Brocade va supprimer 300 emplois "dans le cadre de sa stratégie SDN"

L'équipementier va supprimer 300 emplois dans le cadre de sa stratégie SDN et afin de réduire ses coûts. L'occasion pour LeMagIT de revenir sur la stratégie SDN de Brocade.

Brocade Communications a discrètement annoncé la suppression de 300 emplois (sur environ 4 500) dans le cadre « du réalignement de ses ressources humaines lié à sa stratégie dans les réseaux programmables (SDN) et dans le cadre de ses initiatives de réduction de coûts ". Les licenciements devraient affecter l’ensemble des pays où Brocade est présent et ils n’ont été rendus publics que du fait des obligations de reporting de la société à la SEC. En fait, ce ne sont pas tant les 300 licenciements que la société a fait connaître dans son rapport 8K à la SEC que le fait que ces restructurations allaient se traduire par une provision de 20 à 25 M$ destinée à financer les packages de licenciement de ses employés.

Parallèlement, Brocade a indiqué son intention de consolider ses effectifs sur un nombre réduit de sites afin de réduire ses coûts. Le plan devrait se traduire par une dépense ponctuelle de 10 à 15 M$ correspondant à des dédits sur des baux en cours. L’ensemble de ces coûts sera provisionné sur le 4e trimestre fiscal 2013.

Quelle stratégie SDN pour Brocade ?

Le plus curieux dans l’annonce est le lien fait entre les suppressions d’emplois et la stratégie SDN de la société. En 2012, Brocade a racheté Vyatta, un spécialiste des routeurs virtuels pour en faire le fer de lance de son offre dans les SDN. Les logiciels de Vyatta permettent de fournir des services de routage, de VPN, de filtrage et de firewall sous la forme de VM. Il semble que la stratégie de la société soit de les intégrer avec les grands contrôleurs SDN du marché afin de fournir des services avancés de niveau 3 à 4 sous forme logicielle. Une partie des emplois supprimés seraient-ils liés à un désengagement partiel de Brocade des plates-formes de routage matérielles ?

Dans ce cas, le recentrage sur les offres logicielles ferait de Brocade un concurrent dans la sphère Open Source des services de niveau 4 à 7 offerts par  l’offre de virtualisation de réseau NSX de VMware (ex-offre vCNS). Seul petit problème, la photo "SDN" de Brocade serait sans doute bien plus jolie si l'équipementier disposait également de son propre contrôleur. Or la société a été étonnamment timide à ce sujet depuis deux ans. La stratégie officielle jusqu'à ce jour ayant été d'intégrer ses offres - matérielles et logicielles -  avec les "contrôleurs du marché". Une stratégie potentiellement dangereuse si les contrôleurs et plates-formes de virtualisation de réseau finissaient par s'accaparer une partie de la valeur aujourd'hui embarquée dans les équipements réseau (pour mémoire, un contrôleur SDN est vendu entre 1 500 $ et 3 000 $ par serveur et il faut compter entre 5 et 10 $ par VM et par mois chez un fournisseur de cloud).

Brocade est membre du consortium OpenDaylight, qui réunit tous les poids lourds du réseau et des serveurs (dont Alcatel/NuageNetworks, Arista, Cisco, Citrix, Dell, Fujitsu, HP, IBM, Juniper, Microsoft, NEC, Red Hat et VMware). Il lui serait donc tout à fait possible de proposer sa propre version du  contrôleur OpenDaylight - dont la première itération est attendue en décembre - en la couplant au vRouter de Vyatta afin de proposer une plate-forme SDN complète couvrant du niveau 2 à 7. Cela lui permettrait non seulement de proposer une alternative à VMware NSX, mais aussi à l'offre Cisco OnePK et aux offres lancées par Alcatel (Nuage Networks), HP ou Juniper (Contrail). A moins que le pari soit de faire l'impasse sur le niveau 2 et de se focaliser sur les niveaux 3 à 7. Un pari potentiellement dangereux face aux piles en cours de construction chez les concurrents et dans la sphère libre.

 

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