Interxion rachète le datacenter marseillais de SFR

Interxion a racheté le NetCenter de SFR à Marseille et prévoit de le rénover et de l'agrandir pour en faire une plaque tournante entre l'Europe, l'Asie et la Méditerranée.

Le géant européen des datacenter et de la colocation Interxion a annoncé hier avoir racheté le datacenter NetCenter de SFR à Marseille et son intention de le moderniser et de l’agrandir pour porter à terme sa capacité d’espace d’hébergement à 5700 m2. Une fois rénové, le Datacenter, qui sera rebaptisé MRS1 sera capable de délivrer jusqu’à 6MW de puissance électrique à ses clients.

L’intérêt des hébergeurs pour la région marseillaise n’a fait que se renforce au cours des dernières années après une dizaine d’années de calme plat suite à l’explosion de la bulle internet. Marseille avait en quelque sorte connu un âge d’or des télécoms avec l’implantation de plusieurs grands opérateurs dans la ville dont LDCom( à l’époque contrôlé par Le groupe Louis Drefus, dirigé par Robert Louis Dreyfus alors propriétaire de l’OM), WorldCom, Completel…, la construction d’un réseau en fibre optique maillant une large partie de la ville et la construction par LDCom du NetCenter (repris ensuite par SFR lors du rachat de LDCom/Neuf Telecom par SFR). Une des raisons de cet intérêt pour Marseille était bien sûr le redécollage économique de la région marseillaise, mais aussi l’aboutement à Marseille d’une multitude de câbles sous-marins reliant la ville à l’Asie et à l’Afrique.Mais comme souvent dans la capitale provençale, cet âge d’or n’a pas duré et l’explosion de la bulle internet a singulièrement ralenti l’enthousiasme général. 

Une plaque tournante entre l'Europe, la Méditerranée et  l’Asie

Depuis quelques années toutefois l’intérêt pour Marseille revient. L’opérateur Jaguar Télécom  a fait de la ville le siège de ses activités et y a localisé son principal datacenter, tandis qu’à La Ciotat, l’hébergeur ASP Serveur a repris le bunker de personnalisation de cartes bancaires de Gemplus dans la zone Athelia, pour en faire un datacenter de Tier 4. Plusieurs projets avaient également émergé récemment pour bâtir de nouvelles capacités d’hébergement à Marseille sans toutefois se concrétiser.

L’arrivée d’Interxion devrait confirmer le rôle de Marseille comme plaque tournante Sud de l’hébergement français. La seconde ville de France dispose d’une excellente desserte par de multiples opérateurs télécoms, d’un réseau de fibre moderne et d’une assise économique susceptible de fournir des clients pour les offres d’Interxion. L’émergence de nouvelles technologies de réplication longue distance et la montée en puissance des besoins en cloud pourraient aussi permettre à Interxion d’accueillir les serveurs de secours de certains de ses clients parisiens. Enfin, le datacenter MRS1 devrait être une infrastructure de choix pour les sociétés désireuses de servir le continent africain. Pour mémoire le NetCenter sert aujourd’hui de nœud d’interconnexion pour près de 60 opérateurs internationaux.

« L’investissement d’Interxion dans MRS 1 le positionne au carrefour de la connectivité entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient. L’important hub réseaux, issu de l’agrégation de points d’atterrissage de multiples câbles sous-marins qui se connectent aux câbles terrestres, fait de Marseille une porte d’accès télécom très attractive. Nos clients connectivité, CDN, médias sociaux et cloud, cherchant à servir les marchés émergents qui deviennent accessibles par ces câbles, ont exprimé un fort intérêt. Nous souhaitons étendre le hub de connectivité existant au sein de MRS 1 et développer des hubs cloud et de contenu stratégiques et prospères », a expliqué David Ruberg, le président directeur général d’Interxion.

L’acquisition et la rénovation de MRS1 (qui en avait bien besoin) devraient coûter 45 M€ à Interxion, dont 20M€ pour l’acquisition des terrains, des bâtiments existants et la construction des deux premières phases d’extension).
Pour mémoire, Interxion opère un total de 37 datacenters dans 11 pays d’Europe (dont l’Allemagne, l’Espagne, la France,  l’Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse). À la fin du second trimestre 2014, Interxion disposait de 86000 m2 de surface d’hébergement (occupée à 75%). La firme a réalisé un bénéfice net de 8,3M€ sur un CA de 83,6M€ au cours du même second trimestre, des chiffres en hausses respectives de 26% et 9% sur un an.

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