Open Data en France : la quantité plus que la qualité

L’Open Data , ou donnée publique, en France doit encore se développer et leur accessibilité être facilitée. Aujourd’hui il s’agit surtout d’encourager à l’ouverture plutôt que de travailler à la qualité des jeux de données fournis.

En matière d’Open Data en France, l’heure est encore à la quantité, plus qu’à la qualité. C’est l’un des messages que l’on aurait pu retenir lors de la 3e édition de la conférence Data Excellence qui débutait ce jour à Paris. Une conférence placée sous le signe de la qualité et de la gouvernance des données, organisée par l’association ExQI (pour Excellence Qualité Information). Si la France a officiellement embrassé le mouvement des données publiques il y a presque un an - avec le lancement du portail fédérateur Data.gouv.fr en décembre 2011 -, les administrations semblent aujourd’hui faire, pour certaines encore, la sourde oreille. Privant ainsi la France d’un potentiel marché des services associés.

Un point que Marc Leobet, chargé de mission Inspire auprès du Ministère de l’écologie, résume ainsi : « on est à un stade où il faut se satisfaire d’avoir de la donnée ». Sous-entendant ainsi que la qualité des données ouvertes ne constitue pour l’heure pas une priorité, ni même un pré-requis dans la mise en place de politique. « N’importe quelle donnée vaut mieux que pas de données ». 

La directive européenne Inspire, qui vise à établir une infrastructure d’information géographique dans la communauté européenne, impose « aux autorités publiques, d’une part de publier sur Internet leurs données environnementales géographiques, d’autre part de les partager entre elles », explique le site du gouvernement. Une directive qui milite ainsi pour l’amélioration de l’accessibilité de ces données ouvertes (ici à caractère géographique).

Open Data : dans la feuille de route du gouvernement

Le gouvernement de François Hollande a décidé de faire avancer l’Open Data dans les administrations. Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l'Etat, a ainsi affirmé souhaiter « aller plus loin » dans les données ouvertes que le portail Data.gouv.fr, comme l’indiquent nos confrères du Monde, avec une volonté de publier des données qu’elle qualifie  « à fort impact sociétal », comme l’éducation, la santé et l’emploi, par exemple. Et ce, afin d’encourager de nouvelles innovations. Une feuille de route devrait par ailleurs voir le jour avant la fin 2012. De son côté, Fleur Pellerin, ministre chargée de l’Economie numérique, en visite le 5 novembre dernier chez la SSLL Linagora, a confirmé chez nos confrères de l’Usine Nouvelle qu’en matière d’Open Data, le gouvernement souhaitait « prendre le temps de réfléchir sur la meilleure manière de rendre publiques les données», soulignant également, l’intention [du gouvernement] d’amplifier la politique d’ouverture des données publiques.

 

Ainsi si l’ouverture de Data.gouv.fr a formalisé une décision politique de créer en France un référent Open Data - initié on se rappelle par la mission Etalab  -, plusieurs villes françaises avaient pris les devants. Les ville de Toulouse, Montpellier, Rennes et Paris - pour n’en citer que certaines - ainsi que leurs projets respectifs, avaient servi quelque peu de galop d’essai. Des entreprises publiques comme la RATP, la SNCF et la Poste leur ont à leur tour emboité le pas. Restait alors à fédérer toutes ces données ouvertes dans le portail.

A ce jour, Data.gouv.fr compte quelque 355 184 jeux de données. «Aujourd’hui, il existe un manque au niveau des données opérationnelles », lance Jean-Marc Layard, fondateur de la société OpenDataSoft (qui développe une plate-forme d’échange de données), lors de la conférence Data Excellence Paris 2012. Les données opérationnelles sont des données qui ressortent modifiées après traitement, comme des statistiques ou des flux d’informations. Les deux autres formes sont les données référentielles (comme les cartes ou les POI - points d’intérêts) et les données personnelles (comme la consommation énergétique).

Pourtant, la France avait également vu naître un éco-système d’acteurs privés, à l’image de la société Data Publica, qui s’était positionné en tant que place de marché de la donnée en France. Mais comme l’a indiqué François Bancilhon, le directeur général de la société chez nos confrères des Echos (édition datée du 8 novembre), « on est désormais certains que cela ne fonctionne pas ». La société ré-ajuste alors son modèle économique vers des jeux de données sur mesure.

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