Observatoire Micro Focus : le Cobol vit, se modernise, mais ne meurt pas

La 2e édition de l’Observatoire Cobol réalisé par l’éditeur Micro Focus montre que les applications Cobol restent toujours un patrimoine stratégique pour les entreprises. Maintenues en production ou en phase de modernisation, intégrées à Eclipse ou J2EE, les applications du langage restent une clé des SI de nombreuses entreprises.

«Une modernisation en cours sur un mode assez tonique». C’est ainsi que Patrick Rataud, directeur général de Micro Focus pour la France et le Maghreb, a résumé les conclusions de la 2e édition de l’Observatoire Cobol, un rapport qui dresse un état des lieux du langage en France. Cette étude se repose ainsi sur 312 réponses validées, issues des professionnels du secteur, du chef de projet au développeur, en passant l’architecte et le directeur informatique. Ainsi, si ce langage a souvent été mentionné comme étant mort et enterré, désuet face aux technologies plus modernes, cette édition 2013 rappelle que Cobol a encore de belles perspectives d’avenir. Ainsi dans cette cartographie 2013 de Micro Focus (qui, rappelons-le, développe et commercialise des plates-formes de développement et de modernisation Cobol), il apparait que les applications Cobol sont toujours considérées comme stratégiques voire très stratégiques par les entreprises - surtout dans les secteurs de la banque et des assurances (33,1% des répondants). Ainsi, si pour presque 50% des répondants, la volumétrie du patrimoine Cobol est stable (contre 37,2%, en décroissance), il apparait que les applications développées à partir de ce langage sont vues comme très stratégiques par 38,7% des répondants, assez stratégiques pour 29,4%. Des applications «coeur de métiers», explique Patrick Rataud, qui représentent un gros patrimoine à conserver par les entreprises, mais sans oublier de noter le dynamisme d’autres qui s’engagent sur la voie de la modernisation des applications. Ainsi l’observatoire de Micro Focus indique que 59,8% des répondants déclarent maintenir en état et en production leurs applications Cobol (ils étaient 43,4% en 2012), ils sont 36,8% à avoir des projets de modernisation (35% dans les entreprises clientes et 42,4% dans les SSII, précise Micro Focus). Quelque 28,2% sont en cours de projets de migration vers Linux, Unix ou Windows (contre 7,5% en 2012). Ce qui démontre la volonté des entreprises «de faire vivre» leur attachement à Cobol, note Micro Focus. A l’inverse, ils sont 8% à déclarer que leurs applications Cobol sont en fin de vie (6% chez les clients, et 14% chez les SSII). Tandis que pour 19,2 % des répondants, la ré-écriture des applications est engagées, ce qui constitue finalement une autre forme de fin de vie. 25,1 % souhaitent remplacer leurs applications Cobol par des solutions packagées, notamment de SAP ou d'Oracle (28,5 % chez les clients, - 20 % chez les SSII).

Evolution vers Eclipse ou J2EE Lorsqu’il s’agit donc de faire évoluer ces applications vers des nouvelles plates-formes, l’intégration à Eclipse (à 41,5%) et J2EE (à 36,2%) est clairement privilégiée, indique cet observatoire. Ils sont 22,9% à rechercher l’intégration avec Visual Studio et 21,4% avec .NET. Une façon de «standardiser leurs processus» ou encore «d’avoir une approche d’industrialisation» - en ce qui concerne les SSII - explique Patrick Rataud. Et le Cloud ? Comme dans l’observatoire 2012, c’est une technologie peu envisagée : seulement 11,8% souhaitent développer et compiler sur un cloud externe, 8% mettre leurs applications Cobol dans le cloud, et 7,1% tester leurs applications dans un cloud externe. L’étude révèle que l’alignement des applications sur le métier «pour avoir un avantage concurrentiel» est le critère n°1 dans les projets de modernisation, devant la création de systèmes agiles, minimiser les risques et - étonnamment - réduire les coûts en améliorant le ratio prix / performances. Un des derniers enseignements que révèle cette étude est la progression du recours à la sous-traitance pour le développement et la maintenance des applications Cobol. Ainsi, en 2012, les répondants étaient 71% à déclarer ne pas ou peu sous-traiter, ils sont 66,9% en 2013. Lorsque le levier de la sous-traitance est activé, le critère n°1 reste le contrôle et/ou la réduction des coûts, devant la difficulté de recrutement, l’évolution planifiée de l’application, la flexibilité de la gestion RH. Etonnamment, le départ à la retraite n’apparait qu’en 6e position. Dans 78,9% des cas, il s’agit d’une externalisation effectuée au niveau local. Enfin, 60% des développeurs Cobol ont entre 40 et 54 ans, 10% entre 55 et plus de 60 ans et 31% moins de 40 ans (32 % chez les clients et 28% chez les SSII). Le Cobol n’est pas un langage réservé à une génération plus ancienne. D’ailleurs, Micro Focus pointe la difficulté qu’ont les acteurs à recruter des ressources Cobol, en dépit du dynamisme du secteur. Sans oublier le manque de formation Cobol dans l’enseignement.

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