Emploi IT : le problème du décalage entre l'offre et la demande persiste

Près d'une offre d'emploi sur quatre, en informatique, émane de PME de moins de 250 salariés. Dont les petites SSII qui disent avoir le plus grand mal à attirer les candidatures. Par ailleurs, diverses études en attestent : l'écart persistant entre l'écart entre l'offre et la demande de compétences touche particulièrement le secteur IT.

Mois après mois, pour les informaticiens, se répète voire s'accentue le constat du décalage entre offre et demande d'emploi. Statistiques du chômage à l'appui. Certes, les aléas de la conjoncture et les stop and go de l'embauche n'arrangent rien. Pour autant, force est de constater que pour une part non négligeable, le problème se situe du côté des entreprises de taille modeste. Et plus précisément, du côté des PME du secteur IT. 

Selon l'étude de l'Apec publiée la semaine dernière concernant l'emploi cadre dans les PME de moins de 250 salariés, pour la fonction informatique, celles-ci sont à l'origine d'un peu moins d'une embauche de cadres sur quatre (22 % du marché de l'emploi informatique, toutes tailles confondues). Mais hors secteur IT, peu de PME ont besoin d'informaticiens à demeure. Ce qui, mécaniquement, réduit d'autant la part de l'informatique sur l'ensemble des recrutements de cadres réalisés par les PME (13 %, contre 16 % de l'embauche cadres, toutes tailles d'entreprises confondues). Ce qui signifie aussi qu'une majeure partie des quelques 6600 embauches réalisées dans l'année relèvent de SSII et autres prestataires ou fournisseurs IT. 

Petites entreprises : débouché pour jeunes cadres et jeunes diplômés 

L'étude Apec confirme par ailleurs que, sans surprise, les PME sont plus enclins à intégrer des cadres confirmés ayant plus cinq ans d'expérience (55% des embauches, et seulement 16% de jeunes confirmés contre 21% pour l'ensemble des entreprises). Exception faite des plus petites entreprises (de moins de 10 salariés) qui se distinguent par un taux relativement élevé (36%) d'embauches de jeunes cadres (de un à cinq ans d'expérience), particulièrement dans les métiers de l'informatique et de la R&D. Quant aux PME de 10 à 50 salariés, elles se distinguent par un taux supérieur à la moyenne de PME d'embauches de jeunes diplômés (18%). 

En résumé, jeunes diplômés et jeunes cadres ont donc leur carte à jouer auprès des petites structures, pour lesquelles, le plus souvent, l'informatique (au sens large) est un moteur essentiel de l'activité voire « le coeur de métier », comme le note l'Apec. Sauf que l'affaire n'est pas si simple. Nous le constations pour les petites SSII ( 200 000 salariés, mais une gestion des RH en jachère). Ces employeurs potentiels ont bien du mal à rendre visibles leurs besoins en compétences, qui sont autant de niches. Un marché d'autant plus difficile à appréhender qu'il couvre – ce n'est pas nouveau – une diversité croissante de métiers et compétences plus ou moins bien cernés. Ce qui donne d'autant plus de relief aux initiatives de rapprochement universités-entreprises ciblant cette problématique de méconnaissance des débouchés, même si, le plus souvent, ce sont les ténors du secteur qui sont à la manoeuvre (par exemple, les conventions de partenariat signées récemment par le biais de l'association IMS Entreprendre, entre Capgemini et sa filiale Sogeti et les universités de la région parisienne et l'université d'Aix-Marseille). 

Un défaut de congruence endémique entre offre et demande 

Plusieurs études récentes élargissent le constat en soulignant, cependant, la position particulière du secteur IT comme étant le secteur qui a le plus de mal à concilier l'offre et la demande de compétences. Le cabinet Hays le démontre notamment avec l'analyse de son tout nouvel « index mondial des compétences » (développé avec le cabinet d'études Oxford Economics). Non seulement, au sein de cet index, la France se classe parmi les pays présentant « un marché du travail peu dynamique, et dans lequel les travailleurs qualifiés éprouvent des difficultés à trouver un emploi ». Et ce, en dépit d'un système éducatif perçu comme performant (à peu près au même niveau que celui des pays asiatiques en tête du classement), et d'une pression sur les salaires qui reste plutôt faible (comparativement à d'autres pays). L'index met surtout en exergue, pour la France, un déficit de compétences par rapport aux besoins dans le domaine de l'ingénierie et des technologies de pointe (secteur IT inclus). 

Le cabinet Mozart Consulting, pour sa part, le mesure en termes de taux d'échec du processus d'embauche (TEPE), soulignant le coût que représente un processus d'embauche avorté (période d'essai non transformée). Soit cinquante à cent mille euros par échec, suivant le profil du candidat, ou encore jusqu'à 5% de la masse salariale (« sans compter la démobilisation tacite des autres salariés en poste et l'impact dû au retard des projets engagés »). Selon le suivi de ce cabinet, la situation du secteur informatique concernant l'aboutissement du processus d'embauche s'est nettement dégradée depuis l'an dernier. « Le défaut de congruence entre l’emploi proposé et le travail recherché en est la cause endémique, dans les SSII par exemple ». Vous avez dit : faute de GPEC ? A l'inverse, le secteur télécom est de tous les secteurs considérés, celui qui enregistre la plus nette amélioration.

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