BPM et algorithmes : Anaplan outille sa vision du planning connecté

Anaplan intègre des outils de création de workflow et de modélisation de planification complexe qui doivent traduire la volonté de la société de se placer comme un hub informationnel facilitant la prise de décision. Un positionnement de planning connecté avec lequel Anaplan prépare son IPO.

Casser les silos des départements d’une entreprise pour accélérer les prises de décision. C’est avec ce discours qu’Anaplan, éditeur Saas spécialisé dans la planification opérationnelle, entend désormais se présenter sur le marché. La société, qui existait à travers la modélisation et la planification budgétaire pour le département finance, a souhaité pousser sa plateforme SaaS sur les terres des autres départements d’une entreprise, comme le marketing et les ventes. Son idée est de  pouvoir exploiter les données opérationnelles utiles à l’entreprise. Une « seule version de la vérité », en somme, pour reprendre l’adage historique des entrepôts de données, mais à la sauce Anaplan qui entend davantage croisée les données pour en extraire des informations liées à la planification.

Un visage remodelé pré-IPO

Et Anaplan a même conceptualisé cela dans ce qu’il baptise le planning connecté (Connected Planning), un concept maison qui consiste à positionner la technologie de la société comme un hub centralisé où se croisent toutes les données de l’entreprise (celles des CRM, ERP et autres applications métiers). Il s’agit là de « connecter les gens dans l’entreprise avec des données et accélérer les activités en temps réel », explique Jason Ambrose, vice-président Strategic Business Transformation chez Anaplan,  qui évoque un « zéro latence dans la prise de décision ».

Avec ce concept, dévoilé il y a un an lors de l’édition 2017 de Hub, Anaplan compte pouvoir se distinguer et, surtout affirmer son positionnement. Car si l’on en croit la société, son positionnement irait justement piocher dans plusieurs segments qui, une fois conjugués, totaliseraient un marché de 15,3 milliards de dollars en 2017, avec une projection de 21,2 milliards de dollars en 2021. Ces segments sont pêle-mêle la gestion des performances commerciales et marketing, celle des finances, l’analyse de la supply chain et de l’opérationnel, la planification de la production et celle des RH. Autant donc clarifier son positionnement en créant un nouveau segment qu’il faudra désormais faire admettre à des organismes comme Gartner.

Pour Anaplan, cela est également clé alors que la société prépare son entrée en bourse. Si elle compte surfer sur son approche Saas de la planification aux côtés des Salesforce, Workday ou encore ServiceNow (des pépites du genre), Anaplan s’est également doté de compétences aguerries à l’IPO, en recrutant récemment un CFO, Anup Singh. Celui-ci a par exemple contribué à l’entrée en bourse de Nimble et à son rachat par HPE. En 2017, la valorisation d’Anaplan était évaluée à 1,4 milliard de dollars.

BPM et algorithmes

Pour soutenir cette approche de hub multi-départements, Anaplan a profité de sa conférence Hub18 qui se tient actuellement aux Etats-Unis pour officialiser plusieurs ajouts fonctionnels à sa plateforme. Si la société présente une nouvelle interface utilisateur (mise en place prévue mi-2018) qui entend logiquement faciliter son appropriation avec différents métiers d’une entreprise, on remarquera surtout deux nouveaux outils.

Le premier, nommé Workflow, repose en fait sur un moteur de BPM qu’Anaplan a intégré à sa plateforme pour permettre de modéliser des workflows à la main (via un designer) et d’y attacher des tâches précises, par rôle. A travers ces processus, Anaplan veut bien faciliter les échanges et les connexions entre intervenants d’une même entreprise, et accélérer les résolutions de tâches. Selon Sampath Gomathan, vice-président Products chez Anaplan, Workflow vise à créer « une couche d’abstraction entre les différents modèles de données pour établir des connexions. Si, certes, ces connections existent déjà, il s’agit de les rendre plus efficaces en créant un liant entre les données et les participants. »

Le second porte quant à lui davantage sur l’accompagnement des business planners dans la modélisation de planifications complexes. Baptisé Optimizer, cet outil s’appuie sur des algorithmes mathématiques d’analyse prédictive Gurobi pour identifier « les meilleures réponses » à des questions complexes (où les variables sont particulièrement nombreuses), tant en matière de pricing, RH ou encore d’utilisation des ressources. Optimizer permet de prendre en compte des problèmes bien plus complexes et de les passer à l’échelle, commente encore Sampath Gomathan. Et ce, sans une ligne de code promet encore Anaplan, pour  « éviter que les utilisateurs métiers sollicitent l’IT ».

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