Teradata se détache (un peu) du matériel

L’initiative peut sembler timide mais elle vient de Teradata, ce spécialiste du datawarehouse si attaché au matériel avec ses appliances. De fait, Teradata propose désormais ses solutions – ou du moins une petite partie – sous forme exclusivement logicielle, compatible notamment avec le nuage d’Amazon, EC2, ou encore les environnements VMware. Mais pas question pour le constructeur de casser son marché traditionnel, du moins pour le moment : limitées en termes de capacités, ces offres s’adressent surtout aux développeurs et aux prospects. Confirmant son attachement au matériel, Teradata vient d’ailleurs de présenter une appliance à hautes performances s’appuyant exclusivement sur des disques SSD.

Le Cloud. Derrière ce terme, pour Scott Gnau, directeur en charge du développement chez Teradata, se cache beaucoup de chose. A commencer par beaucoup de confusion. De fait, selon lui, sur un plan strictement architectural, « on pourrait presque dire que nous faisons du Cloud depuis le début ». Si tel est le cas, alors Teradata se lance dans le Cloud intégré au Cloud, proposant, avec sa solution Agile Analystics Cloud, une solution permettant de créer et de déployer rapidement des entrepôts de données virtuels au sein d’un même système Teradata. Le monde à l’envers, en somme, alors que le constructeur vante clairement les avantages de l’intégration et de la consolidation des données au sein d’un unique gisement. De fait, c’est bien de pragmatisme qu’il est là question : « de nombreuses organisations IT manquent de ressources et sont soumises à une très forte pression en faveur de la réduction des coûts. » C’est à cette situation que doit répondre Agile Analytics Cloud. De même, en fait, que les autres initiatives de Teradata en matière de Cloud et de virtualisation. Dan Graham, directeur marketing en charge de la stratégie Active Data Warehouse de Teradata, résume d’ailleurs ainsi  la situation, avec une pointe d’humour : « oui, les gisements de données isolés sont le mal. Mais quitte à faire le mal, autant que ce soit avec nous. »

Teradata pour EC2 et VMware

Teradata propose en effet désormais – et gratuitement – des machines virtuelles embarquant son moteur de gestion de bases de données Teradata Database 12 ou 13, sous SUSE Linux Enterprise Server 10, pour le nuage d’Amazon, EC2, ainsi que pour VMware Player. Darryl McDonald, directeur marketing de Teradata, explique qu’il s’agit là de répondre à au moins un besoin : le prototypage. Et ce, quelque soit le contexte : client existant cherchant à développer de nouvelles applications, prestataire de service ou intégrateur souhaitant réaliser une maquette, ou encore prospect désireux de mettre la solution à l’épreuve rapidement et à moindre coût. Quoique, dans ce dernier cas, Teradata est peut-être le principal gagnant : Darryl McDonald le reconnaît volontiers : lorsqu’un prospect souhaite réaliser un prototype, Teradata ne manque pas de lui fournir gracieusement l’appliance nécessaire ; un geste commercial qui ne sera peut-être plus nécessaire.

Une chose est sûre, ces machines virtuelles n’ont pas vocation à être exploitées en production. Pour Scott Gnau, la perte de performances liée à la virtualisation serait trop importante. Surtout, c’est une version allégée de ses outils logiciels que propose là Teradata, la version Express, limitée à 1 To de données.

Un premier pas

Selon Dan Graham, ce n’est qu’une première étape : dès maintenant, Teradata commence à enrôler des bêta testeurs pour une offre commerciale dans le cloud EC2 et sur ESX. Une offre qui doit voir le jour au printemps 2010. S’il reconnaît volontiers qu’il y a là un véritable choc culturel pour Teradata, il relève que, à travers EC2 et la virtualisation, Teradata pourra s’ouvrir de nouveaux marchés. Des marchés concernant des entreprises à plus petits budgets que celles du prestigieux classement Fortune 500, mais aussi d’autres applications : pour Dan Graham, d’EC2 à l’appliance Teradata en passant par les environnements virtualisés, c’est une échelle croissante de criticité des applications qui se dégage. En attendant, le débat sur la tarification des offres commerciales de Teradata pour EC2 et ESX reste ouvert.

L’appliance de datawarehouse la plus rapide au monde
Cette ouverture au cloud et à la virtualisation est loin de marquer l’abandon d’une stratégie très concentrée sur le matériel et les optimisations à en retirer. En témoigne d’ailleurs le lancement de l’appliance Extreme Performance Appliance (EPA) 4555, dont Teradata assure qu’elle est la plus rapide appliance de datawarehouse au monde. Embarquant exclusivement des disques à mémoire flash (SSD), pour une capacité de 7 à 200 To, l’Extreme Performance Appliance 4555 se veut 50 % plus efficace, sur le plan énergétique, que des baies conventionnelles de capacité comparable ; selon Teradata, les disques SSD doivent permettre d’obtenir des performances jusqu’à 150 fois supérieures à celles des disques durs classiques.  
Le lancement de l’EPA 4555 prend surtout son sens une fois mis en perspective avec l’intégration de la technologie Teradata Virtual Storage dans Teradata Database 13 : cette technologie assure la migration, à la volée, des données les plus sollicitées vers les supports ou les zones de supports les plus rapides, à la périphérie d’un disque dur, par exemple. Une fonction qui sera même affinée avec Teradata Database 13.10 : l’administrateur pourra alors désigner manuellement les tables « chaudes » et les tables « fraiches » pour, par exemple, forcer les plus « chaudes » à migrer sur SSD. L’EPA 4555 doit être disponible dans le courant du premier trimestre prochain. Sa tarification n’a pas été précisée.

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