In-Memory : Gridgain se prépare pour le marché français

La société affûte sa stratégie de conquête commerciale pour séduire les entreprises françaises, déçues par les data lakes. Objectif : agiter l’argument des performances du In-Memory.

En 2019, Gridgain entend bien capter l’oreille attentive des DSI français, très sensible à la gestion des données. Mais si la gouvernance constitue le cheval de bataille d’éditeurs, comme par exemple Saagie,  Gridgain compte mettre en avant la vélocité du In-Memory et son modèle open source pour accélérer le traitement et l’exploitation de ces données jusqu’alors dans le noir, résume en substance Timothy Carley, en charge des activités EMEA de l’éditeur. Un data hub, certes, mais un data hub en mémoire.

Gridgain a certes posé ses activités en Europe à Londres, il y a plus de deux ans, mais le bureau français est en place, lui, depuis le second trimestre 2018. L’éditeur de cette base de données In-Memory compte bien voir les premiers fruits de son travail courant 2019. Année qui révèlera la stratégie entreprise par l’éditeur sur le sol français.

Stratégie justement : pour le responsable, il s’agit avant tout de cibler les entreprises qui ont connu « les désillusions des data lakes ». Des entreprises qui ont démarré avec le transactionnel, puis migré vers du NoSQL (MongoDB par exemple) et voient dans la technologie du In-Memory un turbo pour exploiter leurs données.

 « En France, par exemple, certaines entreprises du secteur bancaire souhaitent par exemple installer une couche In-Memory afin d’exploiter une partie de leurs données plus rapidement », illustre-t-il. « On voit beaucoup de projets en France, Italie, Espagne. On commence à voir l’Allemagne », ajoute encore le responsable.

Si tous les grands comptes, ceux qui ont des projets Big Data – et disposent d’un volume de données qui le permet – sont des cibles potentielles pour Gridgain en France, l’éditeur entend toutefois prioriser sa cible. En 2019, l’éditeur prévoit donc de se placer sur les marchés financiers, les banques d’investissement et de détails, les telcos (pour exploiter les données de leurs clients en temps réel, NDLR) », mais également les secteurs du voyage et réservation en ligne, la logistique, la grande distribution et le e-commerce.

Il faut dire que Gridgain connait bien le secteur bancaire. La banque russe Sberbank fait partie des actionnaires de la société et des grands utilisateurs de la technologie de Gridgain. La banque est aussi à l’origine des fonctions de stockage persistant des données, ajoutées à la solution en 2017 – cela est au cœur de la version Ultimate de Gridgain.  Selon lui, la banque russe migrerait progressivement ses données hors d’Oracle vers 2 000 serveurs Gridgain (50 000 nœuds).  A terme ce seront plus de deux pétaoctets de données qui seront placés en mémoire, assure encore Timothy Carley.

Le caching, comme porte d’entrée

Pourtant, si avec ce stockage persistant, Gridgain s’est bien transformé en une base hybride autonome et en mémoire à part entière, le caching reste encore le cas d’usage n°1 de la technologie, confirme le responsable. Cela place donc Gridgain en face d’éditeurs comme Redis, qui lui aussi a posé ses valises dans l’Hexagone. « Il existe des overlaps avec certains acteurs comme Redis ou MongoDB. Mais Gridgain se positionne sur le terrain plus large de l’In-Memory Computing, dont le cache ne constitue qu’un composant, répond le responsable. 

« Si l’entreprise dispose d’une base de données dont les requêtes sont effectuées peu fréquemment, ce n’est pas un marché pour nous. D’autres le font mieux que nous. Mais si elle souhaite effectuer un très grand nombre de requêtes (GridGain peut gérer jusqu’à 1 milliard de requêtes par seconde, selon lui, NDLR), cela convient. L’In-Memory devient intéressant quand la donnée doit être traitée immédiatement et rapidement », convient-il.

Reste donc  à faire passer le message au marché : celui que le In-Memory n’est pas que du caching. Et sur ce point, la tâche est encore ardue, admet Timothy Carley. « Les entreprises ne sont  pas encore complétement prêtes à mettre en place la partie portant sur le stockage persistant. Certains clients l’ont fait, comme ING. » Mais le In-Memory ne se présente pas encore systématiquement comme une solution lorsqu’il s’agit de sélectionner des technologies. « La vague est en train de monter. Nous avons encore beaucoup d’évangélisation à effectuer. »

 La stratégie de conquête commerciale en 2019 s’accompagnera d’ailleurs d’une campagne marketing et de communication afin de gagner en visibilité sur le marché français. L’autre phase portera sur la création d’un écosystème de partenaires, qui mailleront méthodiquement le territoire, verticaux par verticaux.

Cette stratégie au niveau local suivra celle mise en place par la société au niveau mondial. Car si jusqu’alors Gridgain misait sur son ADN open source et sur la communauté pour détecter des prospects, 2019 marquera le début d’une stratégie de conquête commerciale plus agressive, au-delà de ce simple processus de détection « naturelle ». Gridgain estime à 5 000 le nombre de gros clients utilisateurs du socle open source de Gridgain, à savoir Ignite – des clients non payants.

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