Canonical libère Ubuntu 11.4 sur le marché des OS Linux et entend se tailler une place en tant que système pour le Cloud Computing. Avec l’intégration d’Eucalyptus et d’OpenStack, la distribution entend jouer le rôle de “facilitateur” des déploiements dans le nuage, face à Red Hat.

C’est aujourd’hui jeudi 28 avril que la version 11.4 d’Ubuntu débarque officiellement sur le marché des OS Linux pour desktops et serveurs. Une arrivée des plus remarquée, car cette mouture doit définitivement symboliser l’orientation Cloud de la distribution, grâce au support conjoint de deux briques technologiques : celui d’Eucalyptus, mais également celui du projet OpenStack (initié par Rackspace et la Nasa pour motoriser son propre Cloud). Objectif avoué de Canonical, son éditeur : devenir l’OS de référence du Cloud en misant sur des outils censés faciliter les déploiements dans le nuage.

Canonical rejoint OW2
Canonical a décidé de se rapprocher un peu plus du middleware Open Source et a annoncé rejoindre la consortium OW2 en tant que Corporate Member. Ce consortium vise à fédérer l’ensemble de la communauté Open Source du middleware et compte notamment parmi ses membres SpagoBI, Talend et Ingres. Cette collaboration a donné naissance à l’intégration dans Ubuntu 11.4 Server d’une pile J2EE entièrement certifiée par le consortium pour JoNas, le serveur d’application d’OW2, Oracle JDK et Postgres.
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Il faut dire que ce lancement s’effectue dans un contexte très propice à la distribution. Du côté des chiffres : selon le dernier rapport du Gartner, Linux a connu en 2010 la plus belle progression sur le segment des OS serveurs. Une preuve que les entreprises commencent à adhérer au principe des standards ouverts, mais surtout que l’OS est de plus en plus considéré comme une alternative de poids face aux autres Unix et OS propriétaires, note le Gartner. Même si pour l’heure, Red Hat, avec Red Hat Enterprise Linux, truste le segment avec 58,2% du marché mondial des OS serveurs Linux (+18% en un an).

Pas question dès lors de lâcher du lest sur ce marché, explique Canonical qui espère jouer les challenger de Red Hat sur ce segment. Et la bataille se jouera notamment sur le Cloud. “Si grâce à Eucalyptus, supporté depuis 2 ans par Ubuntu Server, Canonical permettait le déploiement de petits Clouds privés en entreprise, commente Nicolas Barcet - Cloud Solution Lead chez Canonical - avec la version Cactus d’OpenStack, on adresse les problématiques de déploiements Cloud à grande échelle. [...] Avec Eucalyptus [qui utilise les API d’Amazon, NDLR], l'un des objectifs était d’attirer une clientèle de développeurs et de rendre plus accessible les déploiements sur le Cloud. Avec Cactus, on élargit notre cible et on adresse les environnements beaucoup plus complexes”, où criticité et scalabilité sont de rigueur, notamment. Même si finalement, dans cette version, Cactus n’est livrée qu’en pré-version technologique. Canonical indique se réserver encore le temps de choisir entre les deux technologies, en fonction des usages des utilisateurs, confirme Nicolas Barcet.

“Red Hat est bien présent dans les datacenters, on ne va pas gagner de parts de marché à jouer la même partition, souligne-t-il. On s’est alors penché sur les nouveaux usages.” Et visiblement, c’est donc le rôle de facilitateur de déploiement Cloud qu’Ubuntu espère jouer face à Red Hat. “On ne voit pas fonctionner Red Hat dans le Cloud, lance-t-il. Chez Amazon [Amazon Web Services, NDLR] , par exemple, les images Ubuntu sont les plus utilisées, suivent celles sur CentOS [qui repose sur RHEL, NDLR], puis Red Hat, loin derrière”, tout en saluant les travaux de l’éditeur autour  des API Delta Cloud et de son alliance avec Eucalyptus. Mais selon lui, Red Hat pêche encore dans la facilité des déploiements et visiblement, explique-t-il, ils ne travaillent pas sur la question. de quoi ouvrir un peu d'espace pour Ubuntu.

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