Florence Dietsch, Neoxia : «l’iPad répond à différentes finalités dans les entreprises»

Certains s’interrogent sur la place de l’iPad dans l’entreprise depuis son lancement, voire même avant. La rumeur veut même qu’il aurait servir de catalyseur au rachat de Sybase par SAP au printemps dernier. Au delà des spéculations, Florence Dietsch, consultant du cabinet Noexia de conseil en gouvernance informatique, dresse un tableau de l’adoption de la tablette d’Apple dans les entreprises françaises, fondé sur son expérience.

Il n’était pas lancé depuis un mois que certains se posaient déjà la question : l’iPad allait-il faire un tabac dans les entreprises ? Il faut dire que des spécialistes de ce segment s’y intéressaient déjà, à commencer par SAP, qui en  finalement commandé et déployé plusieurs milliers. Guillaume Le Tyrant, directeur marketing produit de Citrix en France, relevait déjà un intérêt marqué pour les «commerciaux debout, qui apprécient l’autonomie et le format.» Florence Dietsch, consultante chez Neoxia, cabinet de conseil en gouvernance informatique, souligne la même tendance : «ce que j’ai constaté, sur le terrain, c’est que l’iPad répond à différentes finalités. La première, c’est l’expression de la reconnaissance dans l’entreprise. J’ai vu l’iPad distribué aux directions généralement, notamment, comme l’on pouvait auparavant offrir un véhicule de fonction.» Mais pour les «commerciaux debuts» - «on le trouve chez BMW mais aussi de grandes marques de vêtement de luxe, avec gestion des stocks en direct, face au client» -, c’est tant le côté pratique que les apports de l’outil pour la communication avec le client, qui séduiraient : «la communication est plus facile à établir que si un écran d’ordinateur s’interpose,» explique Florence Dietsch. Et de faire un parallèle : «il y a quelques années, les commerciaux de Canon se déplaçaient avec leur Psion pour établir des propositions commerciales. Aujourd’hui, on réintroduit l’usage de ces supports mobiles. Et c’est plus convivial.»

Une avancée pour la mobilité

Plus généralement, selon Florence Dietsch, l’iPad répond à des besoins de mobilité : «pouvoir à tout instant traiter ses courriers électroniques, s’informer, au bureau comme à la maison. Le tout avec un outil à l’encombrement très limité.» Et d’après elle, «même en salle de conférence, dans l’entreprise, c’est plus pratique d’un ordinateur portable pour prendre des notes.» Dans ce contexte, l’iPad trouverait également sa place pour les présentations. Mais quid des applications métiers ? «Pour l’instant, ce n’est pas encore d’actualité. Ce que font les entreprises, c’est principalement adapter des supports existants pour les rendre utilisables sur l’iPad.» Et certains freins restent bien marqués : «certains DSI sont inquiets de la sécurité avec l’iPad. C’est un outil privé alors quid de la protection des données en cas de vol, ou de perte ?» Il faut dire que «l’iPad est arrivé comme ça, d’un coup, sans préparation en amont.»

Pour autant, «il y a un début de réflexion sur le collaboratif dans les entreprises et les tablettes font partie de ce sujet plus global.»

Une diffusion sans frontière

Pour autant, selon la consultante «le phénomène touche toutes les organisations aujourd’hui, publiques comme privées. Même si c’est dans le domaine de la vente que l’équipement est le plus important. En tout cas, ce n’est pas un phénomène de mode. C’est un outil complémentaire d’autres périphériques. Et je pense que les tablettes, en général, vont s’installer de plus en plus dans les usages.» Un mouvement porté par un autre : celui de la diffusion des usages personnels dans les entreprises : «les espaces professionnel et privé se rejoignent, s’effacent. Et cela rend d’ailleurs tout le monde un peu mal à l’aise - sans pour autant diaboliser la tendance. La prise de conscience est là et les entreprises y travaillent - d’autant plus que la tendance s’est accélérée avec l’arrivée de produits comme les smartphones -, avec des études portées notamment par la DSI et la DRH.» Plus loin, il s’agit aussi de gérer l’arrivée de la fameuse génération Y : «de l’intégrer et de la motiver. Notamment avec des outils qui soient à niveau avec ses outils personnels.» Et puis, cette génération Y a ses exigences : «si je travaille tard le soir ou le week-end, je veux pouvoir utiliser les outils de l’entreprise pour des usages personnels.» 

Reste que si Florence Dietsch semble décrire là ce que s’apparente à un défi culturel, «c’est réellement une opportunité pour la DSI car il s’agit là de répondre aux besoins des différents départements de l’entreprises.» Et d’y ré-affirmer ainsi son rôle.

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