Cession de Artemis à l'éditeur SIS : HP termine la cure d'amaigrissement de EDS France

HP poursuit le délestage d'EDS France. Après la création d'Effitic, qui hérite notamment d'une grande partie de l'activité régie, c'est SIS, éditeur français spécialiste des solutions logicielles pour le secteur public, qui rachète Artemis – logiciels pour services d’urgence - et Aix Services, une petite activité de régie et de forfait. Mais là où le patron de SIS voit de la complémentarité avec ses activités, les syndicats s’inquiètent de la capacité de l’éditeur à effectivement faire vivre et prospérer ces entités.

Fin mars, la direction d’EDS France, reprise en main par la filiale locale de HP depuis la fusion entre les deux Américains, a annoncé son projet de cession d’une bonne partie de ses activités applicatives, cédée à une structure créée ex-nihilo, Effitic. Ce processus se poursuit aujourd'hui. Le 6 mai, l'éditeur de progiciels dédiés au secteur public SIS (100 personnes pour 11,5 M€ de CA en 2008) a mis la main sur Artemis et Aix Services, deux activités applicatives de EDS France situées à Aix-en-Provence.

SIS développe notamment des solutions pour les administrations, les collectivités, les SAMU et les SDIS (pompiers). Un cœur de métier qui apparaît complémentaire de celui d'Artemis, une activité d'édition (58 personnes) d'une solution modulaire pour la gestion opérationnelle des services d’urgences. En revanche, comme le relève une source syndicale chez EDS France, les synergies avec Aix Services, petite activité de régie et de forfait (10 personnes), apparaissent peu évidentes. "C'est EDS qui a poussé le repreneur à intégrer cette activité, située comme Artemis à Aix-en-Provence, dans le périmètre du rachat", indique cette source.

Elargir l’offre de SIS

Dans un communiqué, SIS évoque une « complémentarité totale de l’offre Artemis et de celle de SIS SDIS. » Pour Georges Pozniakoff, Pdg de SIS, ce rachat est en effet l’occasion « d’élargir notre gamme de produits ; il n’y a pas de recouvrement entre les offres ». Et d’indiquer vouloir intégrer « des fonctions, objets et librairies d’Artemis au sein de nos solutions pour les pompiers et les SAMU. »

Du coup, selon le Pdg, le bilan social de l’opération pourrait être positif. Il prévoit d’ailleurs la « réinternalisation » d’activités de développement offshorisées à Saragosse par EDS : « nous avons besoin de contrôler les produits – l’un d’eux compte plus de 5 millions de lignes de code – et nous prévoyons des évolutions fonctionnelles très rapides. » Alors que Georges Pozniakoff assure que les 70 personnes des entités rachetées viendront doubler ses effectifs, il précise, pour les fonctions de type services généraux, que « SIS disposait d'une structure légère ; donc nous allons embaucher. » Et d’évoquer également des conditions contractuelles qui seront renégociées, « conformément à la loi », mais à priori sans recul sur les avantages sociaux, que l’on parle de temps de travail, de mutuelle, ou de prévoyance.

Au total, pour cette opération, SIS apporte 1,5 M€ en augmentation de capital, 1 M€ via des partenaires bancaires, et autour de 1,3 M€ en trésorerie. L’ensemble devrait peser plus de 17 M€ de CA en 2010, de quoi « entrer dans le top 10 » des éditeurs français du secteur public. Le montant des rachats n'a pas été dévoilé. Rappelons que Effitic avait en mars repris une bonne partie des activités applicatives de EDS France pour un euro symbolique.

HP veut-il externaliser les plans sociaux ?

Malgré ce tableau rassurant, l’ambiance semble plutôt à la défiance du côté des ex-EDS. Sous couvert de l’anonymat, une source proche du dossier explique que les activités rachetées par SIS « ont beaucoup souffert au cours de ces deux ou trois dernières années, du fait d’un management pas très pertinent. » De coup, selon cette source, « Artemis ne se porte pas très bien. L’activité a besoin d’investissements et il n’est pas certain que SIS ait les moyens et la volonté de les réaliser. […] On pense que HP/EDS ne cherche finalement qu’à s’en débarrasser, quitte à externaliser un plan social. » Selon nos confrères de Channel News, Artemis a en effet généré une perte opérationnelle représentant environ 20 % de ses facturations en 2008. Des chiffres confirmés par une source syndicale chez EDS France. Des syndicats qui ont demandé à HP France de fournir des garanties aux salariés transférés, dans l'éventualité d'un futur plan social au sein de SIS. Sans résultat.

Plus précisément, sur les développements qui doivent être rapatriés de Saragosse à Aix-en-Provence, notre source en interne s’interroge : « un second volet d'importants développements était prévu. Mais cela va demander des investissements. » Surtout, à Aix-en-Provence, « les ressources de développement compétentes seront-elles disponibles ? » Des inquiétudes confortées par une certaine vision de l’historique de SIS : « cette société a souvent racheté des produits en restructurant sans investir, notamment avec des solutions rachetées à Alcatel. »

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