SAP contributeur de l'Open Source... et plus si affinités

Jusqu'à présent discret dans le mouvement Open Source, SAP accélère, en musclant sa position dans Eclipse et en devenant un contributeur de la fondation Apache. Une façon d'améliorer l'efficacité de la R&D pour SAP. En ligne de mire : la réutilisation de composants libres dans Netweaver. Et peut-être bien plus... si les tenants de l'Open Source parviennent à convaincre en interne.

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Selon Hervé Couturier (au milieu sur la photo), patron de la R&D de la plate-forme d'intégration Netweaver et de tout le porte-feuille décisionnel du groupe, la contribution de SAP aux communautés Open Source et la consommation de composants libres auraient été multipliées par 100 au cours des derniers mois. Une montée en puissance symbolisée par l'annonce effectuée lors de TechEd, la conférence technologique de l'éditeur qui se tient en ce moment à Vienne (Autriche), où l'éditeur explique rejoindre la fondation Apache. Dans un communiqué, SAP affirme vouloir participer à différents projets de la fondation (Maven, VXQuery, Tomcat, OpenEJB et ActiveMQ), pour "améliorer ces technologies en vue de leur utilisation dans le serveur d'applications de Netweaver". L'éditeur est également membre d'Eclipse. "Et on est au tout début de l'histoire", assure le responsable de la R&D des produits horizontaux du groupe.

Interrogé sur cet attrait nouveau pour le mouvement Open Source, Hervé Couturier explique que ce recours à l'Open Source est d'abord un moyen d'augmenter l'efficacité de la R&D interne. "Mais la consommation de composants Open Source est synonyme de contributions. C'est la philosophie du mouvement", rappelle l'ex-responsable de la R&D de BO.

Le modèle économique de l'Open Source ? "Pourquoi pas"

Mais, selon lui, l'approche doit permettre à l'éditeur de se recentrer sur l'essentiel, à une période où SAP voit ses ventes de nouvelles licences décliner (particulièrement sur son métier historique, l'ERP) et serre ses coûts. "La participation au mouvement Open Source doit amener les équipes à réfléchir à notre vraie valeur ajoutée. Il n'y a pas de sujet tabou : pourquoi ne pas étudier le modèle économique de l'Open Source par exemple, modèle dont profite Red Hat par exemple. Si les clients ne veulent plus payer pour un composant, mais que ce dernier a de la valeur pour la communauté pourquoi ne pas en ouvrir le code ? C'est une réflexion de bon sens."

Pour SAP, l'entrée dans le mouvement Open Source implique également l'adoption croissante de standards, susceptibles de faciliter la migration de la base installée vers les dernières plates-formes de l'éditeur. "On oublie souvent que ABAP (le langage de programmation propriétaire de SAP, ndlr) est un code ouvert, depuis longtemps. Ce qui a poussé les entreprises clientes à y greffer de nombreux add-ons", explique Hervé Couturier. Un phénomène qui complexifie très largement les migrations de la base installée lors de la sortie des nouvelles plates-formes. "Avec l'Open Source, ces questions relatives aux adaptations sont gérées par la communauté", lance le Français, qui assure que le sujet n'est pas "sa lubie".

ABAP en Open Source ? "Probablement pas"

Reste que le rôle précis que doit jouer l'Open Source chez SAP est manifestement encore l'objet de débats en interne. "Doit-on placer l'environnement ABAP en Open Source ? C'est une bonne question, explique ainsi Christian Horak, en charge du marketing de la plate-forme Netweaver. Probablement pas si on considère le caractère très sensible de nombreuses applications en production chez nos clients. Mais on peut ouvrir cet environnement, côté scripting, en fournissant des interfaces de programmation permettant d'écrire des applications dans d'autres langages comme Ruby". Un kit de développement, permettant d'étendre l'ERP pour PME en mode Saas ByDesign (lui-même basé sur la technologie Netweaver), est ainsi attendu pour décembre.

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"Ce qui fait notre force - la fiabilité - constitue aussi notre faiblesse". La formule d'Hervé Couturier, le patron de la R&D sur Netweaver et sur les gammes décisionnelles chez SAP, résume bien le dilemme auquel fait face l'éditeur allemand depuis des années : comment pousser les clients vers les dernières technologies maison - gage d'une accélération de l'innovation - sans brusquer la base installée ? "De nombreux produits disponibles ou dans les laboratoires ne sont pas employés. SAP dispose d'une flopée d'innovations inexploitées. Les clients en sont d'ailleurs conscients et nous demandent de les aider à mettre en œuvre ces technologies. D'où notre souci de réduire le TCO (coût de revient) de nos solutions", explique-t-il.
Pour Christian Horak, en charge du marketing de la plate-forme Netweaver, une partie de la base installée, exploitant les fonctions cœur de l'ERP et seulement celles-là, ne voit toutefois aucun intérêt à migrer vers des technologies plus récentes. "Cette fraction de nos clients est passée dans un mode strictement limité à la maintenance", admet-il.
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