Bpifrance entre au capital de Talend

Talend reçoit le financement de 40 millions de dollars lors d’une levée de fonds menée notamment par Bpifrance, qui injecte 17 M$ dans l’éditeur et entre à son capital.

Nouvelle étape chez Talend. La société co-fondée il y a 7 ans par Bertrand Diard annonce avoir accueilli Bpifrance à son capital, à la suite d’un nouveau tour de levée de fonds de 40 millions de dollars (plus de 29 millions d’euros) auxquels se sont également associés Iris Capital - également français - ainsi que les investisseurs historiques du spécialiste de l’intégration de données Open Source, Silver Lake Sumeru, Balderton Capital et Idinvest Partners. Bpifrance, qui injecte 17 millions de dollars (presque 12,5 millions d’euros) dans la société, siégera désormais au conseil d’administration de la société.

Si jusqu’alors Talend avait activé le financement extérieur pour accélérer sa croissance - la société a déjà réalisé quatre levées de fonds pour plus de 100 millions de dollars - , cette prise de participation tient d’avantage d’un effet opportuniste, indique toutefois Mike Tuchen, le CEO de Talend dans un billet de blog. La société n’avait à proprement parler pas de besoin de financement, mais explique par la voix de son CEO que ce tour de table va permettre « d’accélérer certains investissements qui nous auraient pris un an ou deux à réaliser, en matière d’innovation produits et de leur mise sur le marché ».

La R&D en France

Sans grosse surprise, Talend compte utiliser cet apport d’argent frais pour poursuivre son développement à l’international (la société a fait très vite le choix de s’installer en Californie et réalise 70% de son CA à l’international). Mais tout en maintenant sa R&D en France, dans ses locaux de Suresnes notamment. Bertrand Diard estime en effet, comme il l’indique lui-même auprès de nos confrères du Monde, que la France dispose de bons ingénieurs. Pour lui, la France « est un paradis fiscal pour la recherche et le développement. Avec le crédit d'impôt recherche et le statut Jeune entreprise innovante, les ingénieurs sont trois fois moins chers qu'en Californie". Une situation que confirmait récemment au MagIT le CEO de Scality, Jérôme Lecat, dont l'essentiel de la R&D est aussi en France et dont sont aussi de plus en plus conscients les fonds d'investissements américains avec lesquels LeMagIT a pu récemment s'entretenir.

Ces 40 millions serviront également à développer l’offre et le catalogue de la société. Si logiquement, Talend compte exploiter ses fonds pour « soutenir le développement de nouvelles initiatives dans le Big Data », la société laisse entrevoir un intérêt pour « d’autres domaines de l’informatique ». Une croissance plus horizontale donc, qui pourrait bien passer par quelques acquisitions. La société de Bertrand Diard est déjà positionnée sur le segment du Big Data à travers plusieurs gammes de produits, notamment Talend Open Studio for Big Data.

« Le secteur sur lequel évolue Talend est attractif », nous confie Thierry Sommelet, directeur d’investissements senior chez Bpifrance. « Ce marché est aujourd’hui indispensable, les entreprises ont de plus en plus besoin d’outils pour intégrer leurs données. Talend répond à une exigence actuelle de l'IT professionnel, un secteur porteur, incontestable au niveau du métier ».

Pas "d'approche défensive" de Bpifrance

Il ne faut pas voir dans l'arrivée de Bpifrance « une approche défensive » ou encore de protection d’actif de la part de la banque d’investissement publique, confirme Thierry Sommelet. Talend correspondait avant tout aux critères d’investissement de Bpifrance, à savoir un chiffre d’affaires significatif, une croissance rapide, illustrée notamment par un développement à l’international, une propriété intellectuelle,… « Talend était également assez visible sur le secteur en France. [Dans l’Hexagone] il n’existe pas beaucoup d’éditeurs de logiciels qui ont un CA élevé. Talend se classe au 5e rang des éditeurs français, selon le baromètre Syntec Numérique ». Il semblait donc logique d'accompagner la société.

Toutefois, ajoute-t-il, « il faut que l’entreprise soit présente en France, et pas seulement d’un point de vue juridique. Si la société n’est qu’une antenne commerciale en France, cela ne nous suffit pas. Il faut contribuer à [nourrir] un écosystème du logiciel français. »

Il faut dire que Talend et Bertrand Diard sont souvent cités comme l’une des réussites dans le domaine de l’édition en France. Un champion du numérique. Bertrand Diard s’était également vu confier par l’Afdel et par le gouvernement une mission sur le développement d’une filière Big Data dans l’Hexagone. L’empreinte de Talend et de son co-fondateur est également marquée par la volonté d’investissement. Bertrand Diard est ainsi entré au capital de la société BonitaSoft, un éditeur français spécialisé dans le BPM (Open Source) - les outils de BonitaSoft sont également intégrés aux outils Talend. Il est également à noter que BonitaSoft avait lui-aussi attiré les investisseurs français, par le biais du fonds FSN PME - qui investit dans des entreprises de taille plus réduite que Bpifrance. Ce même fonds a également investi dans le spécialiste du stockage objet Scality, qui connait lui aussi une croissance rapide.

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