Bruxelles injecte 1,7 M€ dans la R&D des datacenters

Le programme de R&D PEDCA a reçu le financement de la Commission européenne à hauteur de 1,7 million d’euros sur 18 mois afin de proposer un plan d’action pan-européen pour développer l’industrie du datacenter sur le Vieux Continent.

La Commission européenne a accordé une subvention de quelque 1,7 million d’euros à un projet de recherche portant sur le développement des datacenters. Ce projet court sur une période de 18 mois. Ce programme est le premier projet de recherche, financé par des fonds gouvernementaux, pour ce secteur.

Baptisé PEDCA (pour pan-European Data Centre Alliance), ce programme est notamment emmené par la Data Center Alliance (DCA - une puissante association qui réunit le monde du datacenter, tant côté utilisateurs que fournisseurs), la East London University (UEL), ainsi que par un consortium de fournisseurs de services, d’universitaires et de gouvernements régionaux. L’ambition de PEDCA est de proposer une académie spécialisée, sous la forme d’un programme d’étude, dont la mission est d’imaginer et de concevoir un plan d’action commun pour l’industrie du datacenter dans les états membres.

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La DCA entend résoudre plusieurs problèmes qui agitent l’industrie du datacenter en Europe, l’empêchant de rivaliser à armes égales avec les acteurs basés aux Etats-Unis et au Japon. Manque de R&D, de compétences, de standards, mais aussi d’investissements dans les infrastructures réseaux, et surtout un manque certain en matière d’interopérabilité, figurent parmi la liste de problèmes inventoriés par la DCA, qui souhaite également minimiser l’impact des cyber-menaces et d’un climat sécuritaire peu engageant, pour ré-élever le climat de confiance dans l’industrie.

Dans un premier temps, PEDCA s’appuiera sur l’expertise de plusieurs pôles européens, identifiés comme étant des «hotspots» de centre de calculs en Europe. Le Royaume-Uni, mais également les Pays-Bas et l’Allemagne (mais pas la France, donc). L'étude de ces pôles servira à définir les priorités ainsi que les axes de recherche er développement, qui seront propagés aux autres états membres. La mission sera d’identifier et de valider les besoins en R&D pour l’industrie du datacenter afin de faciliter le financement des futurs projets. Mais également de développer une plate-forme de recherche indépendante et durable, indique encore le site de DCA.

«Il devient urgent que les Etats ayant des politiques établies en matière de datacenters contribuent à l’effort de R&D, de partage et développent des compétences, définissent des standards et encouragent la mise en place de stratégies d’investissement en matière de réseau», indique le descriptif du programme. «La plupart des standards, bonnes pratiques et recherches en matière de datacenters viennent des Etats-Unis, débouchant sur une série d’informations contradictoires qui n’est que très peu pertinente pour l’Europe. Ainsi, de nombreuses innovations, en termes d’efficacité énergétique et d’amélioration d’une façon générale, sont mal interprétées, pas acceptées et pas développées. Et cela à cause d’un ressenti du risque, du à un manque de test, de validation et d’éducation.»

Selon la DCA, à l’inverse des autres secteurs, l’industrie du datacenter n’a jamais bénéficié de programmes de recherche financés par les gouvernements. «Cela peut paraître incroyable qu’un secteur aussi clé pour l’économie européenne que les datacenters - tous les autres secteur de l’industrie en dépendent - n’ait jamais fait l’objet de programme de recherche indépendant et public, travaillant sur les  bonnes pratiques, la durabilité, la réduction de la consommation énergétique et sur les besoins en formation», soutient Simon Campbell-Whyte, le directeur exécutif de la DCA. Jusqu’alors, la Commission avait financé des projets centrés essentiellement sur l’efficacité énergétique, comme le projet CoolemAll.

Présenté comme un projet de recherche ouvert gratuitement aux professionnels du secteur, ce programme conjuguera le développement d’un framework à grande échelle et encouragera l’adoption de bonnes pratiques, garantit la DCA. En ce sens, il entend s’attaquer aux plus importantes lacunes du secteur, comme l’efficacité énergétique, l’économie d’énergie et limiter les coupures importantes des infrastructures.

Ce programme a également pour mission de renforcer la collaboration entre l’industrie et le monde universitaire et ce, afin de favoriser la mise en commun des connaissances et la notion d’influence.

PEDCA représente l’étape de la maturité pour l’industrie du datacenter et contribuera à mieux financer le secteur, le rendre plus durable et moins gourmand en énergie et lui faire bénéficier d’outils et du support d’autres industries critiques, affirme Campbell-Whyte. «C’est important d’un point de vue stratégique pour une industrie plus durable ainsi que pour sa santé.»

Parmi les autres membres du programme, on retrouve les universités de Leed, Frankfort, Delft, des agences du développement, comme London & Partners et la Frankfurt Economic Development Agency et enfin des associations telles que le Green IT (Pays-Bas) et le Twente Institute.

Traduit et adapté de l'anglais par la rédaction

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