Windows as a service : Microsoft cherche encore ses marques

Microsoft continue de lutter contre les bugs dans Windows 10. Certains analystes et développeurs blâment son processus de contrôle qualité et le manque de services… dans Windows en mode service.

Malgré un déploiement mesuré de versions bêta et un processus de contrôle qualité renforcé, Microsoft ne parvient toujours pas à éliminer les bugs de Windows 10.

La difficulté tient en partie à sa décision de s’appuyer davantage sur les bêta-testeurs pour ce contrôle qualité. Certains d'entre eux négligent de signaler les failles qu'ils découvrent, et il n'y a pas de centralisation du stockage des rapports de bugs et de suivi de leur traitement.

Selon certains analystes, une approche plus ordonnée pour signaler et corriger les failles aurait pu empêcher le retrait de la mise à jour de Windows 10 du mois d’octobre dernier et de Windows Server 2019. Pour le premier, Microsoft a procédé au retrait de la mise à jour après que certains utilisateurs ont signalé des pertes de données. Puis il a retiré Windows Server 2019 de peur que la faille en question ne puisse également affecter son système d'exploitation serveur. Microsoft a relancé la distribution des deux au début du mois de novembre.

L'aspect le plus troublant de la dernière faille est qu'elle a été signalée à Microsoft plus d'une fois et que l'entreprise n'a apparemment pris aucune mesure - ou du moins pas assez rapidement.

La faille « a été soit signalée et ignorée, soit signalée et [Microsoft] a pensé qu'elle n'affecterait qu'un petit nombre de personnes et qu'elle pourrait être corrigée avant qu'elle ne se répande », estime Michael Cherry, analyste principal chez Directions on Microsoft.

Dans un billet de blog, Microsoft a défendu et détaillé ses efforts de contrôle qualité et assuré avoir réorganisé ses processus pour développer, livrer et mettre à jour ses systèmes d'exploitation pour transférer la responsabilité des tests fonctionnels de base à ses équipes de développement afin de fournir un code de meilleure qualité. Mais l’éditeur dépend maintenant davantage des données et des retours d'information pour mieux comprendre l'expérience des utilisateurs.

Microsoft a pris le virage de Windows en mode service il y a plus de trois ans, y voyant une approche plus rapide et plus efficace que l'ancien modèle des services packs, avec leurs évolutions fonctionnelles tous les deux ou trois ans.

« L’objectif de [Windows as a service] était de réduire le nombre de versions de Windows prises en charge », relève Michael Cherry. « Mais qu'avons-nous maintenant ? Nous avons plus de versions de Windows prises en charge qu'à tout autre moment de l'histoire de Windows ».

Windows en mode service répondait également au désir de Microsoft de disposer d'un flux de revenus réguliers. Mais le respect d'un calendrier de sortie de produit augmente la pression pour que les produits sortent, qu’ils soient prêts ou non.

« On parle ici du système d'exploitation, les exigences qualité sont donc plus élevées », souligne un développeur Windows basé à Boston, qui a demandé l'anonymat.

Pour d'autres analystes, l’approche service de Windows ne répond tout simplement pas correctement aux besoins de ses utilisateurs. En fait, Windows as a service ne fonctionne pas vraiment comme un service, estime Michael Cherry. Il n’est pas assorti d’un espace public et central permettant aux utilisateurs et aux développeurs de suivre avec précision les corrections de bogues, ni du moindre engagement de niveau de service.

« Office 365 est un vrai service, parce qu'il a ces éléments », estime Michael Cherry. Mais pour lui, « avec Windows, nous n'avons aucun moyen d'obtenir des informations » comparables.

En réponse aux dernières failles de Windows 10, Microsoft a déclaré qu'elle ajouterait un tableau de bord d'état des mises à jour de Windows dans un délai d'un an pour offrir plus d'informations sur tout problème technique susceptible de retarder une mise à jour Windows.

Mais tout le monde n'accepte pas l'argument selon lequel l’origine du problème tient à la taille de la base installée de Windows, ou dans l’éventail de combinaisons de matériels et de logiciels déployés. Il faut actuellement compter avec 700 millions d’appareils Windows 10 actifs par mois, 35 millions d'applications différentes et 16 millions de combinaisons uniques de matériel et de pilotes, selon Microsoft.

« Si vous voulez vous gratifier de ça, vous avez aussi la responsabilité de vous assurer que tout fonctionne sur tous ces appareils », estime un architecte solutions d’un important fournisseur de services techniques, qui a demandé l'anonymat.

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